Le voile se lève sur une tragédie silencieuse qui touche désormais directement les foyers guinéens. Selon une enquête accablante publiée ce mercredi 11 février par le collectif All Eyes on Wagner (AEOW), la Guinée figure sur la liste noire des nations africaines dont les ressortissants sont envoyés, souvent par la ruse ou la force, sur le front ukrainien pour le compte du Kremlin.
Le rapport du collectif All Eyes on Wagner (AEOW) est une onde de choc. Entre 2023 et 2025, le Kremlin a transformé la détresse économique africaine en opportunité militaire. Au total, 1 417 Africains ont été envoyés au front.
Si l’Égypte (361 recrues) et le Cameroun (335) paient le prix le plus fort, le phénomène ne connaît pas de frontières. Des réseaux transnationaux exploitent la « vulnérabilité socio-économique » d’une jeunesse qui voit l’Europe se fermer et la Russie comme une terre d’accueil illusoire.
Neuf Guinéens identifiées, trois décès confirmés
Alors que Moscou cherche désespérément à pallier sa pénurie d’hommes, l’enquête révèle que la Guinée paie un lourd tribut. Le rapport identifie formellement neuf ressortissants guinéens enrôlés dans les rangs de l’armée russe. Parmi eux, trois ont déjà perdu la vie dans les tranchées de l’Est ukrainien.
Ces chiffres, issus du programme « Je veux vivre », ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Le collectif AEOW et l’analyse d’INPACT soulignent que ces bases de données sont loin d’être exhaustives, suggérant que le nombre de jeunes Guinéens disparus ou engagés pourrait être bien plus élevé.
Si l’Égypte, le Cameroun et le Ghana fournissent les contingents les plus massifs, la situation guinéenne s’inscrit dans une dynamique continentale effrayante. Entre janvier 2023 et septembre 2025, ce sont 1 417 Africains issus de 35 pays qui ont été jetés dans le conflit.
Par Mariam Bâ


