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Un médecin pour 2000 détenus à la prison de Conakry

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Les autorités guinéennes doivent faire la lumière sur les conditions de la mort en détention d’au moins quatre personnes et mettre fin à la vague d’arrestations ciblant depuis la publication des résultats de l’élection présidentielle d’octobre, au moins 400 militants de l’opposition et de membres de la société civile dans tout le pays, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

En deux mois, quatre personnes dont trois militants ou sympathisants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition) sont mortes pendant leur détention provisoire à la prison centrale de Conakry la capitale. Elles ont été arrêtées dans le cadre de la contestation du référendum constitutionnel et des résultats de l’élection présidentielle en mars et octobre derniers.

« Ces personnes sont décédées alors qu’elles étaient détenues dans des prisons qui sont de notoriété publique des mouroirs où les règles du droit international pour le traitement des détenus ne sont pas appliquées, a déclaré Fabien Offner, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Conclure à des décès naturels sans faire d’enquête approfondie, et n’autoriser la libération ou l’hospitalisation des détenus que quand leurs cas sont désespérés, comme le font les autorités, témoigne d’un profond mépris pour la vie humaine, et d’une indifférence totale à la déshumanisation des lieux de détention dans le pays. Les autorités doivent faire la lumière sur les circonstances de ces morts en détention et améliorer de toute urgence les conditions de détention. »

« On ne m’a jamais dit que mon mari était malade… »

Mamadou Oury Barry qui avait été placé sous mandat de dépôt le 5 août 2020 « pour coups et blessures volontaires » estmort en prison le 16 janvier dernier. Selon le ministère de la Justice, « il est décédé d’une mort naturelle liée à une occlusion intestinale et une anémie bioclinique au service des urgences de l’Hôpital Ignace Deen. »

Barry a déclaré le 14 janvier à un de ses parents qu’il avait mal au ventre. Malgré son arrivée à la prison avec des médicaments et de la nourriture, le parent a été interdit d’accès.

« Quand je suis arrivé à la prison avec de la nourriture et des médicaments, on m’a dit que je ne pouvais pas rentrer. En début d’après-midi du 21 janvier, on m’a appelé pour me dire qu’il était gravement malade. Une fois arrivé sur place, on m’a appris son décès, » a déclaré le proche parent de M. O. Barry à Amnesty International.

A la date du 29 janvier, la famille n’avait toujours pas pu récupérer le corps, malgré une demande de restitution adressée dix jours auparavant au procureur du tribunal de première instance de Dixinn.

Roger Bamba, membre du conseil national des jeunes de l’UFDG, est mort le 16 décembre 2020 en détention « des suites de maladie », selon le ministère de la Justice. Il avait été arrêté le 6 septembre 2020 au siège de l’Assemblée nationale où il travaillait comme attaché parlementaire, et envoyé en prison quatre jours après, accusé de « production, diffusion de propos de nature à troubler la sécurité publique ».

« On ne m’a jamais dit qu’il était malade, jamais … À chaque fois que je partais là-bas je présentais mon permis de communiquer mais on me refusait la visite en me disant qu’il était interdit de voir les prisonniers politiques. Je n’ai pu le voir qu’une seule fois le 23 novembre et il se portait bien. Ensuite je ne l’ai plus revu avant le 16 décembre, et quand j’y suis allée c’était trop tard, » a déclaré la femme du défunt à Amnesty International.

Mamadou Lamarana Diallo, 25 ans, est décédé le 5 décembre 2020. Il avait été arrêté le 2 avril 2020 à Conakry, ville traversée par des troubles à la suite du référendum contesté du 22 mars 2020.

« Depuis son arrestation on n’a pas revu Mamadou Lamarana Diallo jusqu’au 4 décembre, » a déclaré un parent. Le jeune homme est décédé quelques heures après sa libération, après avoir été conduit quasi-mourant auprès de parents par des membres des forces de défense et de sécurité.

Un autre détenu de la prison centrale de Conakry, Thierno Ibrahima Sow, est décédé dans la nuit du 17 novembre 2020.

Un médecin pour 2000 détenus à la prison de Conakry

Les conditions de détention sont en flagrante violation avec les standards minimum requis par le droit international, notamment tels qu’édictés par la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples dans les lignes directrices dites de Robben Island.

Les témoignages recueillis par Amnesty International auprès de parents de détenus décédés et d’ex-détenus montrent que les autorités guinéennes ne respectent pas les standards internationaux en matière de protection des droits des détenus. Par exemple, à la prison centrale de Conakry, construite pour une capacité de 300 personnes environ, un seul médecin sur place est censé s’occuper de près de 2 000 détenus.

