La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné, ce 02 février, la réouverture des débats dans le dossier opposant l’État guinéen à Oyé Guilavogui, ancien ministre des Postes et Télécommunications, tout en instaurant une série de mesures d’investigation financière de grande ampleur.
En effet, au cours de l’audience, le juge Yagouba Conté a rendu une ordonnance musclée visant à cerner l’étendue du patrimoine du prévenu, en exil depuis novembre 2023. Les conservateurs fonciers de Conakry et Kindia, ainsi que les directions du Cadastre, sont sommés d’identifier formellement les biens immobiliers de l’ancien ministre.
Parallèlement, la Banque Centrale (BCRG) a reçu instruction de mobiliser l’ensemble des banques primaires du pays pour produire les relevés complets des comptes ouverts au nom d’Oyé Guilavogui. Ces mesures doivent être exécutées au plus tard le 20 février 2026.
Sotelgui et Projet Backbone : des acteurs clés convoqués
La Cour ne se limite pas aux avoirs. Pour faire la lumière sur les charges de détournement de deniers publics, elle a ordonné la comparution de Moussa Keita, ancien directeur de la SOTELGUI et l’obligation pour la société Huawei Guinée de fournir tous les documents contractuels liés à la relance de la Sotelgui et au projet Backbone.
Si la Cour a accédé à l’essentiel des requêtes du parquet et de l’Agent judiciaire de l’État, elle a toutefois temporisé concernant la gestion immédiate des biens par l’AGRASC (Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués), préférant s’en tenir, pour l’heure, à l’identification rigoureuse des actifs.
Un dossier à plusieurs centaines de millions de dollars
Pour rappel, Oyé Guilavogui est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Le préjudice présumé porte sur des sommes vertigineuses dont 50 millions de dollars destinés à la SOTELGUI ; 300 millions de dollars liés au projet Backbone et Plus de 120 milliards de francs guinéens cumulés sur les exercices budgétaires 2020, 2021 et des projets de reboisement.
L’audience a été renvoyée au 23 février 2026 pour la suite des débats.
Par Mariam Bâ


