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Opinion

Ma Conviction !

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Aussi longtemps que les guinéens n'auront pas soldé leurs passifs, il serait illusoire de penser qu'ils parviendront à fructifier leurs actifs.

Persister à privilégier l'action au détriment de la réflexion, c'est continuer à aller tout droit au mur.

Le malade Guinée, mérite un diagnostic à la hauteur de la gravité de la pathologie dont il souffre.

On ferait donc mieux, pendant qu'il est encore temps, d'arrêter de mettre toujours la charrue avant les bœufs.

La Guinée souffre d'un système qui se perpétue par la faute de sa classe politique. Une autre façon de voir, et de faire la politique s'impose plus que jamais dans ce pays. Pour se faire, l'organisation d'un véritable débat national s'impose comme un préalable incontournable.

L'occasion sera mise à profit pour réorienter et relancer notre pays sur des nouvelles bases plus saines.

Tout effort contraire ne sera que leurre et désenchantement. Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets. C'est ma conviction.

Par Sow Boubacar-Fribourg

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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A LA UNE

Faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité ( Tribune)

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Rarement dans le monde les droits des femmes et des filles n’auront été mis en cause de manière aussi préoccupante qu’en Afghanistan. L’UE a clairement indiqué que l’aide au développement qu’elle accordera à l’avenir sera subordonnée au respect des normes relatives aux droits de l’homme, y compris aux droits des femmes et des filles. L’UE continuera à soutenir les femmes et les filles partout dans le monde, en s’en tenant à nos valeurs et à nos convictions.

Les droits de l’homme, la liberté, la démocratie et l’égalité constituent des valeurs fondamentales qui font l’essence de l’Union européenne. Elles enrichissent nos sociétés et renforcent la résilience. L’égalité entre les femmes et les hommes est essentielle à la paix, à la sécurité, à la prospérité économique et au développement durable.

Œuvrer à tous les niveaux pour promouvoir et préserver les avancées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes constitue dès lors une priorité politique et un objectif essentiel pour l’UE. Le troisième plan d’action de l’Union européenne sur l’égalité entre les hommes et les femmes et le nouveau budget de l’UE pour l’action extérieure offrent une feuille de route concernant l’action mondiale vers un monde où les hommes et les femmes sont égaux. Nous collaborons étroitement avec les partenaires multilatéraux, régionaux et bilatéraux, et notamment avec les organisations de la société civile, afin d’atteindre ces objectifs. Nous avons encore un long chemin à parcourir et il ne faut pas céder à l’autosatisfaction.

Dans de nombreux pays, la pandémie a exacerbé les inégalités en matière d’égalité hommes-femmes existant dans divers domaines: éducation, formation professionnelle, santé, sécurité, santé et droits en matière de sexualité et de procréation, et perspectives économiques. En outre, les mesures de confinement liées à la COVID-19 ont souvent entraîné une augmentation de la violence à caractère sexiste, et en particulier de la violence domestique. Dans le même temps, une part importante de la charge domestique a pesé sur les femmes et les filles. Les travailleurs de l’économie informelle et ceux occupant des emplois peu qualifiés (dont une majorité de femmes), les migrants et les personnes appartenant à des minorités ont été davantage menacés et sont exposés à des formes de discrimination multiples et croisées.

En outre, les fermetures d’écoles ont exposé les filles à un risque accru d’exploitation sexuelle, de grossesse précoce, de travail des enfants et de mariage forcé. Les gestionnaires du Fonds Malala estiment que 20 millions de filles supplémentaires risquent d’abandonner l’école, lesquelles viendraient s’ajouter au nombre total de 150 millions de filles (soit l’équivalent d’un tiers de la population de l’UE) sans perspectives d’études.

Selon un récent rapport des Nations unies, en 2020, les dépenses militaires supplantaient encore les dépenses mondiales en matière de santé, même au cours d’une année dominée par la pandémie de coronavirus. Pour sortir durablement de la pandémie de COVID-19, nous devons redoubler d’efforts pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’heure est venue d’en faire davantage

Ce défi exige à présent une action mondiale, à l’heure où nous construisons l’avenir dans lequel nous souhaitons voir nos enfants et petits-enfants grandir dans un monde d’après-pandémie plus égalitaire, plus ouvert à la diversité et où l’égalité des chances est une réalité. Nous devons nous attaquer aux causes profondes de l’inégalité et des discriminations entre les sexes afin d’instaurer un changement durable.

