Le journaliste guinéen Marouane Camara a été honoré par Reporters Sans Frontières, qui lui a décerné une distinction symbolique pour saluer son engagement professionnel. Reconnu pour son intégrité, il s’était imposé comme une figure essentielle de la presse locale en donnant une tribune aux opprimés.
Face à cet hommage, son épouse, Mariama Lamarana Diallo, a exprimé une vive émotion et une profonde gratitude envers l’organisation et la communauté internationale.
« Elle démontre que nous ne sommes pas seuls. Que les journalistes du monde ne nous ont pas oubliés, que nous pouvons encore garder espoir », a-t-elle déclaré, avant de remercier Reporters Sans Frontières « pour ce geste ô si symbolique, un geste porteur d’espoir, qui réconforte à plus d’un titre. Sa famille, ses enfants, ses collaborateurs et moi, ne l’oublierons jamais ».
Cette reconnaissance internationale intervient alors que le journaliste est toujours victime d’une disparition forcée en Guinée, une absence tragique qui plonge ses proches et ses collaborateurs dans une attente insupportable. Rappelant la douleur de ce drame quotidien, Mariama Lamarana Diallo a souligné l’impact de cette disparition sur leur entourage, notamment sur leur fille née après les faits et sur le père du journaliste. « Il disait haut ce qui se disait bas. Comme on le dit en Guinée, il était le porte-parole des sans voix.
Sa disparition forcée continue de nous hanter tous, je veux parler de sa famille, de ses proches et de ses collaborateurs, ainsi que des journalistes du monde entier. Aujourd’hui, sa petite fille qui est née quelques mois seulement après sa disparition forcée, grandit tout en ignorant qui est son père, ne l’ayant jamais vu. Son père, convalescent, est abattu par cette pénible situation, devenue tellement insupportable pour lui », a-t-elle conclu.
Par Mariam Bâ


