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Tierno Monénembo – « L’État, c’est lui ! »

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À en croire les spécialistes, l'Afrique ne serait pas un monde habité, mais une longue suite de déficits : déficit sanitaire, déficit alimentaire, déficit énergétique, déficit d'écoles, de routes, de ports, de ponts… De ces innombrables déficits, il y en a un qui me paraît plus profond et plus pervers que tous les autres : le déficit institutionnel qui, hélas, ne préoccupe pas grand monde. Pourtant, nous aurions dû en faire notre cheval de bataille le lendemain des indépendances au plus tard sans attendre les considérations d'autrui, fût-il Tocqueville ou Obama.

De l'importance des institutions

Il va de soi que pour fonder une société, on commence par tracer le cadre juridique susceptible d'organiser les pouvoirs publics et de réguler la vie entre les individus. Au Mali, c'est ce qu'a fait Soundjata Keïta dans la plaine de Kouroukanfouga ; aux USA, la Convention de Philadelphie de 1787 et en France, l'Assemblée constituante de 1789. En Afrique, on s'est en général, contenté de copier hâtivement la puissance coloniale sans se soucier du contexte historique et culturel et surtout sans se prémunir des freins et des garde-fous indispensables. Cela a donné ces chiffons de papier, que dis-je, ces chemises de grossière cotonnade que nos guides bien-aimés se taillent à la mesure de leurs fantasmes, arborent ou brûlent selon le temps qu'il fait. Ce vide juridique sonne comme la béance de l'existence. Il nous nuit davantage que la lèpre, le scorbut et le sida.

En quête de Constitution

La Constitution est un acte sacré. Sacré, le mot est lâché ! La perte du sacré, le voilà, notre véritable drame ! Nous avons perdu le rite des Anciens, nous n'avons pas gagné le code moderne, celui logique et inviolable qui définit le droit de chacun et le devoir de tous. Résultat : un invivable entre-deux fait de désinvolture et d'improvisation dans lequel nos dirigeants peuvent à loisir manifester leur légèreté : légèreté d'âme, légèreté de pensée, légèreté de comportement. Une discipline de fer régissait la vie de nos chefs traditionnels allant parfois jusqu'à son aspect vestimentaire, alimentaire et sexuel. Quant aux dirigeants occidentaux, qu'ils s'appellent Trump ou Jupiter, ils ont une peur bleue des urnes, des robes noires et des gilets jaunes. Le dirigeant africain, lui, n'a peur de rien ni de personne. C'est le plus terrible de la planète. L'État, c'est lui ! Il a l'omnipotence de Louis XIV, la cruauté de Torquemada et parfois la démence de Néron et de Caligula. Le brouhaha électoral de ces dernières années ne saurait l'ébranler. Sous la tempête comme sous le vent du changement, il reste droit dans ses bottes. Les élections passent, lui, il reste.

Cette tribune a été publiée en premier par le site: lepoint.fr 

 1986 : Grand prix littéraire d'Afrique noire ex-aequo, pour Les Écailles du ciel ; 2008 : prix Renaudot pour Le Roi de Kahel ; 2012 : prix Erckmann-Chatrian et Grand prix du roman métis pour Le Terroriste noir ; 2013 : Grand prix Palatine et prix Ahmadou-Kourouma pour Le Terroriste noir ; 2017 : Grand prix de la francophonie pour l'ensemble de son œuvre.

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Guinée : les putschistes s’accrochent au pouvoir ( le monde)

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La Guinée refuse d’appliquer le blocus décrété contre son voisin malien par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a sanctionné, dimanche 9 janvier, les atermoiements des militaires au pouvoir à Bamako. A Conakry, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD, au pouvoir) assure que sa décision est en « conformité avec sa vision panafricaniste ». Un argument qui ne convainc pas grand monde et résonne davantage comme un geste de solidarité entre deux juntes, démocratiquement illégitimes et mises sous pression par la communauté internationale.

Une mission ouest-africaine est attendue à Conakry dans les prochains jours. La Guinée est, elle aussi, soumise à un régime de sanctions – assez légères – depuis le coup d’Etat du 5 septembre 2021 mené par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya contre le président Alpha Condé. Le pays a été suspendu des instances de la Cédéao. Des sanctions individuelles ont également été prises contre les putschistes et leurs familles (gel des avoirs financiers et interdiction de voyager).

Pour autant, le chef du CNRD tient tête à l’organisation régionale. Ces derniers mois, il a refusé la nomination d’un envoyé spécial et n’a toujours pas fourni de calendrier de transition, écartant de facto la période de six mois exigée par la Cédéao pour rendre le pouvoir aux civils. « Les lourdes sanctions internationales prises contre le Mali vont peut-être les faire réfléchir », avance Mamadou Aliou Barry, directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques.

« Les premiers signes d’une dérive autoritaire »

Le CNRD bénéficie toujours du soutien de la société civile et des organisations politiques locales. Parmi elles, la principale organisation, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, a applaudi des deux mains le coup de force des commandos de l’ancien légionnaire Mamady Doumbouya contre un président qui piétinait allègrement les jeunes institutions démocratiques du pays et jonglait dangereusement avec des arguments ethnocentrés.