L’Union européenne et ses États membres, ainsi que les institutions financières européennes, ont soutenu les femmes et les filles du monde entier pendant la pandémie. En tant qu’Équipe Europe, nous avons déjà mobilisé 46 milliards d’euros en faveur de plus de 130 pays partenaires, en accordant la priorité aux femmes et aux jeunes.

Ce soutien peut être illustré par trois exemples. Au Népal, nous avons aidé un million de filles et de garçons à poursuivre leur éducation grâce à un apprentissage par la radio. Au Togo, nous avons soutenu la création d’un système de revenu universel et la nomination de femmes à la tête de nouvelles municipalités. Au niveau mondial, l’initiative «Spotlight» de l’UE et des Nations unies a aidé 650 000 femmes et filles à prévenir ou à combattre les violences à leur encontre, et a offert une éducation à 880 000 hommes et garçons sur les thèmes de la masculinité positive, de la résolution non violente des conflits et de la parentalité.

Il n’en reste pas moins que nous devons en faire plus pour relever des défis de plus en plus importants. Telle est la finalité du troisième plan d’action sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce plan promeut l’accession des femmes, des filles et des jeunes aux responsabilités et une participation significative à la vie politique, économique, sociale et culturelle, ainsi qu’à toutes les questions liées à la paix et à la sécurité.

Nous nous employons à remettre le développement humain sur les rails

Nous concrétisons en ce moment ce plan avec l’appui du nouvel instrument IVCDCI - Europe dans le monde, doté d’un budget de 79,5 milliards d’euros, qui appuiera l’action extérieure de l’UE au cours des sept prochaines années.

Le soutien à l’éducation, et en particulier à l’éducation des filles, occupera une place centrale. De la même manière que nous soutenons l’éducation dans les situations d’urgence, l’UE a collaboré avec les pays partenaires tout au long de la pandémie pour réduire autant que possible ses effets sur les enfants et pour favoriser un retour à l’école en toute sécurité.

Avec la « Team Europe », nous fournissons déjà plus de la moitié de l’aide mondiale en faveur de l’éducation. Nous allons encore augmenter ce concours financier, afin de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes grâce à une éducation de qualité à tous les niveaux. L’engagement commun de 1,7 milliard d’euros en faveur du Partenariat mondial pour l’éducation que nous avons promis en juillet – afin de transformer l’éducation des filles et des garçons dans un maximum de 90 pays et territoires – s’inscrit dans le cadre de ce nouveau départ.

Nous multiplions nos efforts, qu’il s’agisse de soutenir l’éducation et les débouchés économiques des femmes et des filles ou d’améliorer leur accès aux services de santé en matière de sexualité et de procréation. D’ici à 2025, 85 % de l’ensemble des nouvelles actions extérieures de l’UE, dans tous les secteurs, contribueront à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’émancipation des femmes.

Nous finalisons cet effort en ce moment avec nos pays partenaires, sur la base d’une consultation étroite des organisations de la société civile, des défenseurs des droits des femmes et des jeunes.

Nous devons remettre le développement humain sur les rails et atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030, en veillant à ne laisser personne au bord de la route. Il est essentiel que nous réussissions.

Par Josep Borrell et Jutta Urpilainen

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A LA UNE

Tribune : il est temps pour les membres de la défunte Cour constitutionnelle de se repentir devant le peuple de Guinée

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De tous les péchés commis contre le peuple de Guinée pendant ces trois dernières années, les magistrats, notamment les Juges de la défunte cour constitutionnelle, ont commis les plus graves.

S’il n’est un secret pour personne que certains magistrats ont souillé leur serment en emprisonnant injustement des opposants au projet de présidence à vie de Monsieur Alpha Condé, il est aussi obvie que nos ex-sages n’ont pas fait la fierté de la Guinée dans la formation de la jurisprudence constitutionnelle africaine.

La politique du ventre ayant pris le dessus, nos sages ont renoncé au Droit et à leur conscience pour dépouiller cette institution des valeurs qui la fondaient.

