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Tierno Monénembo : le ventre d’un intellectuel guinéen est dix fois plus curieux que sa tête !

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L’intellectuel guinéen a un gros problème : son ventre est dix fois plus curieux que sa tête. Préoccupé de belle maison et de bonne  bouffe, de bolides et de blazers, englué jusqu’au cou dans le plus sordide des quotidiens, notre bonhomme a définitivement déserté le champ historique et culturel. Ce qui laisse la porte grandement ouverte aux  crétins et aux fripouilles. Est-ce bien malin que de se faire guider par plus petit, plus vil et plus ignorant que soi ?

Vous l’avez compris : tous les malheurs de ce pays viennent de lui. Si, dès le début, il avait pris ses responsabilités, la Guinée aurait été tout autre. Et comme notre pays est une espèce de Balnibarbi (ce pays fictif et mal fichu, imaginé par Jonathan Swift) où l’on passe son temps à dire la même chose et à répéter les mêmes gestes bref, à commettre les mêmes erreurs,  rien ne dit que le passé est derrière nous. Pour que le passé passe, il faut un minimum de rupture. Or, de rupture, il n’y en a point eu. Nos grosses têtes d’aujourd’hui ressemblent point par point à celles d’hier. Le même manque d’idéalisme, la même paresse d’esprit, le même individualisme, le même carriérisme, le même culte fanatique du quotidien, la même inguérissable naïveté ! A chaque fois que je pense à nos regrettés, brillants et prestigieux martyrs du camp Boiro, me revient en tête ce vers du poète turc, Nazim Hikmet :

« …tu es comme le mouton et quand le bourreau habillé de ta peau quand le bourreau lève son bâton tu te hâtes de rentrer dans le troupeau et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier… »

Parfois, je sens dans l’air quelque chose qui rappelle l’odeur sulfureuse des années Sékou Touré, 1967 en particulier.  Ce fut cette année-là que notre sanguinaire « Responsable Suprême »réussit à concentrer tous les pouvoirs dans ses mains : après la chefferie traditionnelle, les partis d’opposition, les syndicats, l’armée, elle aussi passe à la trappe. C’est exactement ce qui se répète aujourd’hui : Alpha Condé est devenu aussi puissant que le Sékou Touré de 1967. Que nous réserve-t-il : un nouveau Camp Boiro ou carrément un Auschwitz voire un Buchenwald  pour engloutir à son tour ce qui nous reste de roseaux pensants ? Faudrait-il dans ce cas, rouler dans la poussière et verser des larmes de sang ? Je ne le pense pas. Les intellectuels de ce pays (de l’Afrique, plus généralement) ne sont pas  des victimes pures et simples, ce sont les complices actifs de leur propre anéantissement. Le monde est foutu quand les grands clercs plient sous le charme de la démagogie et ajoutent leur voix au bruit étourdissant de la vox populi. Penser, c’est garder à tout moment, en toute circonstance, un autre son de cloche !

Pourquoi d’après vous, les Indépendances africaines si chèrement acquises sont très vite devenues des usines à broyer des Nègres ? Tout simplement parce l’intellectuel africain (guinéen, en l‘occurrence) a renoncé au principe-même qui fait qu’un intellectuel est un intellectuel : l’esprit critique. Cette propriété qui porte les deux valeurs essentielles de la pensée : la lucidité et la liberté.

Nos intellectuels ont-ils été lucides ? Nos intellectuels ont-ils été libres ?

Critiquer les conneries du Blanc, c’était bien et même très bien mais cela ne pouvait suffire. Il fallait aussi et dès le début, critiquer nos propres conneries. Je vous assure que si dès le 3 Octobre 1958, Aimé Césaire, Cheik Anta Diop, Ki-Zerbo avaient mis le holà, Sékou Touré n’aurait pas osé faire ce qu’il a fait.

