Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre guinéen et diplomate, a officiellement lancé sa mission de médiateur de la CEDEAO ce jeudi 30 avril à Abidjan. Reçu en audience par le président ivoirien Alassane Ouattara, l’ancien secrétaire exécutif de l’organisation régionale a entamé cette première étape stratégique pour recueillir les orientations du chef de l’État avant de se rendre au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Désigné le 25 mars dernier comme négociateur en chef, Kouyaté a pour mandat de rétablir un canal de communication avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le retrait de la CEDEAO a cristallisé une crise politique sans précédent.
L’enjeu de ce déplacement en Côte d’Ivoire était d’harmoniser les positions face à la rupture institutionnelle consommée par les autorités militaires sahéliennes. À l’issue de cet entretien, le médiateur a souligné la profondeur des interrogations persistantes au sommet de la sous-région.
« Le Président se pose des questions : pourquoi tout cela alors que ce n’est pas nécessaire ? Pourquoi décider de créer l’AES et de quitter la CEDEAO ? ».
Pour Lansana Kouyaté, qui dit avoir échangé de la « façon la plus sincère » avec Alassane Ouattara, l’objectif est désormais de confronter ces interrogations à la réalité du terrain. « Peut-être que la compréhension viendra lorsque je m’y rendrai », a-t-il précisé, tout en affichant un optimisme prudent quant à la résolution des différends.
Misant sur son expérience des crises régionales pour apaiser les tensions liées aux accusations de déstabilisation, il a conclu sur la nécessité d’un compromis : « Une erreur commise, reconnue d’une façon ou d’une autre, peut être rattrapée. C’est le souhait du Président, c’est le mien et celui de la CEDEAO ».
Par Mariam Bâ