Notre défunte cour constitutionnelle était tout sauf un organe juridictionnel indépendant. La motivation de ses arrêts, aux allures de conclusions en réplique, était, dans la plus part des cas, la traduction d’un militantisme manifeste et l’expression d’une alliance contre nature avec le pouvoir politique pour regarder dans la même direction. Elle voyait en noir là où tous les juristes avertis voyant en blanc. Les arrêts étaient d’abord soumis à l’approbation de Sékhoutouréyah avant d’être rendus publics. Nos sages avaient l’incroyable talent de renverser la pyramide pour pérenniser la souffrance du peuple à travers des arrêts taillés sur mesure.

Comment peut-on être aussi éborgné au point de nier l’évidence d’une falsification qu’un simple collégien pouvait relever ?

« Quand la politique entre par la porte, le Droit s’en fuit par la fenêtre.»

Rappelons que dans la marche vers le 3ème mandat de Monsieur Alpha CONDE, la défunte cour constitutionnelle a, le 19 décembre 2019, donné un avis favorable à l’adoption d’une nouvelle constitution dont l’avant-projet a été publié le même jour.

Cet avant-projet qui a été publié sur le site internet du Gouvernement était composé d’un préambule et de 161 articles.

Courant janvier 2020, le projet de texte constitutionnel de 157 articles a été publié au journal officiel (dans un numéro spécial) .

C’est finalement ce projet qui aura servi de support pour tous les promoteurs de la nouvelle constitution qui sera voté, dans le sang, le 22 Mars 2020.

Après la proclamation de la victoire du « OUI » par la CENI suivie de l’arrêt N° AE 007 du 03 Avril 2020 de la Cour constitutionnelle, le Président de la République a, par décret D/2020/073/PRG/SGG du 06 Avril 2020, promulgué, dit-on, la Constitution soumise au référendum constitutionnel du 22 Mars 2020.

Contre toute attente, le 14 Avril 2020, date de sa publication au Journal officiel de la République, il a été constaté la publication d’une « constitution » différente du projet soumis à la consultation populaire du 22 Mars 2020 .

En effet, de 157 articles, le projet de constitution s’est retrouvé amputé d’un article après la publication au journal officiel de la République. Les articles 13, 17, 31 alinéa 2, 37 alinéa 3, 39, 42, 43 alinéas 2 et 3, 47 alinéa 1, 52 alinéa 3, 68 alinéa 1, 71, 76 ; 77, 83, 84, 90, 106, 107 alinéa 3, 119 alinéas 4 et 5, 120 et 132 ont été substantiellement modifiés ou substitués.

Saisi par un groupe de députés pour avis, notre incroyable défunte cour constitutionnelle a,  par arrêt rendu le 11 juin 2020, refusé de constater la falsification du texte constitutionnel et blanchi ce banditisme juridique .

Les critiques du Barreau, des universitaires de renom, de la mission de la CEDEAO, de l’Union africaine et des nations unies, des politiques et des acteurs de la société civile sur cette affaire gênante n’ont pas empêché notre défunte cour constitutionnelle de nous assommer avec un communiqué  soutenant que :

« Le projet de constitution publié au journal officiel de la République de janvier 2020, aux fins de vulgarisation dans les organes de presse, n’est pas du tout celui qui a été soumis au peuple et adopté le 22 Mars 2020 ».

La cour a ajouté : « de toute évidence, ce projet après son adoption par le peuple le 22 Mars 2020 est devenu la nouvelle constitution de la République de Guinée. L’arrêt N° AE 007 du 03 Avril 2020 de la Cour constitutionnelle a validé la procédure de son adoption ».

Ainsi, la défunte cour aura entretenu le flou et la confusion autour de cette procédure référendaire  tendant à imposer aux guinéens un projet de texte fantôme.

Le temps étant le second nom de Dieu, ce faux constitutionnel a survécu à la chute du régime de Monsieur Alpha CONDE le 05 Septembre 2021. Ce lundi 31 octobre 2021, sur les ondes de la radio Espace FM, le Colonel Amara CAMARA, Ministre Secrétaire Général à la présidence, n’a pas hésité de dénoncer cette situation qui n’était qu’un recule démocratique.