Le rôle d’une élite, c’est de tirer la société vers le haut. Et cela n’est possible que si elle se prémunit de la médiocrité et garde comme un inestimable trésor, son libre-arbitre. Le rôle d’une élite ce n’est pas de revendre des parcelles et d’amasser des dollars ; de spéculer sur le diamant ou de vendre des clous rouillés,  c’est de produire des idées fortes et des émotions saines, bref de galvaniser le peuple, de lui donner de quoi se projeter dans l’avenir en toute lucidité et en confiance. Si la dictature se perpétue dans ce pays, c’est à cause du manque cruel de parapets, de garde-fous, de contre-pouvoirs. Et il va de soi que le premier moyen de résistance est d’ordre mental ; il va de soi que le  premier contre-pouvoir est d’ordre intellectuel. La dictature reculera dans ce pays le jour où les intellectuels se réveilleront, le jour où ils se réconcilieront avec les notions d’idéal (c’est le plus beau des rêves, l’idéal !), de solidarité,  d’indépendance d’esprit et de débat d’idées.

Que nos intellectuels ne se leurrent pas : Sékou Touré, Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté et Alpha Condé ont trouvé leur raison d’être et leur force dans leur laxisme ou dans leur opportunisme. Qu’ils sachent bien qu’en cas de grabuge, aujourd’hui comme hier, ils seront les premiers à remplir les prisons et les tombes.

Tierno Monénembo

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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Kaporo-rails : les femmes victimes demandent l’arrêt des travaux de la société IMAAG-HOLDING

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Dans une déclaration lue ce samedi, les femmes victimes du déguerpissement de  Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ont exigé l’arrêt des travaux de la société IMAAG-HOLDING.

Déclaration :

En ce jour du 23 octobre 2021, pour la première fois depuis la casse de nos propriétés à  Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse nous, femmes victimes de cette injustice venons exprimer à travers cette mobilisation notre cris de détresse.

Nous remercions Dieu pour l’avènement du CNRD qui promet la justice et l’espoir.

Mais, ceux qui, usant de la violence d’Etat, nous ont dépossédés de nos biens naviguent toujours dans les hautes sphères de l’administrions.  Pire, ils se moquettent de l’engagement des autorités décidées à faire la lumière sur la gouvernance passée. Ils sont décidés à vendre nos terres à des étrangers et d’autres Guinéens riches.

La société ivoirienne IMAAG-HOLDING travaille sur le terrain sans inquiétude. Elle exploite cette cour qui est derrière nous ainsi qu’une autre centrale à béton. Tous les jours, des camions et machines sont en mouvement.

Cela est inacceptable. C’est une moquerie à notre douleur. Nous demandons instamment aux autorités de mettre un terme à ces transactions, illégales et immorales.

Si nous voulons la reconstruction d’une Guinée viable, la vérité et la justice doivent nous guider. Les autorités militaires ont l’obligation morale et légale de remédier aux problèmes créés par Ibrahima Kourouma sur instruction de son maître Alpha Condé.

Le dossier Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse est simple. Il s’agit pour l’Etat de reconnaître les crimes commis par Alpha Condé, de mettre en place un plan de restitution et de dédommagement des propriétaires, et surtout d’ouvrir des enquêtes sur cette tragédie afin de punir les coupables. Ceci en conformité avec les textes légaux.

Les opérations de ventes illégales de nos terrains constituent une entreprise de fraude qui va enrichir des éléments de l’administration. Elles vont compliquer un dossier simple à régler.

Les femmes de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse saisissent l’occasion pour rappeler qu’elles et leurs familles ont été victimes de toutes sortes d’humiliation par le régime d’Alpha Condé. Outre les démolitions de nos propriétés, nous avons été brutalisées, insultées et jetées dans la rue comme des étrangères. 3 mille 641  enfants de Kaporo-rails ont été privés de leurs droits dont celui d’aller à l’école. Nos vies ont été détruites. Des familles vivent de façon précaire dans Conakry, Coyah ou Dubréka. Le plus souvent, certaines d’entre nous sont séparées de nos enfants et de nos maris faute de moyens. Nous avons survécu depuis plus de deux ans dans une Guinée où le plus fort écrasait le plus faible.

Des époux qui ont servi la République sont morts en laissant des centaines de veuves avec leurs enfants sans assistance. Le désespoir pousse certains de nos enfants à s’exiler en bravant l’océan. On a enregistré plusieurs décès dans la Mer Méditerranée.

