À la veille du mois saint de Ramadan et du Carême chrétien, le gouvernement guinéen, via le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME, a signé un protocole d’accord stratégique avec les opérateurs économiques. L’objectif est clair : plafonner le prix des denrées de première nécessité pour protéger le panier de la ménagère.
Cette mesure d’urgence, actée à moins de 48 heures des périodes de jeûne, impose désormais des tarifs stricts à Conakry : 280 000 GNF pour le sac de riz 5% brisures (50 kg), 350 000 GNF pour le sucre, tandis que le bidon d’huile de 20 litres est fixé à 305 000 GNF.
La nouvelle grille tarifaire s’étend également aux oignons (270 000 GNF les 25 kg), au carton de poulet entier (310 000 GNF), au lait en poudre (980 000 GNF) et au sac de farine (360 000 GNF). Ce dispositif de régulation est le fruit d’une concertation semestrielle entre la Direction Générale des Douanes, la Chambre de Commerce et la Direction Nationale du Commerce Extérieur. Au-delà de l’affichage des prix, il s’agit surtout de garantir un approvisionnement stable tout en barrant la route à la spéculation sauvage durant ces mois de forte consommation.
Toutefois, une réalité de terrain interpelle. Dans plusieurs secteurs de la capitale, les prix pratiqués sont actuellement inférieurs aux plafonds fixés par l’État. On négocie ainsi le sac de riz autour de 270 000 GNF et l’huile à 295 000 GNF. Un paradoxe qui soulève une question de taille : ce protocole servira-t-il de bouclier pour les consommateurs ou de prétexte à un alignement vers le haut pour les commerçants ?
Par I.Sylla