Des délégués d’Amnesty International se sont rendus quatre fois entre 2015 et 2019 à la prison centrale de Conakry.L’organisation a recueilli le témoignage d’un militant de l’UFDG détenu à la prison centrale de Conakry à la fin de l’année 2020 :

« On se couche les uns sur les autres, la nourriture arrive déjà pourrie. Les prisonniers font leurs besoins les uns à côté des autres… Un jeune est là-bas depuis six mois, arrêté seulement parce qu’il dansait dans la rue sur des musiques qui faisaient l’éloge de Cellou Dalein Diallo… Il n’y a pas d’infirmerie, c’est seulement une inscription sur une porte. Un seul médecin vient pour tous ces détenus. Quand les gens se révoltent, on les envoie à l’hôpital Ignace Deen. »

« Les conditions de détention dans la prison de Conakry sont inhumaines. Tout détenu a le droit d’être traité avec dignité, de recevoir de la nourriture, des conditions d’hygiène et des soins adéquats et appropriés. Lorsqu’un détenu est malade, il doit pouvoir consulter un médecin dans les plus brefs délais et avoir accès aux traitements nécessaires, » a déclaré Fabien Offner.

Vague d’arrestations et condamnations

Oumar Sylla dit Foniké Mengué un des cadres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) avait été arrêté à Conakry le 29 septembre 2020, alors qu’il mobilisait contre la candidature du président Alpha Condé à l’élection présidentielle.

Après quatre mois de détention arbitraire, il a été condamné le 28 janvier 2021 à 11 mois de prison ferme pour « participation à un attroupement interdit susceptible de troubler l’ordre public. » Amnesty International considère que la détention d’Oumar Sylla est arbitraire et appelle à sa libération immédiate et sans condition.

Selon une liste nominative établie par des avocats représentant des opposants, et consultée par Amnesty International, 167 militants ou sympathisants du FNDC ou de partis politiques de l’opposition sont actuellement détenus à la maison centrale de Conakry. Ils font partie des quelques 350 à 400 personnes du même profil qui seraient détenus dans l’ensemble du pays, selon cette même liste, présentée comme non exhaustive.

On compte parmi eux Souleymane Condé, coordinateur du FNDC aux Etats-Unis et Youssouf Dioubaté, membre du FNDC. Tous deux ont été condamnés le 13 janvier 2021 à un an de prison ferme et 20 millions de francs guinéens d’amende (1500 euros). Arrêtés le 12 septembre 2020 alors qu’ils revenaient d’une réunion, ils étaient poursuivis pour des faits de « production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publique ». Youssouf Diabaté était en compagnie de Souleymane Condé lors de son arrestation.

Des cadres de l’UFDG dont Ibrahima Chérif Bah, Ousmane « Gaoual » Diallo et Abdoulaye Bah sont quant à eux toujours en attente de jugement, depuis leur placement en détention entre le 11 et le 13 novembre 2020. Ils font tous l’objet de 11 chefs d’inculpation, parmi lesquels : « détention et fabrication d’armes légères, association de malfaiteurs, trouble à l’ordre public, pillage et destruction, participation à un attroupement, propos incitants à la violence. »

Le 25 janvier 2021 le procureur du tribunal de première instance de Dixinn a requis 10 ans de prison ferme contre Mamadi Condé, un partisan de l’UFDG poursuivi pour « menaces, injures, atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, xénophobie, incitation à la révolte ». Plusieurs des détenus précités ont connu ces dernières semaines des problèmes de santé, selon leurs avocats.

« Ces figures de l’opposition sont l’arbre qui cache la forêt des anonymes, souvent maintenus en détention pendant des mois sans être amenés devant un juge dans des prisons en marge de l’Etat de droit, » a déclaré Fabien Offner.

« Toutes les personnes en détention provisoire doivent avoir accès à un avocat et être jugées dans un délai raisonnable ou libérées dans l’attente de l’ouverture d’un procès, comme le prévoit le droit international. En outre, nous appelons les autorités guinéennes à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes arrêtées et détenues pour avoir simplement usé de leur liberté d’expression et de réunion pacifique. »

Amnesty International

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Gaoual : deux morts dans des heurts entre forces de l’ordre et manifestants

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Deux personnes ont été tuées mardi 22 juin, à Gaoual,  dans des violences entre les forces de sécurité et des manifestants en colère contre la fermeture de la mine d’or, récemment découverte à Kounsitel.

Les victimes sont Mamadou Sidibé, agriculteur de 32 ans et Mamady Camara, orpailleur originaire de Kankan.

Les deux ont succombé à leurs blessures, alors qu’ils étaient en train d’être évacués vers Conakry.

Ces dernières semaines, plusieurs milliers de personnes en provenance de diverses villes du pays, notamment de la Haute Guinée, se sont rués vers Gaoual, où une mine d’or vient d’être découverte dans la sous-préfecture de Kounsitel.