Nous venons interpeller publiquement le Président Mamadi Doumbouya, et lui signifier que nul n’a le droit d’être traité comme nous l’avons été.  Nous voudrions pour terminer rappeler que les victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ont déposé un mémorandum au CNRD et ont sollicité une audience avec le Chef de l’Etat. Nous restons toujours dans l’attente d’une rencontre qui permettra au Président Doumbouya de mieux comprendre les injustices dont nous avons été l’objet.

Nous espérons que ce mémorandum facilitera les démarches pour la réparation des injustices de Kaporo-Rails.

Je vous remercie !

Conakry le 23 octobre 2021

Les femmes du Collectif

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Bakary Keita au maire de Ratoma : « vos actions sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane »

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Le mort de Souleymane Diallo, universitaire et administrateur du marché de Taouyah, dont le corps a été retrouvé suspendu dans un arbre dans  la matinée de ce 22 octobre, à son domicile à Koloma, laisse ses proches dans l’émoi. Mais au-delà- de l’émotion certains comme Mohamed Bakary Keita, secrétaire national de la jeunesse de l'UFDG, pense que ses relations « inamicales » entre le maire de Ratoma Issa Soumah, et lui serait l’une des raisons de son acte. « Sans nul doute, vos actions néfastes sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane », écrit M. Keita dans une lettre ouverte. Lettre dans laquelle il décrit le maire comme quelqu’un de méprisant vis à vis de ses collaborateurs et des citoyens de la commune qui l’ont pourtant porté à la tête de Ratoma.   

Lisez :  

Lettre ouverte à Monsieur Issa Soumah, Maire de la commune de Ratoma

Si j'ai pris le soin de vous adresser cette lettre ouverte, c'est que je le fais en tant que citoyen guinéen. Je ne m'adresse pas à vous en qualité de secrétaire national de la jeunesse de l'UFDG; au sein du parti, il existe des canaux de communication. Comme je ne parle d'un sujet  afférent au parti, alors je vous interpelle. Je pourrais faire allusion à ce que nous avons en commun, le parti et ses valeurs , mais ces évocations ne servent qu'à vous rappeler ce que vous savez du sujet que j'aborde et  que vous pourriez avoir sur votre conscience.

Monsieur le Maire,  un de vos collaborateurs, Monsieur  Souleymane Diallo, nommé par vous-même comme administrateur du marché de Taouyah s'est donné la mort par pendaison.  Il était membre du parti, le même que vous : l'UFDG. Il fut un des membres du comité de soutien à votre élection à l'exécutif communal de Ratoma. Il  était chargé de cours dans les universités privées. Il était d'un engagement sans faille quand il s'agissait de défendre les valeurs du parti.  Alors, il ne se demandait pas s'il y avait à gagner pour son compte dès lors  que les  intérêts du parti étaient en jeu.  Il était l'un des huit jeunes du parti qui avaient été arrêtés devant le Ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation alors qu'ils protestaient contre l'annulation de la victoire de M. Kalemodou Yansané à l'éxecutif  communal de Matoto par M. Bourema Condé.  Alors que 500 jeunes du parti avaient été annoncés à cette manifestation  pacifique, seulement 39 avaient répondu à l'appel. Souleymane Diallo était  dans les premières lignes. Il y fut arrêté avec moi et mis en prison de nombreuses semaines.

Monsieur le Maire,

Après que vous l'avez nommé administrateur du marché de Taouyah, vous l'avez dépouillé de toutes ses prérogatives au profit de vos amis. Il était réduit à néant et vivait un grand désespoir qu'il a tu et qui s'est exprimé par le drame affreux qui en a résulté.

Monsieur le Maire, derrière le suicide, se cache un message, celui de la préférence de la mort souvent violente et imminente à sa condition. Quel triste message ! Les raisons d'un tel choix doivent être  identifiées, compris pour qu'il ne se perpétue pas. Le suicide n'est pas un acte anodin.

Monsieur le Maire, un collaborateur dont les prérogatives ne valent rien que le titre, qui n'a pas accès à celui qui le nomme, qui n'est pas écouté par ses collaborateurs, qui se sent méprisé et inutile vit un calvaire qu'il finit par gravir.

