Le gouvernement du Liberia a annoncé ce mardi 23 juin, la résolution officielle de son différend frontalier avec la République de Guinée, bien qu’aucune confirmation n’ait encore été émise par les autorités guinéennes à ce stade. Intervenant sur les ondes de la radio ELBC d’après la presse électronique locale, le ministre libérien de l’Information, Jerolinmek Piah, a déclaré que la stabilité a été rétablie le long de la frontière commune. Selon les affirmations du ministre, « les deux pays respectent désormais la frontière délimitée » et « les citoyens guinéens demeurent de leur côté de la frontière tandis que les Libériens occupent leur territoire reconnu », ce qui a permis aux habitants de reprendre une vie normale ainsi que les échanges transfrontaliers.
Cette annonce de Monrovia intervient après plusieurs mois de crispation dans la région. Depuis le mois de février 2026, des tensions ont resurgi aux frontières que la Guinée partage avec le Liberia et la Sierra Leone. Conakry dénonçait la violation de son territoire par ses voisins, des accusations catégoriquement rejetées par ces derniers qui soutenaient, à l’inverse, que des militaires guinéens avaient effectué des incursions sur leurs sols respectifs.
Pour désamorcer ces incidents qui exacerbaient les tensions entre les communautés de part et d’autre des frontières, les présidents Mamadi Doumbouya, Julius Maada Bio et Joseph Boakai s’étaient réunis le 16 mars 2026 lors d’un sommet extraordinaire de l’Union du fleuve Mano, à Conakry.
À l’issue de cette rencontre, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, avait lu un communiqué confirmant la volonté des dirigeants de privilégier le retour au calme et la coexistence pacifique. « Les trois chefs d’État ont réitéré leur attachement indéfectible aux principes de souveraineté, d’inviolabilité des frontières et d’intégrité territoriale », avait déclaré le chef de la diplomatie guinéenne, ajoutant que tout différend serait réglé conformément à la Charte des Nations Unies.
Lors de ce sommet de mars, les trois pays s’étaient entendus sur une série de mesures communes pour la gestion des espaces frontaliers, incluant des patrouilles et des opérations conjointes, un partage régulier de renseignements sécuritaires, ainsi que l’élaboration de mécanismes de communication rapide entre les autorités locales et les forces de sécurité.
Les présidents avaient également instruit les services techniques de stabiliser les zones sensibles et de favoriser le dialogue entre les populations riveraines.
C’est dans le sillage de ces engagements diplomatiques que le Liberia justifie aujourd’hui la pacification de la zone, soulignant que les services de sécurité des deux nations collaborent désormais aux points de passage officiels.
Afin de consolider cette avancée et de prévenir toute incursion future, Monrovia prévoit de lancer des campagnes de sensibilisation, menées par son ministère de l’Intérieur en collaboration avec les autorités locales guinéennes, pour informer les habitants sur le tracé de la frontière.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


