Sidya Touré, ancien Premier ministre guinéen et président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), est décédé à Paris le vendredi 25 septembre 2026 à l’âge de 81 ans, selon une annonce publiée tard dans la soirée par sa famille politique.
La mort de cette figure majeure de la politique guinéenne intervient alors qu’il vivait en exil en Côte d’Ivoire depuis 2022, à la suite d’une dégradation de ses relations avec les autorités militaires ayant pris le pouvoir en septembre 2021.
Contraint de quitter sa résidence de La Minière à Conakry le 28 février 2022 dans le cadre d’une opération de récupération par le Patrimoine bâti de l’État, l’ancien député avait vu son parti, l’UFR, officiellement dissous le 6 mars 2026 aux côtés de 39 autres formations politiques, et ce malgré sa réélection à la tête du mouvement en mai 2025 pour un mandat de cinq ans.
Avant son exil et ses années d’opposition, l’économiste né en 1945 avait durablement marqué la gouvernance publique du pays.
Rentré en Guinée dans les années 1990 après une carrière de haut fonctionnaire en Côte d’Ivoire, il avait été nommé chef du gouvernement par le président Lansana Conté le 9 juillet 1996, dans un contexte de graves difficultés socio-économiques. Jusqu’en mars 1999, son action à la Primature s’était concentrée sur le redressement des finances publiques, la restructuration de l’administration et l’amélioration de la fourniture en eau et en électricité à Conakry.
Dès mai 2000, il s’était imposé comme l’un des principaux visages de l’opposition en prenant la présidence de l’UFR, sous la bannière de laquelle il a concouru aux élections présidentielles de 2010 et de 2015.
Plus tard, sous la présidence d’Alpha Condé, Sidya Touré avait effectué un retour institutionnel en exerçant les fonctions de Haut représentant du chef de l’État de janvier 2016 à décembre 2018.
Par Mariam Bâ


