Le colonel Bienvenu Lamah a été élevé au grade de général de brigade ce lundi 3 août, selon un décret lu à la télévision nationale, un peu plus d’une semaine après son acquittement total dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009.
Cette réintégration au sommet de la hiérarchie militaire guinéenne fait suite à la décision rendue le lundi 27 juillet 2026 par le tribunal criminel de Dixinn, siégeant en audience délocalisée à la Cour d’appel de Conakry, qui a innocenté l’ancien commandant de la gendarmerie régionale de Conakry de toutes les charges pesant contre lui.
Lors de la lecture du verdict, le juge a officiellement déclaré l’accusé « non coupable des crimes contre l’humanité et de la responsabilité du commandement du supérieur hiérarchique », ordonnant de fait sa relaxe et sa remise en liberté immédiate.
La juridiction a ainsi mis fin aux poursuites pour complicité d’abus d’autorité, meurtre, assassinat, viol, torture, vol à main armée, enlèvement et séquestration, des accusations pour lesquelles l’officier comparaissait depuis l’ouverture des débats le 18 décembre 2025.
Le tribunal a également constaté que la demande de requalification présentée par le ministère public et les parties civiles était devenue sans objet.
Initialement mis en cause dans cette procédure par le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, le désormais général Lamah a constamment clamé son innocence tout au long des audiences.
Ce verdict constitue un désaveu direct pour le ministère public, qui avait soutenu l’implication de l’accusé jusqu’au bout, allant jusqu’à requérir une peine de dix ans de réclusion criminelle ferme assortie d’une période de sûreté de cinq ans.
Sur le plan de l’action civile, si le tribunal a déclaré recevables les constitutions de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), il les a finalement déboutées de leurs prétentions.
Les avocats des parties civiles réclamaient des réparations financières s’élevant à un milliard de francs guinéens pour les cas de pillages, et jusqu’à deux milliards pour les victimes de viols. Les parties insatisfaites par cette décision disposent d’un délai légal de quinze jours à compter du prononcé du jugement pour interjeter appel.
Par I.Sylla


