CONAKRY – Dans un climat de vives tensions territoriales avec la Sierra Leone et le Libéria, le chef de l’État guinéen, le Général Mamadi Doumbouya, a personnellement présidé ce dimanche le départ du dernier contingent des Forces armées guinéennes (FAG). Ce geste symbolique fort, marqué par la remise solennelle du tricolore national, traduit la volonté de fermeté de Conakry face aux récents incidents frontaliers.
La cérémonie, rapportée par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), intervient alors que la Guinée fait face à des frictions simultanées sur ses flancs sud et sud-ouest. Devant ses troupes, le président Doumbouya a martelé une doctrine de souveraineté absolue : « Aucune portion de la terre laissée par nos ancêtres ne sera conquise », a-t-il déclaré, tout en prenant soin de préciser que le dispositif reste strictement défensif et non une force de conquête.
Le contentieux avec la Sierra Leone s’est cristallisé fin février dans la préfecture de Faranah, où seize militaires de Freetown ont été interpellés à Koudaya, accusés d’avoir établi un campement et hissé leur drapeau en zone guinéenne. Si le différend a trouvé une issue diplomatique le 27 février avec la restitution des soldats « sains et saufs » au ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Alhaji Timothy Kabba, la vigilance reste de mise.
Sur le front libérien, la situation s’est tendue autour du fleuve Makona, où une entreprise routière libérienne a été accusée d’extraction illégale de sable. Le déplacement provocateur du drapeau libérien vers la rive du fleuve a été dénoncé par le ministre guinéen de l’Administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé, comme une occupation illégale. Une réunion de crise tenue le 8 mars à Guéckédou a néanmoins amorcé un apaisement, Monrovia s’engageant à ramener ses emblèmes à leur position initiale.
En déployant ces renforts appuyés par des moyens aériens, Conakry réaffirme son attachement viscéral au principe de l’intangibilité des frontières. Ce mouvement de troupes, soutenu par une forte mobilisation populaire dans la capitale, marque la détermination des autorités guinéennes à verrouiller militairement les secteurs contestés tout en laissant, pour l’heure, la priorité aux solutions diplomatiques.
Samedi 14 mars 2026, Conakry a officiellement annoncé la convocation d’un sommet extraordinaire de l’Union du fleuve Mano (MRU). En sa qualité de président en exercice de cette organisation, le chef de l’État guinéen a invité ses homologues de Freetown et de Monrovia à se réunir en Guinée pour « aplanir les différends autour d’une table ».
Par Mariam Bâ


