Le couperet est tombé pour des dizaines d’opérateurs du secteur des mines en Guinée. Par un arrêté publié ce mardi 10 mars 2026, le ministère des Mines et de la Géologie a officiellement acté le retrait de 41 permis d’exploitation de carrières sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure de force, qui entraîne la réintégration immédiate et sans frais de ces titres dans le patrimoine de l’État, frappe un large spectre de sociétés, aussi bien nationales qu’étrangères.
La décision, appuyée par les rapports de la Direction nationale des mines et des carrières ainsi que du Centre de promotion et de développement minier (CPDM), vise à assainir un secteur en quête de transparence. Le département invoque principalement l’expiration de la validité des titres et le non-respect flagrant des dispositions du Code minier révisé. Au-delà du simple constat administratif, cette opération de « balayage » s’inscrit dans une volonté gouvernementale de durcir la régulation et d’imposer une réelle promotion du contenu local.
Parmi les entreprises évincées figurent des acteurs de poids exploitant la dolérite, le granite, le sable ou la latérite. Dans la catégorie dolérite, des sociétés telles que Bel Air Mining, Chine-Afrique Business ou encore DCE Construction perdent leurs droits. Le secteur du granite est le plus lourdement impacté avec le retrait de permis détenus par des entités comme Simfer S.A., Tudor S.A.R.L., Guinea Crown Mining, ainsi que plusieurs titres appartenant au groupe GUITER (S.A. et S.A.R.L.). Les exploitations de latérite, incluant China Road and Bridge Corporation (CRBC), et de sable, à l’image d’Agacete S.A.R.L. ou Moncy S.A.R.L., sont également concernées par cette vague d’annulations qui vient sanctionner des autorisations dont les échéances de validité étaient, pour la plupart, dépassées depuis plusieurs années.
Par Mariam Bâ