Sans nul doute, vos actions néfastes sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane.  Quelles que fussent les raisons pour lesquelles  il s'est donné la mort, le Maire que vous êtes aurait dû se rendre dans sa famille pour lui exprimer votre compassion. Il fut votre collaborateur, un de vos  grands soutiens,  un membre de votre parti politique,  un citoyen de votre commune. En vous refusant  toute présence dans sa famille pour y présenter vos condoléances, vous montrez le mépris que vous n'avez cessé d'avoir à son égard.  Ce ne serait pas trop si je vous dis que vous méprisez la jeunesse de l'UFDG et celle de la commune que vous dirigez. Nul  besoin de vous rappeler que Souleymane Diallo était aussi un membre actif du CNJ-UFDG, du bureau fédéral de Ratoma 1 et un citoyen respecté de Ratoma pour son éducation. Au-delà de sa personne, il faudra admettre que vous méprisez les jeunes et êtes indifférent à ce qui les touche et insensible à l'épreuve qui frappe vos collaborateurs. Votre acte est inhumain et montre que vous n'êtes pas attentif aux cris de cœur de ceux placés sous votre administration.

Monsieur le Maire,

Comment avez-vous pu ne pas être affecté par ce drame ? Comment avez-vous pu être insensible à la mort tragique de Souleymane que vous connaissez bien et qui vous a toujours renouvelé son soutien ?

J'espère que l'UFDG en tirera toutes les conséquences. Il est évident qu'il existe un fossé entre vous et les citoyens de votre commune. Pour la prochaine élection communale, il serait souhaitable de ne plus préférer Monsieur Issa Soumah aux jeunes du parti de Ratoma dont les compétences, valeurs humaines sont indéniables et surpassent celles du présent Maire. Comme il est méprisant vis-à-vis de la jeunesse du parti, insensible à ses peines, alors nous lui rendrons la pièce de sa monnaie.

Si je me suis résolu à rédiger cette lettre ouverte, c'est que je veux rester fidèle aux valeurs pour la défense desquelles je me suis engagé en politique. Si j'ai choisi de m'engager auprès du Président Cellou Dalein Diallo et que je me bats pour qu'il soit Président de la Guinée, c'est que j'ai la ferme conviction qu'il sera le Président de la réconciliation nationale,  du décollage  économique de notre pays, de la justice et surtout de la défense humaine. J'ai toujours trouvé en lui un homme plein d'humanité et de compassion envers tous, même ceux qui le combattent injustement. Quand un de ceux à qui il a placé sa confiance et que nous avons défendu la candidature manque d'humanité envers un des jeunes du parti, un de ses collaborateurs, membre de la structure juvénile du parti, alors  un sentiment d'indignation m'envahit. C'est celui-là que j'ai bien voulu exprimer dans cette lettre ouverte  qui est une invite à la compassion, à la gratitude et aussi à l'humanité autant de valeurs qu'enseignent le Président Cellou Dalein Diallo.

Mohamed Bakary Keita

Citoyen et ami de notre regretté Souleymane Diallo.

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Bruxelles : Cellou Dalein Diallo plaide pour un soutien de l’UE à la transition

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Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) séjourne depuis quelques jours à Bruxelles, en Belgique.

Cellou Dalein Diallo a saisi cette opportunité pour échanger avec Bernard Quentin, Directeur Afrique et Directeur général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) assisté de son collaborateur Roberto Olmi et de Madame Marie Shand, Responsable de la coopération internationale de la Commission européenne.  Echange au cours de laquelle, il a plaidé pour un soutien appuyé de l’Union européenne en faveur de la transition guinéenne. Transition entamée depuis le 05 septembre, jour de la chute d’Alpha Condé, renversé par un coup d’Etat militaire mené par le colonel Mamady Doumbouya.

« J’ai saisi cette opportunité pour expliquer que l’ordre constitutionnel était déjà rompu en Guinée depuis le double scrutin du 22 mars et le hold-up électoral du 18 octobre 2020. C’est pourquoi j’ai défendu que l’intervention de l’armée doit être considérée comme un premier pas vers le retour à l’ordre constitutionnel avant de plaider plutôt pour un renforcement de la coopération avec la Guinée et surtout un soutien appuyé de l’UE à la transition ».

Par Ibrahim Sylla

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