Face à cette présence massive et aux risques que l’exploitation artisane représente, les autorités administratives ont décidé de fermer la mine jusqu’à nouvel ordre.   Une fermeture qui fâche à Gaoual, où certains autochtones soupçonnent une exploitation clandestine de la mine, par certains orpailleurs en complicités avec des agents qui surveillent la zone.  Excédés par le chômage et la pauvreté, ils appellent donc à la réouverture immédiate de la mine.

Par Mariam Bâ

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Grâce présidentielle pour quatre détenus politiques guinéens

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Quatre détenus politiques ont été graciés par le président Alpha Condé, durant ces cinq derniers jours.

Il s’agit d’abord de Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté, tous graciés dans la soirée de ce mardi, 22 juin 2021.

Opposant au troisième mandat d’Alpha Condé, les deux avaient été condamnés à un an d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens chacun, le 13 janvier dernier, par le tribunal de première instance de Dixinn.

Les deux autres sont,  Boubacar Diallo dit grenade et  Mamadi Condé, alias Madic 100 frontières, tous graciés vendredi dernier.

Il faut rappeler que Boubacar Diallo avait été condamné à 10 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 5 ans par la Cour d'Appel. Mais le 17 juin passé, il a demandé pardon au chef de l’Etat à travers une lettre.

Quant à Madic 100 frontières,  il avait été condamné  en première instance, à 5 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 100 millions de francs guinéens pour  « atteinte aux institutions de la République, téléchargement, diffusion et mise à la disposition des messages etc.) Mais après avoir demandé pardon à Alpha Condé, sa peine avait été  finalement réduite à un an d'emprisonnement ferme, le 10 juin dernier par la Cour d'Appel.

Il faut signaler que plusieurs autres militants et responsables de l’UFDG, le principal parti de l’opposition,  croupissent toujours sans jugement depuis plusieurs mois à la maison centrale de Conakry.

Par Mariam Bâ

 

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WIA Young Leaders annonce les lauréates de sa première promotion

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Paris, le 22 juin 2021 – L’initiative Women In Africa (WIA) a révélé aujourd’hui les membres de la première promotion du programme WIA Young Leaders. Élaboré en partenariat avec la Maison Dior, Huawei et la banque d’affaires Lazard, le programme Young Leaders vise à accompagner et mettre en avant le potentiel de leadership des jeunes femmes africaines.

Cynthia Adediran Aïssy, Directrice Générale de KeyOpsTech et de Fruitizz CI ; Meganne Lorraine Ceday Boho, Manager Relations Clients et Médias chez African Media Agency, Présidente de La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes ; Dr. Nassifatou Koko Tittikpina, Responsable de la restructuration du Laboratoire National de Contrôle Qualité des Médicaments ; Néné Maïga, Directrice de cabinet du DG d’Orange Middle East and Africa et Nyama Marvel Gusona, Consultante Internationale pour l’autonomisation des jeunes à l’UNICEF : voici les lauréates qui composent la première promotion des WIA Young Leaders, identifiées parmi plus de 2000 candidatures et sélectionnées après des entretiens individuels avec un jury composé de 15 personnalités internationales.

Ces 5 Young Leaders ont été sélectionnées pour leurs parcours impressionnants et prometteurs, pour leur capacité de leadership exemplaire, pour leur projet professionnel et de vie, et pour leur engagement en faveur de l’Afrique.

Toutes partagent les mêmes valeurs et la vision d’une Afrique innovante et inclusive, où le monde des affaires est intimement lié à l’impact social. Elles aspirent à devenir décisionnaires aux plus hauts niveaux d’entreprises et d’organisations publiques, avec l’humilité, l’empathie, et la résilience qui les caractérisent. Leur force de conviction, alliée à un goût pour le travail en équipe, font d’elles les prochaines grandes leaders du paysage panafricain.

WIA et ses partenaires Dior, Huawei et Lazard s’engagent à accompagner les lauréates à atteindre leurs objectifs ambitieux. Un suivi personnalisé sera mis en place pour permettre d’identifier les besoins individuels des Young Leaders et de répondre avec précision à la montée en compétences de chacune d’entre elles.

La partie présentielle du programme se déroulera à Paris. Au cours de leur séjour en France, les Young Leaders auront l’occasion de faire de nombreuses rencontres, essentielles au développement de leur réseau. Elles auront également l’opportunité exclusive d’être accueillies au sein des bureaux de Huawei et du tout nouveau siège de la banque d’affaires Lazard Paris. Un évènement virtuel sera enfin organisé au retour de ce voyage, afin de permettre à la toute première promotion Young Leaders de WIA de partager son expérience.

Grâce à ce programme, les 5 Young Leaders auront la possibilité de développer leurs compétences, mais aussi d’être mises en réseau, de découvrir de nouvelles organisations, de rencontrer des personnalités phares des mondes des affaires, de la politique et des médias.

Guinee28

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