Dans ces conditions, peut-on dire, qu’à force de tuer le Droit pour servir un homme et son système, nos sages de la défunte cour constitutionnelle ont inconsciemment favorisé le coup de force du 05 Septembre 2021 ? Où sont passés ces mercenaires du Droit ?

Dans tous les cas, notre défunte Cour Constitutionnelle, gardienne de la Constitution, a failli à ses responsabilités pour le rétablissement de l’Ordre constitutionnel, le respect de l’Etat de Droit et l’observation des principes essentiels de la démocratie.

Confessez-vous pendant qu’il est temps !

Maître Pépé Antoine LAMA

Avocat au Barreau de Guinée

Membre du Conseil de l’Ordre des Avocats

pepeantoine83@gmail.com

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A LA UNE

Guinée : « Traiter la cause de l’instabilité et pas seulement le symptôme »

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TRIBUNE. La manière dont la Cedeao a apprécié la situation en Guinée illustre combien est crucial le débat entre légalité et urgence politique en Afrique aujourd’hui.

Pour Mathias Hounpke, la Cedeao et l'UA doivent aussi se reformer pour mieux anticiper les errements politiques et constitutionnels a l'origine des coups d'Etat.

Malgré la destitution de l’ancien président Alpha Condé par une junte militaire en Guinée, il serait malvenu d’annoncer l’aube d’une nouvelle tendance de coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest. L’instabilité récurrente est limitée à une poignée d’États (Mali, Guinée et Guinée-Bissau), et non aux seize pays de la région, qui ont des dynamiques internes différentes. En revanche, ce qui représente une tendance réelle et inquiétante, c'est l’inaction constante quant à la prévention des conditions qui déclenchent ces coups d’État.

Le délit de magouille constitutionnelle

L’ancien président Condé, qui était autrefois une force positive pour le changement politique et économique du pays, a terni son bilan par une corruption et un autoritarisme grandissants. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été un acte flagrant de « magouille » constitutionnelle permettant au dirigeant de 82 ans de briguer un troisième mandat, suivi par l’organisation d’une élection manifestement frauduleuse en octobre 2020. Il est donc inquiétant, mais peu surprenant, que les forces armées aient été accueillies par une foule en liesse lorsqu’elles ont traversé la capitale Conakry après avoir arrêté Condé le 5 septembre.

Des délais de transition trop courts

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a demandé que des élections présidentielles et législatives soient organisées en Guinée d’ici six mois. Bien que le retour à un régime civil soit essentiel, cette courte période risque d’être insuffisante pour se préparer de manière efficace. Une période de douze mois semble plus raisonnable pour avancer dans les tâches complexes de la transition. Le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, a annoncé son intention de former un gouvernement inclusif, et des consultations avec des dirigeants politiques, économiques et religieux ainsi qu’avec des diplomates, la société civile et d’autres parties prenantes sont en cours. La rédaction d’une nouvelle Constitution (qui sera décidée par référendum) est essentielle pour réduire les risques de voir les futurs dirigeants s’enraciner. Mais cela nécessite la contribution de l’ensemble de la société guinéenne et doit être fait convenablement, sans précipitation.

L’armée en question

Cela ne signifie pas que le régime militaire est souhaitable. Celui-ci s’est installé en partie à cause du mécontentement dans les rangs de Condé, qui est lui-même arrivé au pouvoir en 2010 après une période brutale de dictature militaire. L’armée n’était pas non plus irréprochable durant les dernières années du règne de Condé, tirant souvent à balles réelles sur les manifestants. Il existe toujours un risque réel d’insurrection ou de contre-coup d’État si les conflits internes de longue date au sein des forces armées ne sont pas réglés rapidement. Mais le régime militaire est la réalité avec laquelle il faut composer et il pourrait y avoir des opportunités durant cette période pour remettre la Guinée sur les rails.

