Le chantier de reconstruction complète du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Ignace Deen s’exécutera sur un délai strict de quatre ans, avec un démarrage des travaux espéré d’ici la fin de l’année. Cette information a été dévoilée par la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, lors d’une conférence de presse. Afin de matérialiser la volonté présidentielle de doter la Guinée d’un établissement de référence aux standards internationaux, le gouvernement a opté pour la démolition et la refonte totale de cet hôpital vieux de 120 ans, plutôt que pour une simple rénovation. Le futur complexe alliera une architecture moderne préservant l’histoire des lieux à des équipements de dernière génération. Il intégrera également de nouvelles spécialités, notamment la création d’un centre d’oncologie pour combler les lacunes actuelles du système de santé guinéen, indique la ministre.
Pour respecter ce délai d’exécution de quatre ans et accélérer le début des travaux, les autorités ont d’ores et déjà entamé le démantèlement des locaux et la délocalisation des activités.
L’intégralité du Camp Camayenne, incluant son hôpital militaire, a été réquisitionnée pour abriter temporairement l’ensemble des services d’Ignace Deen. Selon les précisions de la ministre Khaïté Sall, les infrastructures militaires existantes (blocs opératoires, laboratoires, imagerie) garantissent la continuité immédiate des urgences et des services critiques. Des travaux d’adaptation sont en cours avec l’objectif de rendre le site de Camayenne totalement opérationnel d’ici un mois maximum.
Le ministère de la Santé a par ailleurs réalisé un inventaire pour redéployer le matériel médical en bon état, recycler les équipements vétustes selon les normes environnementales, et s’engage à combler les besoins supplémentaires si nécessaire.
En parallèle de cette logistique dont le coût global n’est pas encore définitivement chiffré, le gouvernement a mis en place un dispositif strict pour les malades. Les 84 patients qui séjournaient à Ignace Deen ont été transférés vers l’Hôpital national Donka et l’hôpital de l’amitié Sino-Guinéenne.
La ministre de la Santé a formellement assuré que l’État guinéen prend intégralement en charge les frais médicaux de ces patients jusqu’à leur sortie, évitant ainsi toute répercussion financière sur les familles lors de cette période de transition.
Par I.Sylla