Le parti de Cellou Dalein Diallo, qui recrute essentiellement au sein de la communauté peul, demande, comme toutes les autres formations « le retour à l’ordre constitutionnel », mais pas dans l’immédiat. « Dans un délai raisonnable de quinze mois depuis le coup d’Etat », a précisé le patron de l’UFDG. « Deux ans peuvent être également acceptables », concède un autre responsable joint au téléphone. Cette période serait nécessaire pour reconstruire les listes et la loi électorales, que l’ancien pouvoir était soupçonné d’avoir manipulées à son profit. L’objectif est d’organiser des scrutins législatifs et présidentiel libres, transparents et inclusifs.

A ce jour, la junte au pouvoir n’a fourni aucun élément permettant de connaître ses intentions réelles. « Depuis quatre mois, le CNRD a pris des décisions symboliques saluées par la population, mais il n’a posé ni calendrier ni aucun acte démontrant qu’il travaille à la transition politique », s’inquiète l’analyste Mamadou Aliou Barry. Moins diplomate, mais sous le couvert de l’anonymat, un dirigeant de la société civile croit, quant à lui, discerner chez Mamady Doumbouya « les premiers signes d’une dérive autoritaire et la volonté de s’éterniser au pouvoir ». Plusieurs décisions traduisent une concentration des pouvoirs entre ses mains et celles de quelques proches, parmi lesquels son secrétaire général à la présidence, le colonel Amara Camara, et le ministre de la défense, le général Sidiki Camara – surnommé « Idi Amin ».

« Gouvernement parallèle »

« Le gouvernement est pluriel, représentatif du pays, mais impuissant », ajoute un conseiller ministériel. « Ce mode de fonctionnement est inquiétant, mais il était malheureusement prévisible », regrette Abdourahmane Sano, le coordinateur du Front national de défense de la constitution (FNDC), une coalition d’organisations de la société civile. « On change les hommes, plus difficilement les systèmes », ajoute ce militant qui avait mené dans la rue la fronde contre Alpha Condé.

Les inquiétudes pointent à tel point que le cardinal Robert Sarah a livré, fin décembre 2021 à Conakry, une homélie aux accents étonnamment politiques. « Je supplie [Mamady Doumbouya], a-t-il dit, de ne jamais admettre un gouvernement parallèle qui opère de nuit pour produire des décrets et faire des nominations en catimini et les diffuser nuitamment. » Le prélat faisait référence à des décisions de la junte déjà prises en solitaire. L’une d’elles a conduit au départ de la ministre de la justice. D’autres ont provoqué l’incompréhension d’une partie de la population, comme celles réhabilitant l’ancien dictateur Ahmed Sékou Touré, dont le règne (1958-1984) est jalonné de milliers de morts d’opposants.

« Les relations entre le gouvernement et le grand chef sont parfois difficiles, et notre marge de manœuvre très étroite, explique un conseiller ministériel. L’état de grâce de la junte s’érode. Or, plus [le président] s’éternise au pouvoir, plus il deviendra comptable d’une situation économique et sociale déjà dramatique qui continue de se dégrader. C’est aussi pour cette raison qu’Alpha Condé est tombé. »

Christophe Châtelot ( Le monde)

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CAN : match nul entre la Guinée et le Sénégal

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Pas de vainqueur entre le Syli national de Guinée et les Lions du Sénégal, au stade omnisports de Baffoussam au Cameroun.

Les deux équipes ont fait match nul (0-0)  au compte de la deuxième journée du groupe B.

La Guinée et le Sénégal sont provisoirement 1e et 2e du groupe avec égalité des points, quatre chacun.

Par Guinee28

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Sanctions contre le Mali : l’opposition nigérienne appelle la Cédéao à reconsidérer sa position

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Les partis de l’opposition au Niger ont appelé, jeudi, à la levée des sanctions contre le Mali imposées par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) et l' Union économique et monétaire ouest-africaine ( Uemoa) .

« L'opposition politique nigérienne demande à la Cédéao et à l'Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) de reconsidérer leurs positions et d'accompagner le vaillant peuple malien qui n'a toujours aspiré, de par l'histoire récente et ancienne, qu'à la paix et à la prospérité", a indiqué ces partis dans un communiqué dont guinee28 détient copie.

L'opposition politique nigérienne estime que « les mesures d'isolement, de rétorsion économique et financière imposées aux peuples n'empêcheront jamais les interruptions des processus démocratiques tant que les dirigeants s'abstiendront à ne retenir de la démocratie que son volet électoral ».

A l’issue du sommet extraordinaire des dirigeants de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui s'est tenu le 9 janvier, des sanctions « très dures » ont été adoptées en raison du non-respect par la junte au pouvoir au Mali de l'échéance de février pour organiser des élections et ramener les civils au pouvoir.

Parmi elles : la fermeture des frontières entre le Mali et les pays membres de la Cédéao, le gel des actifs maliens au sein de la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest, la suspension des transactions sauf pour les produits de première nécessité et pharmaceutiques, Coupure des aides financières et rappel des ambassadeurs des pays membres au Mali etc.

Par Ibrahim Bangoura

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