La nécessité de grandes réformes

Condé a réduit les contre-pouvoirs et a créé de grandes disparités entre les pouvoirs de l’État. Une réforme électorale est également essentielle, car, depuis 2010, toutes les élections ont été contestées. Les autorités de transition pourraient également donner la priorité à des questions que les dirigeants démocratiquement élus ont tendance à ignorer : la liberté de la presse, l’accès à l’information publique, le renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption, les violences sexuelles et sexistes. Les dirigeants du pays ne disposent évidemment pas de mandat, mais des comités multipartites pourraient être chargés d’élaborer des propositions et des projets de loi sur ces questions cruciales.

Faire que le provisoire ne dure pas

La Cedeao a raison de vouloir un retour rapide à l’ordre constitutionnel, car le risque est que les autorités « transitoires » deviennent un dispositif plus permanent et ne rendent de comptes à personne. Elle a également raison de demander la libération immédiate de Condé. Si des accusations sont portées, un procès équitable de l’ancien dirigeant et de son entourage constituerait un bon exemple pour l’avenir de la Guinée. Il est également judicieux de menacer de sanctions économiques les dirigeants de la junte et d’exiger que les membres de l’armée ne puissent pas se présenter aux élections.

La Cedeao et l’UA doivent être plus réalistes

La Cedeao et l’Union africaine (UA) sont deux des rares organismes qui ont actuellement une certaine influence sur la Guinée, dont les citoyens restent à la merci des caprices des militaires. Ce qui est d’autant plus frustrant est le fait qu’une fois de plus les condamnations et les recommandations de la Cedeao ont été réservées au moment de l’explosion du pays, et non lorsque la grogne montait.

Il était clair depuis des années que Condé avait abandonné ses aspirations démocratiques. Depuis la mi-2018, les manifestations étaient interdites dans la rue. Ses intentions de manipuler la Constitution pour rester en poste jusqu’à ses 90 ans avaient déjà été évoquées à l’époque. L’élection d’octobre, malgré son manque d’intégrité et d’inclusivité, a été jugée par la Cedeao et l’UA comme étant « légale » et comme s’étant déroulée « dans la transparence ». C’est l’occasion pour Cedeao et UA d’améliorer et/ou de faire un meilleur usage des mécanismes d’alerte précoce existants qu’elles ont mis en place depuis un certain temps déjà.

Cedeao et UA doivent se réformer pour renforcer leur crédibilité

Il ne faut peut-être pas s’étonner du silence d’une organisation qui compte parmi ses membres des dirigeants anticonstitutionnels qui prolongent leur mandat, comme le président ivoirien Alassane Ouattara. Mais il s’agit d’un défaut systémique, et l’organisation a besoin d’une réforme interne urgente afin de pouvoir tirer la sonnette d’alarme en cas d’attaques contre la démocratie. La Guinée dispose d’une société civile dynamique qui demande des comptes aux autorités. Les organismes régionaux comme la Cedeao et l’UA devraient être beaucoup plus proactifs dans la défense de leurs droits et libertés afin que nous n’atteignions plus jamais ce stade de crise.

De la nécessité d’une méthode pour suivre la situation en Guinée

Les organes régionaux souffrent d’un grave problème de crédibilité, mais ils ne sont pas irrécupérables. Après la phase de consultation, la Cedeao et l’UA devraient mettre en place un comité de suivi basé en Guinée pour examiner la transition et rendre compte périodiquement de ses progrès. Cela enverrait un message fort de solidarité et renforcerait le sentiment de sécurité de la société civile guinéenne. Le pays pourrait alors annoncer une feuille de route réaliste pour les réformes, élaborée de manière démocratique et organique, plutôt qu’imposée arbitrairement de l’extérieur. Les dirigeants militaires seraient contraints d’accepter leurs recommandations en temps voulu et le groupe de suivi ferait immédiatement part de ses préoccupations au plus haut niveau en cas d’écart ou de retard.

Les détenteurs du pouvoir dans la région doivent veiller à ne pas accorder une reconnaissance excessive à la junte en Guinée, mais ils doivent également assumer une part de responsabilité dans son ascension. Cependant, une supervision judicieuse de cette phase de transition peut garantir que les Guinéens, et tous les Africains de l’Ouest, ne s’habituent pas à considérer les prises de pouvoir militaires comme la moins mauvaise des options.

Par Mathias Hounpkè, responsable du programme de gouvernance politique de l’OSF en Afrique de l’Ouest.

In le point.fr

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