Audience express ce vendredi 16 octobre 2026 à Conakry. Au lendemain de l’annonce par les neuf avocats de la défense de la suspension de leur participation, les chambres réunies de la Cour suprême ont prononcé le renvoi sine die du procès d’Algassimou Diallo. Entre le refus de l’ancien magistrat de se défendre seul en matière criminelle et le soutien du parquet général au respect des droits de la défense, retour sur les raisons d’un blocage procédural majeur.
L’audience n’aura duré que quelques minutes ce vendredi 16 octobre 2026 devant les chambres réunies de la Cour suprême. Au lendemain du coup de théâtre provoqué par le retrait fracassant des avocats de la défense — venus dénoncer l’absence d’un « procès équitable » après le rejet successif de leurs requêtes en récusation de trois juges et en annulation de la procédure —, le procès d’Algassimou Diallo a tourné au court-circuit procédural.

Interrogé dès l’ouverture des débats aux environs de 10h30 par le président de la Cour, Ibrahima Sory 1 Tounkara, sur sa capacité à s’expliquer seul à la barre, l’ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn et figure clé du procès historique des événements du 28 septembre 2009 s’est fermement opposé à toute comparution sans assistance juridique.
Invoquant la rigueur du Code de procédure pénale, l’ex-avocat général a rappelé que la loi rend obligatoire la présence d’un conseil en matière criminelle, réclamant un délai pour se concerter avec ses avocats et tenter de les convaincre de lever leur mot d’ordre de suspension. Une argumentation soutenue sur le banc de l’accusation par le procureur général Sidy Souleymane N’Diaye, qui a reconnu l’exigence légale des droits de la défense et s’est engagé à faciliter l’accès des conseils à la maison d’arrêt afin de rétablir le dialogue.
Prenant acte de ce blocage majeur dans cette affaire marquée par des rebondissements successifs — de la suspension du magistrat le 18 août 2026 à sa révocation, puis son incarcération le 27 août pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, discrimination et association de malfaiteurs », suivie d’un transfèrement nocturne controversé vers la prison de Macenta et d’un premier renvoi d’audience le 8 septembre —, le président Ibrahima Sory 1 Tounkara a ordonné le renvoi de l’affaire sine die, suspendant ainsi le procès pour une durée indéterminée en attendant que l’accusé puisse reconstituer sa défense.
Par I.Sylla

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