Le Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco a condamné, ce lundi 20 juillet, Abou Diawara à huit mois d’emprisonnement ferme et au paiement des frais de procédure pour le vol d’une paire de chaussures commis dans une mosquée à Conakry. Reconnue coupable de vol par la juridiction à l’issue de son procès, la personne poursuivie avait été surprise en plein acte dans un lieu de culte avant d’être traduite devant la justice.
Selon nos confrères de Guinee360 qui ont assisté à l’audience, les faits se sont déroulés pendant un temps de prière collective au sein de l’édifice religieux. S’immergeant parmi les fidèles, le prévenu s’est précipité, alors que la prière touchait à sa fin, pour dérober une paire de chaussures neuves déposées à l’entrée principale de la mosquée. Présent sur les lieux au moment des faits, le représentant du ministère public a directement aperçu la scène avant d’ordonner l’interpellation immédiate de l’individu sur place.
À la barre du tribunal, Abou Diawara a reconnu les faits reprochés sans toutefois accepter d’expliquer les détails du déroulement de son vol. Face à ce silence du prévenu sur son mode opératoire, le ministère public a rappelé que ces agissements sont prévus et punis par le Code pénal guinéen.
Insistant sur les circonstances et le lieu de l’infraction, le procureur de la République a souligné que la valeur financière du bien, évaluée entre 50 000 et 60 000 francs guinéens, demeurait secondaire au regard de l’audace de l’acte : « Il ne faut pas seulement voir la valeur des chaussures. Elles valent peut-être 50 000 ou 60 000 francs guinéens.
Ce qu’il faut retenir, c’est l’audace de ce prévenu, qui est allé commettre son acte jusque dans une mosquée, la maison de Dieu », a-t-il déclaré. Selon le parquet, la récurrence de ces soustractions dans cette mosquée impose une grande fermeté : « Certains diront qu’il n’a volé qu’une paire de chaussures. Mais celui qui vole aujourd’hui une simple paire de chaussures pourra demain commettre des faits beaucoup plus graves. Ne regardez donc pas seulement l’objet volé, mais aussi les circonstances et le lieu où l’infraction a été commise. »
Écartant toute circonstance atténuante, le représentant du ministère public a ajouté : « Il ne souffre d’aucun handicap. Il est jeune, il voit, il entend et est en pleine possession de ses moyens. Rien ne justifie qu’il vive du vol. » Pour ces motifs, le parquet avait requis cinq ans de prison ferme et une amende de deux millions de francs guinéens.
Après délibération, le tribunal a déclaré Abou Diawara coupable de vol et l’a condamné à huit mois de prison ferme, mettant l’ensemble des frais de procédure à sa charge.
Par Mariam Bâ


