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RDC : révélation des réseaux qui détruisent secrètement les forêts

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Au moment où la France s'apprête à soutenir l’expansion de l'exploitation industrielle de la forêt tropicale congolaise, une nouvelle investigation révèle les illégalités systémiques de l’exploitation industrielle commises par une grande entreprise européenne.

Alors que la France reçoit les gouvernements européens à l'occasion d'un important sommet sur la déforestation, Global Witness révèle que la société européenne Norsudtimber, plus grand propriétaire de concessions forestières en République Démocratique du Congo (RDC), opère illégalement sur 90 % de ses sites.

La France est le deuxième importateur européen de bois prélevé illégalement par Norsudtimber en RDC.

L'ONG anti-corruption Global Witness appelle la France à retirer la proposition faite par l'Agence française de développement (AFD) qui financerait une expansion de l'exploitation industrielle de la forêt tropicale de la RDC et à soutenir les entreprises émettrices de CO2 et non respectueuses de la loi dont Norsudtimber. La France doit aussi prendre des mesures coercitives contre le commerce illégal du bois en application du Règlement sur le Bois de l'Union Européenne (RBUE).

L'expansion de l'exploitation industrielle de la forêt tropicale de RDC pourrait générer 35 millions de tonnes de CO2 par an, en contradiction directe des objectifs climatiques internationaux et des engagements de la France en matière de protection des forêts.

Global Witness révèle aujourd’hui de nouvelles informations choquantes selon lesquelles une grande entreprise commerciale européenne exploite illégalement la forêt tropicale en RDC. Au même moment la France s'apprête à financer une expansion de l'exploitation forestière industrielle via un nouveau programme promu par son agence de développement.

Après deux années d'enquête, l'ONG révèle que Norsudtimber, plus grand propriétaire de concessions forestières en RDC, opère illégalement sur 90 % de ses sites, soit une superficie proche de 40 000 km2. Près de 60 % du bois exporté par cette entreprise provient d'essences vulnérables ou en voie de disparition. Le démenti de Norsudtimber est inclus dans le rapport et suggère que le gouvernement congolais cautionnerait certaines illégalités commises.

Malgré cet état de fait, l'AFD propose un programme de 18 millions de dollars US qui appuierait en partie l'expansion de l'exploitation forestière, à l’encontre des objectifs de protection du climat et de la forêt. Le programme soutiendrait également des sociétés telles que Norsudtimber et Cotrefor. Cotrefor a déjà été pointée du doigt en raison de ses liens avec des individus soumis à des sanctions contre le terrorisme.

Alors que les fonds dédiés aux programmes pour les forêts de la RDC sont temporairement gelés, la France espère lancer le programme de l'AFD dès que le gouvernement congolais remplira certaines conditions. Ces fonds sont notamment issus de la participation française à l'Initiative sur les forêts d'Afrique centrale (CAFI).

Le rapport intitulé « Echec Total du Système » montre comment un réseau mondial opaque, composé de paradis fiscaux et de sociétés écrans domiciliées au Liechtenstein, à Dubaï et à Hong Kong, facilite ce commerce illégal à l’échelle internationale tout en gardant les trois frères portugais, dirigeants de Norsudtimber, à l'abri des contrôles.

Au sein de l’UE, la France est le deuxième importateur de bois tropical et le deuxième importateur européen de bois prélevé illégalement par Norsudtimber entre 2013 et 2017. De fait, elle n'applique pas le Règlement sur le Bois de l'Union Européenne pour mettre un terme aux importations illégales de bois. Selon la dernière étude de l'UE, elle n'a effectué que 14 contrôles auprès d'entreprises et n'a procédé à aucune action coercitive sur une période de six mois en 2017.

Les concessions de Norsudtimber comptent plus de 20 000 km2 de paysages forestiers intacts, habitats précieux des communautés autochtones, jusqu'ici épargnés par l'exploitation industrielle.

78% des exportations étaient destinées à la Chine et au Vietnam entre 2013 et 2017, 11 % étaient destinées à l'Europe, dont la majorité au Portugal et à la France.

La Chine et le Vietnam n’ont pas de législation contre les importations de bois illégal, tandis que la France et le Portugal ont une application laxiste du RBUE.

Selon Jules Caron, chargé de campagne de Global Witness:

« Norsudtimber coupe illégalement la forêt tropicale en RDC et en tire profit grâce à une structure commerciale opaque reposant sur des paradis fiscaux. Il n'est pas surprenant que la loi soit bafouée en RDC, mais il est choquant que la France fasse si peu pour mettre un terme à ses importations de bois illégal et de surcroît que sa propre agence de développement fasse la promotion de l'exploitation industrielle et compte soutenir les activités de cette entreprise. »

« La France vante souvent ses engagements en matière environnementale sur la scène mondiale, mais la politique de l'AFD en RDC est tout sauf durable. Alors que le pays accueille un important sommet sur la déforestation, il doit faire preuve de son engagement contre le changement climatique et annoncer que la France ne soutiendra pas l'expansion de l'exploitation industrielle, au Congo ou ailleurs. »

« Il n'est pas trop tard pour stopper des entreprises comme Norsudtimber dans leur élan, ni pour empêcher la destruction d‘une forêt tropicale essentielle à la protection de la planète.

