Le Sénégal prend les rênes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) grâce à une double nomination stratégique actée ce dimanche 19 juillet 2026, lors de la 69ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Lungi (Freetown), en Sierra Leone. Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a été désigné président en exercice de l’Autorité, tandis que son compatriote, le Général Birame Diop, ancien ministre de la Défense et ex-conseiller onusien, s’installera à la présidence de la Commission de la Cédéao à compter du 1er septembre 2026, à Abuja.
Ce changement de direction s’opère dans un contexte où l’organisation ouest-africaine doit impérativement resserrer son autorité face aux crises sécuritaires, à l’instabilité institutionnelle et aux mutations politiques liées aux pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Selon la présidence du Sénégal, ce nouveau mandat sera marqué par une volonté stricte de mutualiser les moyens et de contrôler les crises, Bassirou Diomaye Faye ayant exigé l’opérationnalisation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme, le renforcement de l’autonomie financière de la communauté et une meilleure protection des populations.
Le transfert de pouvoir a été formalisé par le président sierra-léonais, Julius Maada Bio: « Après avoir accompli mon mandat obligatoire d’un an en tant que président de l’Autorité de la Cédéao, je suis heureux de passer le flambeau à mon jeune frère, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye ».
Pour justifier et accompagner cette reprise en main, l’organisation table sur de nouveaux mécanismes de suivi et d’intégration à travers un « Pacte pour l’avenir », présenté lors de l’ouverture du sommet.
Le président sortant de la Commission, Omar Alieu Touray, a prévenu que l’institution cinquantenaire se trouve à « un tournant important » face à des défis « de plus en plus complexes et interdépendants » et des attentes populaires qui n’ont « jamais été aussi fortes ».
Ce pacte vise à imposer un contrôle accru sur les objectifs de la région d’ici 2030 et 2035, incluant l’exigence du rétablissement de l’ordre constitutionnel dans les États membres, la création d’un marché numérique unique et l’augmentation du commerce intra-régional à 40 %. Comme l’a souligné la Commission pour justifier cette nouvelle rigueur indispensable à l’Agenda 2063 de l’Union africaine : « Le succès de la Cédéao est indissociable du succès de l’Afrique ».
Par Guinee28


