Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a officiellement interpellé le gouvernement guinéen à la suite de la dissolution de quarante formations politiques par le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation (MATD).
Dans une correspondance adressée au Premier ministre le 19 mars, l’instance onusienne exprime ses vives préoccupations face à des mesures qui semblent s’inscrire dans un contexte de restriction croissante de l’espace civique et démocratique, citant notamment l’interdiction des manifestations publiques en vigueur depuis mai 2022.
Cette décision, annoncée le 6 mars, frappe des acteurs majeurs du paysage politique tels que l’UFDG, le RPG et l’UFR, entraînant la perte immédiate de leur statut juridique, le placement de leurs sièges sous scellés et la mise sous séquestre de leurs avoirs.
Face à ces critiques, le gouvernement guinéen récuse toute manœuvre politique ciblée, invoquant une application rigoureuse de la législation nationale.
Le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a soutenu devant le corps diplomatique que cette décision résultait d’un processus d’évaluation transparent et objectif, précisant que les partis concernés ne satisfaisaient pas aux exigences réglementaires.
De son côté, le HCDH rappelle à la Guinée ses obligations internationales, notamment celles découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Le Haut-commissaire, Volker Türk, insiste sur la nécessité de garantir un environnement propice au pluralisme et au débat public en vue des prochaines échéances électorales, tout en réaffirmant la disponibilité de ses services pour accompagner les autorités dans la promotion de l’État de droit et la gestion de l’espace démocratique.
Par Mariam Bâ


