Réunie en conférence de presse ce jeudi 30 avril 2026 à Conakry, la Directrice générale des élections (DGE) a rompu le silence pour justifier la rigueur du processus électoral face aux tensions croissantes. Cette intervention fait suite au retrait officiel du Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) d’Abdoulaye Yéro Baldé, acté le 28 avril, et aux menaces de la Coalition politique pour la rupture (CPR) de Faya Millimouno. Cette dernière dénonce une « stratégie d’exclusion politique » et des « dysfonctionnements graves », brandissant l’option d’un retrait si le cadre légal n’est pas rétabli avant le double scrutin législatif et communal du 31 mai.
Pour répondre aux accusations de rejets arbitraires et de partialité, la DGE a précisé que les invalidations de candidatures résultent exclusivement de dossiers incomplets ou non conformes. Elle a rappelé avoir déjà fait preuve de flexibilité en prorogeant la date limite de dépôt du 29 mars au 3 avril pour « favoriser une participation plus large », soulignant qu’à l’échéance initiale, « un seul parti avait déposé ses dossiers ».
Concernant le non-paiement des cautions au Trésor public, elle a opposé une fin de non-recevoir aux retardataires : « Après le 8 avril, aucun paiement ne pouvait être accepté. Accorder une nouvelle dérogation aurait été injuste envers les candidats ayant respecté les délais ».
Face aux griefs des opposants qui fustigent une « immixtion inacceptable » de l’État, la Directrice générale a renvoyé les contestataires aux mécanismes légaux. Elle a notamment argué que le système de recours fonctionne, précisant que le « FRONDEG a obtenu gain de cause devant la justice » pour le rétablissement de certaines candidatures par la Cour suprême.
Si ces décisions ont été immédiatement appliquées selon la DGE, la CPR maintient son ultimatum, avertissant que « si des mesures correctives urgentes et crédibles ne sont pas prises », elle se réserve le droit de quitter le processus électoral.
Par I.Sylla


