Plus de 62 % des enseignants de l’école primaire en Guinée ne possèdent pas le niveau du baccalauréat, une situation critique qui compromet l’ensemble du système éducatif national, a révélé l’ancien ministre de l’Éducation nationale, le Professeur Alpha Amadou Bano Barry, lors d’un récent entretien accordé au journal Le Lynx.
Cette carence à la base explique les dysfonctionnements profonds de l’école guinéenne, car le niveau de performance de l’enseignant détermine directement celui de l’élève. Selon l’universitaire, le cycle primaire est censé transmettre des compétences fondamentales indispensables.
Sans ces acquis initiaux, les élèves se retrouvent incapables d’assimiler les connaissances théoriques dispensées par la suite au collège et au lycée. Pour illustrer la gravité de ce déficit de qualification, l’ancien ministre rapporte le cas d’un enseignant guinéen qui, peinant à formuler une réclamation salariale en français, a dû recourir à sa langue nationale pour parvenir à se faire comprendre de sa hiérarchie.
Face à ce constat, le Pr Bano Barry remet en question la stratégie globale de l’État guinéen qui s’obstine à réformer l’enseignement supérieur tout en maintenant le cycle secondaire dans un statu quo quasi total depuis 1984, exception faite de la période d’Aïcha Bah.
Il souligne que les multiples réformes universitaires, à l’image de l’ancien concours d’entrée instauré pour filtrer des bacheliers au niveau jugé insuffisant puis supprimé pour des raisons financières, resteront vaines tant que le système n’aura pas été corrigé et réformé à la racine, dès l’école primaire.
Par I.Sylla