« La France doit immédiatement retirer ce nouveau programme de l'AFD, dans la mesure où il soutient des entreprises comme Norsudtimber qui émettent des tonnes de CO2 et comme Cotrefor sont liées à des individus visés par des sanctions contre le terrorisme. »

Selon Eva Joly, députée européenne Europe Ecologie/Les Verts:

« Les révélations du dernier rapport de Global Witness sur l'exploitation forestière illégale en République Démocratique du Congo sont particulièrement inquiétantes. Si le président Macron entend réellement "make our planet great again" et lutter contre les changements climatiques, il doit stopper tout financement de l'exploitation industrielle de la plus grande forêt tropicale intacte d'Afrique. »

« Comme le démontre Global Witness dans son dernier rapport, les dommages environnementaux causés par l'exploitation illégale massive ont des conséquences énormes d’abord sur ceux qui vivent en République démocratique du Congo, mais aussi sur le climat mondial. La France et la Norvège doivent garantir qu'elles ne jouent aucun rôle dans l'expansion de l'exploitation forestière industrielle en RDC, que ce soit via les programmes de financement ou via les importations. »

Guinee28

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Après la levée des sanctions, le Mali remercie le colonel Doumbouya

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La junte malienne s’est félicitée lundi de la levée des sanctions « illégales et inhumaines » imposées par la Cedeao en janvier dernier. Bamako a également remercié le président de la transition guinéenne pour avoir permis au Mali de contourner l’embargo de l’organisation ouest-africaine.      

« Le Mali n’oubliera pas la solidarité agissante de SE le colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition, chef de l’Etat dd la République de Guinée, qui conscient de la profondeur des liens séculaires de fraternité qui unissent nos deux peuples, a pris la décision courageuse de permettre au Mali d’avoir une ouverture sur le monde à partir de ses ports », a déclaré le colonel Abdoulaye Maiga, ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation dans un communiqué.

Par Guinee28

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Transition : l’ultimatum de la Cedeao à la junte guinéenne

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Si la Guinée a, une nouvelle fois, échappé aux sanctions de la Cedeao, le pays reste sous la menace des dirigeants ouest-africains qui donnent aux autorités guinéennes au plus tard le 1er août 2022, pour parvenir à un calendrier de transition acceptable pour la transition. Passé ce délai, des sanctions économiques et financières seront appliquées ainsi que des sanctions ciblées, préviennent-t-ils à l’issue du 61ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao qui s’est tenu  dimanche 03 juillet à Accra, au Ghana.

Ci-dessous  l’extrait du Communiqué final  du sommet sur la Guinée.

« - Sur la Guinée, les Chefs d’Etat et de gouvernement réitèrent leur position en jugeant  que le  calendrier de transition de 36 mois annoncé par les Autorités guinéennes est  inacceptable.

  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement prennent acte de la décision des autorités de transition d’ouvrir un dialogue national qui a débuté le lundi 27 juin 2022 sous l’égide du Premier ministre.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement prennent acte de la démission du Dr Mohammed Ibn Chambas en tant que Médiateur de la CEDEAO en Guinée. En conséquence, les Chefs d’Etat et de gouvernement  nomment  Son Excellence  Yayi BONI, ancien Président de la République du Bénin en tant que nouveau Médiateur de la CEDEAO en Guinée.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement demandent  au Médiateur de travailler avec les Autorités de transition pour parvenir à un calendrier de transition acceptable pour la transition au plus tard le 1er août 2022. Passé ce délai, des sanctions économiques et financières seront appliquées ainsi que des sanctions ciblées
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement décident de maintenir la suspension de la Guinée de tous les organes de décision de la CEDEAO.
  • Les Chefs d’Etat et de gouvernement décident de rester saisis de la situation au Burkina Faso, en Guinée et au Mali. »

Par Mariam Bâ

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Simandou : la junte ordonne l’arrêt immédiat des activités

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La junte au pouvoir en Guinée a décidé d’arrêter  toutes les activités relatives au projet Simandou, à compter de ce lundi 4 juillet 2022.

Dans un courrier adressé à la directrice générale du consortium Winning et au Directeur général de SIMFER S.A, le ministre des Mines et de la Géologie, Moussa Magassouba, regrette le ‘’ manque de volonté’’ de ces deux sociétés à privilégier un partenariat gagnant-gagnant, nécessaire au co-développement du projet Simandou tel que consacré dans l’accord cadre du 25 mars dernier, dit-il.

« L’inertie que vous entretenez autour de la formulation des modalités de la participation de l’Etat dans le capital social de la coentreprise compromet dangereusement la mise en œuvre effective du projet dans l’intérêt supérieur des parties prenantes », dénonce-t-il.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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