Une discussion politique à bord d’un taxi clandestin finit devant la justice. Le procès de Seydouba Soumah, poursuivi pour « tentative de troubles à l’ordre public », s’est ouvert ce mercredi 9 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum, avant d’être renvoyé au 16 septembre pour les réquisitions et les plaidoiries, selon Mediaguinee qui a suivi l’audience.
Les faits remontent au 1er septembre 2026, vers 20 heures, dans des conditions singulières. Seydouba Soumah voyageait à bord d’une Mazda bleue faisant office de taxi à destination de Lansanayah Barrage pour se rendre chez sa fiancée, sans savoir qu’un gendarme en civil, nommé Mohamed, se trouvait parmi les passagers. Prenant part à une conversation engagée par le chauffeur sur l’actualité politique et des rumeurs de tensions à venir, le prévenu a attiré l’attention de l’agent. Ce dernier a immédiatement alerté par message le commandant de la gendarmerie locale. Pour piéger le véhicule et donner le temps aux forces de l’ordre d’intervenir, le gendarme a remis 20 000 GNF au chauffeur sous prétexte de payer sa course. Dès l’arrivée des agents sur place, le chauffeur s’est enfui au volant du véhicule, laissant Seydouba Soumah être le seul interpellé.
L’accusation s’appuie sur le témoignage du gendarme, qui affirme que le prévenu aurait soutenu les propos du chauffeur sur de futurs affrontements en déclarant vouloir mettre sa mère à l’abri en Côte d’Ivoire et en ajoutant que « tant qu’il n’y aura pas de guerre dans ce pays, ça ne marchera pas ».
D’après le média, le prévenu rejette catégoriquement cette version. Il explique s’être seulement mêlé à la discussion en évoquant les appels du Premier ministre à « serrer les ceintures » et avoir indiqué qu’il cherchait de l’argent pour acheter des sacs de riz pour sa mère. Devant le tribunal, après la déposition de l’agent, l’accusé s’est contenté de déclarer qu’il ne savait pas que la situation prendrait une telle tournure, sollicitant le pardon des juges.
Considérant l’affaire comme « sensible et complexe », le ministère public a demandé le placement sous mandat d’arrêt et l’ouverture d’une information judiciaire pour identifier le chauffeur en fuite à l’aide des caméras de surveillance de la capitale, afin d’interroger la source militaire dont ce dernier se réclamait. Le tribunal n’a pas accédé à la requête du parquet concernant l’information judiciaire et a maintenu le dossier à son rôle pour une reprise des débats le 16 septembre prochain.
Par I.Sylla


