Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu son jugement dans l’affaire de fraude présumée au concours de recrutement des auditeurs de justice : Sékou Keïta, conseiller et porte-parole du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a été reconnu coupable de « complicité de tentative de fraude » et condamné à un an de prison ferme ainsi qu’à deux millions de francs guinéens d’amende. Sa coprévenue, la candidate Maciré Camara, a été retenue coupable de « tentative de fraude à un examen » et écope d’une interdiction de se présenter au concours des auditeurs de justice pour une durée de cinq ans. La défense a immédiatement contesté ce verdict et promis d’interjeter appel.
Outre la peine d’emprisonnement et la sanction financière infligées au porte-parole du ministère, le tribunal a ordonné la restitution de son téléphone portable, un iPhone 17 Pro qui avait été placé sous scellé durant la procédure. Initialement poursuivis pour « fraude à l’examen », les deux prévenus répondaient devant le tribunal de chefs révisés de « fraude à l’examen et complicité », des accusations dont ils se sont déclarés totalement innocents.
Ce verdict intervient au lendemain de la clôture des débats et des plaidoiries, à l’issue de laquelle les deux accusés avaient été réintégrés à la Maison centrale de Conakry. Lors de ses réquisitions, le ministère public avait requis une peine de deux ans de prison ferme et deux millions de francs guinéens d’amende contre chacun des prévenus. Le procureur avait affirmé que Sékou Keïta avait fourni les « moyens de l’infraction » en apportant un sujet traité sous couvert d’une bouteille d’eau, soutenant qu’il devait être « extirpé des rangs du département ».
Face aux requisitions du parquet, la défense avait plaidé la relaxe pure et simple pour délit non constitué. Fustigeant le manque d’investigations complémentaires, le conseil des prévenus avait interrogé la démarche de l’accusation en demandant si le ministère public n’avait pas pour seule ambition de « condamner des innocents ». Désormais déboutée en première instance, la défense entend porter l’affaire devant la cour d’appel.
Par Mariam Bâ


