Le Tribunal de première instance de Dixinn a condamné ce vendredi 31 juillet 2026 Haby Diallo à cinq ans de prison ferme pour l’enlèvement d’un nouveau-né perpétré en octobre 2025 au Centre médical communal (CMC) de Ratoma. Selon le verdict rendu par le tribunal, la principale accusée a été reconnue coupable d’enlèvement, ainsi que de faux et usage de faux en écriture publique.
Dans la même décision judiciaire, les coaccusées Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura ont été reconnues coupables de faux et usage de faux et condamnées à un an d’emprisonnement assorti d’une amende de deux millions de francs guinéens chacune, tandis que la sage-femme Fatoumata Condé, poursuivie pour complicité, a été relaxée, le tribunal estimant que les preuves manquaient pour établir sa responsabilité pénale.
Sur le plan civil, selon les termes de la sentence, le tribunal a condamné solidairement Haby Diallo, Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura à verser 100 millions de francs guinéens de dommages et intérêts à Makalé Soumah, la mère biologique du nourrisson.
La juridiction a par ailleurs ordonné l’annulation et la radiation des faux actes de naissance établis début octobre 2025 au nom de Boh Hassan Kaba, enjoignant aux administrations concernées de se substituer à la décision judiciaire pour permettre à la mère biologique de régulariser la situation de son enfant.
Ce verdict vient clore un procès ouvert le 2 juillet dernier autour d’un drame qui avait bouleversé l’opinion publique. En octobre 2025, Haby Diallo s’était introduite dans la maternité du CMC de Ratoma et, se faisant passer pour un agent de santé, avait profité de la vulnérabilité de Makalé Soumah, affaiblie par une césarienne, pour s’emparer de son bébé avant de fuir.
Lors de sa comparution à la barre, l’accusée principale, en détention préventive depuis le 22 octobre 2025, a reconnu les faits et présenté ses excuses à la famille de la victime.
Elle a expliqué avoir agi par désespoir pour sauver son mariage. « rejetée par son père pour cette union et ayant subi trois fausses couches », elle a déclaré avoir voulu faire taire sa belle-famille qui la qualifiait de femme stérile.
Pour consolider son mensonge, elle s’était appuyée sur les deux infirmières condamnées, qui ont admis à l’audience avoir établi des documents médicaux de complaisance, bien que la sœur de l’accusée, Djénabou Diallo, ait affirmé ignorer l’origine frauduleuse de l’enfant.
Par Mariam Bâ


