La chute s’accélère pour l’ancienne direction de l’Office guinéen de publicité (OGP). À peine quarante-huit heures après avoir été démis de ses fonctions pour inconduite, l’ancien directeur général adjoint, Jean Marie Soriba Coumbassa, dit « Jeannot », a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 30 juin 2026. Il passera sa première nuit à la Maison centrale de Conakry, une information confirmée par une « source proche du dossier ».
Cette incarcération fait suite à son inculpation par la chambre de l’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour des faits présumés de « détournement de deniers publics », « corruption d’agents publics », « enrichissement illicite », « blanchiment de capitaux » et « complicité ». Les investigations portent sur la gestion d’un montant versé par la société de téléphonie Areeba à l’institution. Alors que plusieurs cadres de l’OGP sont déjà en détention préventive dans ce dossier, l’ancien directeur général, Aladji Cellou Camara, est également attendu à la CRIEF dans les heures qui suivent.
Ce nouveau scandale vient réveiller les vieux démons de l’OGP. L’office est en effet sous les projecteurs de la justice depuis plusieurs années pour des malversations financières massives. L’ancien directeur général, Mandian Sidibé, prédécesseur de M. Camara, est lui-même poursuivi avec deux de ses collaborateurs, dont son chef comptable, pour un détournement présumé de 78 milliards de francs guinéens — soit environ 8,9 millions de dollars américains.
Si le juge Alpha Camara, président de la chambre de jugement de la CRIEF, a ordonné le 15 juin 2026 la remise en liberté de Mandian Sidibé en raison de la « dégradation » de son état de santé, cette mesure d’assouplissement ne signifie en rien un abandon des poursuites. M. Sidibé et ses coaccusés demeurent renvoyés devant la juridiction pour des chefs d’accusation lourds : abus de fonction, concussion, corruption et atteinte à l’égalité des candidats dans les marchés publics. Après une longue détention provisoire débutée en 2024, le dossier de l’ère Sidibé suit toujours son cours, la Cour ayant fixé l’ouverture des débats au fond au 20 juillet 2026.
Entre l’affaire actuelle impliquant « Jeannot » et le dossier au long cours des 78 milliards, l’OGP semble durablement empêtré dans une spirale judiciaire qui met à rude épreuve la crédibilité de sa gouvernance.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


