La deuxième journée du baccalauréat unique session 2026 en Guinée, qui s’est déroulée ce mardi 30 juin, a été marquée par une intensification des sanctions pour fraude, notamment avec la saisie de 416 téléphones portables à travers le pays. Selon les données officielles du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, la région de la Haute Guinée a enregistré le plus grand nombre d’infractions avec 344 téléphones confisqués à Siguiri et 62 à Kankan, s’ajoutant aux saisies opérées à Conakry (8) et Kouroussa (2).
Douze autres téléphones cachés ont également été découverts par les autorités à Kérouané (7) et Mandiana (5). Cette deuxième journée s’est soldée par l’élimination de 12 candidats, dont 6 à Conakry, 2 à Kouroussa et un pour fraude à Kankan. Le personnel d’encadrement a aussi été directement sanctionné : 5 surveillants ont été éliminés à Conakry (dont une cheffe de centre), 7 ont été renvoyés (6 à Siguiri et 1 à Kankan) et 2 autres ont été remplacés à Kouroussa.
Cette rigueur dans les centres d’examen s’inscrit dans la continuité d’un premier jour déjà marqué par une vaste offensive contre la tricherie pour ce baccalauréat unique qui mobilise au total 94 392 candidats cette année.
Lors de la journée de lancement, le ministère avait déjà éliminé de nombreux candidats pour détention de téléphone portable, principalement à Kankan (17 cas), N’Zérékoré (8), Faranah (7), Kindia (6) et Boffa (2). Les sanctions administratives avaient alors frappé 39 surveillants (13 à Faranah, 12 à N’Zérékoré, 7 à Kindia, 5 à Kankan et 2 à Conakry) ainsi que 14 délégués et encadrants. Un important matériel technologique avait été confisqué, incluant 132 téléphones, 4 montres connectées et 2 dispositifs Bluetooth à Siguiri, et 13 téléphones à Faranah. Des interventions policières avaient également conduit à l’interpellation de candidats remis aux services de sécurité à Faranah (1), Macenta (2) et Maferinyah (5).
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle justifie la fermeté de ces sanctions par la volonté absolue de garantir la transparence, la crédibilité et l’intégrité de cet examen national. Face à la persistance des tentatives de tricherie, le département applique de manière stricte une politique de « tolérance zéro ».
Dans un précédent communiqué, les autorités éducatives avaient formellement averti que « tout candidat qui sera identifié, après enquête des services compétents, comme membre d’un groupe, canal ou plateforme numérique (WhatsApp, Telegram, Signal, Facebook etc.) créé ou utilisé pour obtenir ou diffuser frauduleusement les sujets du BAC : verra ses épreuves immédiatement annulées ».
Les textes encadrant l’examen ciblent également les encadrants, précisant que tout agent de l’État « coupable de fuite, de vente, de diffusion de sujets ou de complicité de fraude » sera « radié définitivement de l’effectif de la fonction publique et fera l’objet de poursuites judiciaires pour répondre de sa forfaiture devant les tribunaux ». Pour les personnels du secteur privé, le ministère prévient que « tout personnel associé qui serait impliqué dans ces pratiques : sera poursuivi pénalement et sanctionné conformément à la loi », s’exposant à des fermetures d’établissements ou à des retraits d’agrément.
Le ministre a conclu en affirmant que les individus appréhendés « seront présentés au public, dans le strict respect des droits de chacun, et répondront de leurs actes devant les juridictions compétentes ».
Par Mariam Bâ


