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Valeur de la nuance, Valeur de l’Histoire

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En ces temps agités où l’insulte, l’humiliation, le rapport de forces sont devenus des règles de pouvoir et sont entrés dans une forme de banalisation à l’échelle planétaire, comment garder le cap et chercher encore l’inaccessible étoile ?

L’épuisement démocratique auquel nous assistons pourrait nous plonger dans un état de pessimisme car il ne laisse guère entrevoir des ‘’lendemains qui chantent’’.

Une actualité et deux relectures récentes m’ont pourtant amené à réviser cette position, aussi ténu soit le fil de l’espoir.

L’actualité, c’est l’élection comme Maire de New-York de Zohran Mandani.

Né à Kampala en Ouganda, il doit prendre ses fonctions au mois de Janvier 2026.

Illustration parfaite d’un certain rêve américain, seulement naturalisé en 2018, parfait inconnu dans un passé récent, il nous démontre qu’il ne faut jamais désespérer.

Les crises qui révèlent l’incapacité de nombre de nos dirigeants, révèlent également de jeunes et nouveaux talents !

Ne préjugeons pas de son action future mais la nouvelle est bonne, alors goûtons la sans modération.

La première relecture est celle du Sikasso ou la dernière citadelle du Professeur Djibril Tamsir Niane.

Cette pièce créée au Théâtre Daniel Sorano de Dakar, lors de l’exil forcé au Sénégal de cette immense figure intellectuelle africaine fut ensuite produite au CCFG de Conakry lorsque j’en ai été le directeur entre 2011 et 2016.

L’histoire relate la chute de cette forteresse, située aujourd’hui au Mali, attaquée par l’armée française pendant cette période clé de la colonisation.

Ce qui frappe à cette lecture c’est le non manichéisme, le sens de la nuance de son propos.

Le Professeur Niane réussit ce tour de force de relater l’histoire en nous faisant ressentir que celle-ci est d’abord la vie d’hier.

L’histoire n’est pas seulement une science.

Elle comporte une dimension d’humanité en étant le reflet d’hommes et de femmes, d’agresseurs et d’assiégés qui ont été tout aussi vivants que nous le sommes aujourd’hui.

Ainsi, relater l’histoire à travers cette théâtralisation, c’est semer la graine d’une meilleure compréhension mutuelle, dépasser ce moment d’histoire en nous interrogeant collectivement aujourd’hui.

La deuxième relecture est Alias Caracalla de Daniel Cordier.

L’ancien secrétaire de Jean Moulin relate dans cet ouvrage les méandres de la résistance intérieure française pendant l’occupation allemande.

Ce qui m’interpelle dans son récit, c’est l’extrême jeunesse des premiers résistants qui se rassemblent autour du général de Gaulle en 1940.

La défaite militaire fut aussi une défaite morale incarnée par une faillite des milieux du pouvoir, toutes tendances confondues, à quelques rares exceptions près.

Les premiers résistants furent en réalité des enfants, des adolescents, dont la moyenne d’âge se situait autour de 18-19 ans.

Ils seront les futurs cadres des IV et V Républiques.

Ainsi, l’actualité en cours, ces deux livres nous disent de ne pas être manichéens, de faire confiance à la jeunesse, de croire au milieu de ce qui semble impossible.

A l’échelle de l’humanité cela peut sembler très peu, à bien y réfléchir, c’est déjà beaucoup.

Par  Daniel Couriol, ancien Directeur du Centre Culturel Franco-Guinéen

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