L’année 2025 a marqué un tournant critique pour la Guinée, où la transition s’est muée en une présidence institutionnalisée. D’après le rapport mondial d’Amnesty International, l’adoption par référendum d’une nouvelle Constitution en septembre a constitué le pivot de cette stratégie, permettant à Mamadi Doumbouya de consolider son autorité après l’allongement du mandat présidentiel.
Le scrutin du 28 décembre s’est tenu dans un contexte d’exclusion totale. Le document souligne que les principaux opposants ont été écartés de la course, leurs formations politiques ayant été purement et simplement dissoutes par les autorités après une période de suspension entamée en août. L’organisation internationale indique que cette élimination du pluralisme a permis au pouvoir en place de s’imposer sans réelle concurrence, transformant l’élection en une validation unilatérale de la trajectoire militaire.
Répression ciblée et signaux d’impunité
Pour maintenir ce contrôle, l’appareil sécuritaire a multiplié les interventions contre les voix dissidentes. Amnesty International rapporte que l’interdiction de manifester, en vigueur depuis 2022, a entraîné la mort de trois jeunes lors d’une mobilisation des Forces vives de Guinée en janvier. L’enquête met également en lumière une vague d’enlèvements visant des acteurs de la société civile, tels qu’Abdoul Sacko ou des dirigeants du FNDC, qualifiant ces actes de disparitions forcées destinées à instaurer un climat de peur.
Sur le plan judiciaire, l’indépendance des institutions est fortement remise en cause. Le texte dénonce la grâce présidentielle accordée en mars à l’ancien chef d’État Moussa Dadis Camara, condamné pour crimes contre l’humanité, y voyant un affront au droit des victimes. L’organisation conclut sur les violations des droits sociaux dans la région de Nzérékoré, tout en notant les mesures de protection forestière comme l’un des rares domaines où des actions préventives ont été engagées.
Par Mariam Bâ


