CONAKRY – Une nouvelle ère politique s’ouvre officiellement en République de Guinée. Ce samedi 17 janvier 2026, le général Mamadi Doumbouya a prêté serment en tant que président de la République pour un mandat de sept ans. La cérémonie de prestige s’est déroulée au stade Général Lansana Conté de Nongo, devant une foule de partisans et un parterre de dignitaires étrangers.
Arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 à la suite d’un coup d’État contre Alpha Condé, dont le troisième mandat consécutif avait plongé le pays dans une crise profonde, l’ancien chef des forces spéciales a consolidé son autorité lors du scrutin présidentiel du 28 décembre dernier. Cette élection a toutefois été marquée par l’absence des figures historiques de l’opposition, dont les candidatures ont été invalidées ou écartées du processus électoral.
Un serment solennel face à la Nation
Le moment fort de la journée a été marqué par la prestation de serment du nouveau chef de l’État. La main droite levée, le général Doumbouya a prononcé la formule rituelle consacrée par la nouvelle loi fondamentale :
« Moi, Mamadi Doumbouya, Président de la République élu, je jure devant Dieu et devant le peuple de Guinée, sur mon honneur, de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice ; d’exercer loyalement et dignement les fonctions qui me sont conférées dans l’intérêt supérieur de la Nation ; de ne jamais recourir aux pouvoirs qui me sont dévolus à des fins personnelles ; de préserver en tout lieu et en toutes circonstances la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale ; de défendre les institutions de la République, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi. »
Un rayonnement diplomatique régional
Le caractère solennel de cette investiture a été rehaussé par la présence de nombreux chefs d’État du continent, témoignant d’une reconnaissance diplomatique de la transition guinéenne. Parmi les invités de marque figuraient : Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) ; Paul Kagame (Rwanda) ; Adama Barrow (Gambie) ; Mohamed Ould El-Ghazouani (Mauritanie) ; Assimi Goïta (Mali) ; Bassirou Diomaye Faye (Sénégal) et Julius Maada Bio (Sierra Leone).
Dans les tribunes, la ferveur de ses sympathisants côtoyait la présence remarquée de certains candidats malheureux à la présidentielle, venus acter la reconnaissance du nouveau pouvoir exécutif.
Un revirement politique scellé par la loi
Cette accession à la magistrature suprême par les urnes marque un tournant majeur par rapport aux engagements initiaux du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Au lendemain de la prise de pouvoir en 2021, le général Doumbouya avait solennellement promis que ni lui, ni aucun membre de l’organe de transition ne se présenterait aux élections censées restaurer l’ordre constitutionnel.
Ce verrou politique a finalement sauté après l’adoption, par voie référendaire, d’une nouvelle Constitution. Ce texte fondamental a substitué les dispositions restrictives de la Charte de la Transition, autorisant ainsi le chef de l’État à solliciter le suffrage des Guinéens. Le général Doumbouya entame désormais un septennat dont les chantiers prioritaires restent la relance économique et la stabilité institutionnelle du pays.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


