Depuis plus d’un mois, les prix des sacs plastiques connaissent une flambée inédite et brutale dans les principaux marchés en Guinée. Cette hausse vertigineuse frappe de plein fouet les commerçants et les consommateurs : le colis de taille N°4 est passé de 410 000 à 525 000 GNF, entraînant l’augmentation immédiate du paquet de 4 000 à 6 000 GNF. Le colis N°6 a bondi de 310 000 à 470 000 GNF, propulsant le prix du paquet à 10 000 GNF contre 7 500 GNF récemment. Quant aux formats N°15 et N°18, ils se négocient désormais à 325 000 GNF contre 210 000 GNF auparavant, faisant grimper le paquet à 12 000 GNF.
Interrogés sur cette explosion des tarifs, les vendeurs locaux comme Oumar rejettent la responsabilité sur les grandes sociétés de fabrication d’emballages, à l’image de Topaz. Nos tentatives de joindre cette dernière pour plus de détails sont restées, pour le moment, infructueuses.
Cette inflation majeure s’inscrit d’ailleurs dans un climat de surchauffe économique plus général en Guinée, où les prix des matériaux de construction (fer, ciment, fils électriques) subissent eux aussi une forte augmentation.
Ce phénomène spéculatif se produit alors que le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, associé au département du Commerce, vient de taper du poing sur la table à Conakry à travers un communiqué publié le 26 mai 2026.
Les autorités ont rappelé aux industriels, importateurs et distributeurs l’obligation de respecter le décret D/2024/0172/PRG/CNRD/SGG du 21 septembre 2024, qui fixe un ultimatum au 20 septembre 2026 pour l’interdiction totale de la fabrication et de la distribution des plastiques à usage unique.
L’objectif de l’État est de lutter contre les conséquences sanitaires et environnementales de ces déchets en protégeant les écosystèmes, l’eau et les sols. Pour amortir le choc de cette transition, le gouvernement a engagé des concertations avec la Chambre de Commerce pour promouvoir des alternatives écologiques, tout en annonçant un renforcement du contrôle des matières plastiques importées et le retrait progressif des sachets dans les pharmacies et supermarchés.
Par Mariam Bâ


