Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, a interdit toute activité syndicale au sein de l’institution et infligé une mise à pied de deux mois aux 12 membres du bureau syndical.
Cette offensive administrative s’appuie sur une décision du tribunal du travail qui a ordonné, le 1er septembre 2026, la suspension provisoire de la délégation syndicale de la banque centrale. Dans une circulaire signée le même jour, le gouverneur met formellement en garde l’ensemble du personnel, avertissant que « tout contrevenant à cette décision sera exposé à la rigueur de la loi ». En parallèle, le dirigeant de la BCRG a pris une mesure de mise à pied de deux mois visant l’ensemble des 12 membres du bureau, une sanction appliquée « sans motif », a confié ce mercredi 2 septembre 2026 une source proche de la structure bancaire.
Cette sévérité s’inscrit dans un bras de fer ouvert depuis plusieurs jours entre Karamo Kaba et le syndicat autour de l’octroi de la prime scolaire destinée à soutenir la scolarisation des enfants des employés. Les tensions avaient déjà franchi un palier sur le terrain judiciaire le 27 août dernier, lorsque trois responsables syndicaux ont été jugés puis relaxés par le tribunal de première instance de Kaloum pour des faits d’« outrage à agent, violences et voies de fait » qui les opposaient au garde du corps du gouverneur.
Face à la paralysie de leur représentation et aux sanctions individuelles, les centrales syndicales organisent la riposte. Selon une source proche du dossier, une réunion d’urgence réunissant plusieurs organisations, dont l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), est convoquée ce mercredi au siège de la Fédération syndicale des banques, assurances et microfinances de Guinée (FESABAG) afin d’analyser la situation et de définir la suite à donner à ce bras de fer.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


