Le Tribunal de première instance de Mafanco a tranché, ce lundi 20 avril 2026, le différend judiciaire opposant la chanteuse Mariama Bah, alias « Yama Séga », et l’influenceuse Mariama Kaba, dite « Maya la solution ». Poursuivies pour injures, diffamation et atteinte à la dignité humaine via la cybercriminalité, les deux prévenues ont été condamnées à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 40 millions de francs guinéens d’amende chacune. Surtout, le tribunal leur a interdit l’usage des réseaux sociaux pour deux ans, hors cadre professionnel.
Ce verdict clôt une séquence de tensions extrêmes. La semaine dernière, les deux femmes s’étaient mutuellement livrées à une surenchère d’insultes par vidéos interposées.
Un affrontement virtuel dont l’impact a largement dépassé la sphère numérique : dans la foulée de ce tollé, l’accès aux réseaux sociaux est resté bloqué à l’échelle nationale durant deux jours, entre mercredi et vendredi dernier. Face à l’ampleur de la polémique, les deux mises en cause avaient fini par présenter des excuses publiques au « peuple de Guinée ».
La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Dès mercredi, le Parquet général de Conakry dénonçait une « recrudescence d’infractions sur l’espace numérique », mettant en garde contre des dérives désormais passibles de poursuites systématiques.
De son côté, le président Mamadi Doumbouya est intervenu jeudi soir sur la plateforme X pour recadrer le débat, affirmant que « les propos injurieux et les discours de haine ne sauraient constituer une voie pour bâtir la Guinée ». Tout en saluant le rôle des acteurs du numérique, le chef de l’État a rappelé que la liberté d’expression impose un devoir de « respect de l’autre et de cohésion nationale ».
À la barre, Yama Séga a exprimé ses regrets, évoquant l’impact de cette affaire sur son enfant, tandis que Maya la solution a plaidé une réaction « sous l’effet de la colère ».
Malgré les plaidoiries de la défense invoquant la clémence, le juge a suivi l’essentiel des réquisitions du procureur Kanfory Ibrahima Camara, qui avait fustigé des comportements indignes de personnalités censées servir d’exemples. Pour ces deux figures publiques, le silence numérique forcé commence dès aujourd’hui.
Par I.Sylla


