Au lendemain de son élévation au grade de général de brigade survenue début août, l’officier Bienvenu Lamah a été nommé, ce dimanche 16 août 2026, au poste d’inspecteur technique de la Gendarmerie nationale par le président Mamadi Doumbouya. Cette nouvelle fonction confirme le maintien du haut gradé au sein de l’appareil de commandement, malgré la vive contestation formulée par les parties civiles dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009.
Cet acte exécutif, lu sur les ondes de la télévision nationale, intervient au terme d’une séquence institutionnelle et judiciaire particulièrement resserrée. Acquitté le 27 juillet 2026 par le Tribunal criminel de Dixinn, le colonel Bienvenu Lamah avait été promu quelques jours plus tard au grade de général de brigade par décret présidentiel. Moins de trois semaines après sa relaxe en première instance, il se voit désormais confier l’inspection technique de l’institution militaire.
Cette double décision exécutive fait réagir les collectifs de victimes et les organisations de défense des droits humains. Dans un communiqué conjoint diffusé le 13 août 2026, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH) et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) ont exprimé leur indignation face à ces mesures d’avancement, soulignant que les parties civiles ont interjeté appel du jugement d’acquittement.
Lors des débats devant la juridiction criminelle, l’officier était poursuivi pour des faits qualifiés de complicité de meurtres, viols, séquestrations, coups et blessures volontaires et entrave aux mesures d’assistance. Le ministère public avait soutenu sa responsabilité en tant que responsable du Centre de formation militaire de Kaléyah à l’époque des faits, requérant dix ans de réclusion criminelle et la requalification des charges en crimes contre l’humanité. Pour sa part, Bienvenu Lamah a toujours clamé son innocence durant son jugement.
Alors qu’un nouveau procès doit théoriquement se tenir devant la Cour d’appel suite au recours des parties civiles, les autorités judiciaires n’ont apporté aucune précision quant au calendrier de la procédure judiciaire à venir.
Par Guinee28


