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Prorogation du mandat des députés : réaction de la Cellule Balai Citoyen

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La Cellule Balai Citoyen vient de réagir suite au décret présidentiel prorogeant le mandat des députés jusqu’à l’installation de la nouvelle Assemblée nationale. Dans communiqué, cette plate forme de la société civile s’est dite engagée à ne plus reconnaître la légalité et la légitimé des parlementaires guinéens à partir du 13 janvier 2019.

Voici l’intégralité du communiqué :

La Cellule Balai Citoyen s’engage à ne plus reconnaitre la légalité et la légitimité des députés de l’Assemblée Nationale à partir du 13 janvier 2019 et voit ses doutes se renforcer davantage sur les démarches obscures de la Cour Constitutionnelle face à de tels agissements qui méprisent les lois de la République sur son dernier avis à la requête du Président de la République ».

La Constitution de la République regorge de principes et lois sacrés et inviolables. Le respect et l’application de ces lois doivent être en principe garantis et assurés par les institutions de la république en tout temps et dans toutes les circonstances. La Cellule Balai Citoyen a pris acte du décret du Président de la République et de l’avis de la Cour Constitutionnelle portant sur la prorogation du mandat des députés de la république au-delà des périodes légales indiquées par la loi.

Elle précise d’abord que pour ce qui est de la durée légale du mandat des députés l’article 60 de la constitution a été clair en stipulant que : « les députés sont élus au suffrage universel pour une durée de cinq ans et l’exception ne pourrait intervenir dans ce domaine qu’en cas de dissolution… » Ce qui en principe mettait fin au mandat des députés le 12 janvier 2019.

Sur l’avis de la Cour Constitutionnelle concernant la prorogation du mandat des députés de la République, la Cellule Balai Citoyen relève quelques manquements et incohérences car il n’indique pas les mesures à prendre par le chef de l’Etat et ne clarifie pas la forme des mesures par rapport au problème qui se pose sur la fin du mandat des députés.

Concernant le décret pris par le Président de la République, la Cellule Balai Citoyen relève qu’il consacre de facto le glissement du mandat des députés, ce qui est contraire à l’esprit de l’article 60 de la Constitution Guinéenne.

Ainsi, face au danger que ces mesures peuvent représenter pour la Paix et la Stabilité Sociale, le Balai Citoyen appelle les autorités au plus haut niveau à prendre toutes les dispositions nécessaires pour le respect et l’application pure et simple des prévisions juridiques Constitutionnelle et électorale dans leur effectivité et met en garde contre les conséquences de violations répétées des lois de la République.

Enfin, La Cellule Balai Citoyen réitère son attachement indéfectible au respect strict et à l’application des lois qui régissent les Institutions de la République car la force d’une nation dépend de celle qui caractérise ses Institutions.

Conakry, 11 Janvier 2019 23 : 30 minutes

Secrétariat Administratif

Kabinet Doumbouya   

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Crise guinéenne: le médiateur Boni Yayi de retour à Conakry

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Le médiateur de la CEDEAO en Guinée, Boni Yayi sera de retour à Conakry la semaine prochaine pour la suite de sa mission qu'il a entamé en fin juillet dernier.

Son retour en Guinée intervient alors que la situation politique reste tendue, surtout depuis l'annonce de la dissolution du FNDC par la junte, dissolution aussi dénoncée et rejetée par le front lui même, mais aussi par les acteurs politiques et des Organisations nationales et internationales.

Pour réussir sa mission, le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu TOURAY,  invite le Gouvernement de la transition, la classe politique et la société  civile guinéenne à soutenir et travailler avec l'ancien président béninois durant son séjour.

Récemment, le président en exercice de la Cédéao, Umaru Cissoko Embalo, avait annoncé avoir convaincu le chef de la junte, le colonel Mamadi Doumbouya, de ramener la durée de la transition à 24 mois, mais ce dernier a indiqué la semaine dernière qu'il n'acceptera aucune injonction sur le calendrier de la transition, une manière de démentir le président Bissau guinéen.

La CEDEAO rejete le calendrier de trois ans fixé par la junte et exige un chronogramme consesuel et plus court, sans quoi, elle menace de sanctionner les dirigeants de la transition.

Par Alpha Abdoulaye Diallo 

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Guinée : les bourses des militaires en hausse de 100%, celles des étudiants augmentées

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Dans un décret lu à la télévision nationale, vendredi 12 août, le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a revu à la hausse les compléments des bourses des militaires.

Initialement fixés à 60 USD par mois, désormais, ils passent à 120 USD par mois, soit une augmentation de 100%. La décision entre en vigueur à partir du 1er septembre prochain.

Dans un autre décret, le chef de la junte a aussi augmenté la bourse des étudiants. Désormais, elle est fixée à 100.000gnf pour la première année, 200.000gnf pour la deuxième année, 300 000 gnf pour la troisième année, 400 000 gnf pour la quatrième année et 500 000 gnf pour la cinquième, sixième et septième année .

Pour la bourse extérieure, elle passe à 120 dollars pour les étudiants de l'enseignement supérieur et 80 dollars pour ceux de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Pour les bourses d’études d’entretien d’excellence, les montants sont :  Licence: 500 000 francs guinéens ; Master: 1 000 000 francs guinéens; Doctorat: 1 5000 000 francs guinéens.

Par Mariam Bâ 

 

 

 

 

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L’exception sénégalaise ! (Par Tierno Monénembo)

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Macky Sall, à son tour,  succombera-t-il à la funeste tentation du troisième mandat, comme on lui en prête l’intention ou son échec relatif aux législatives finira-t-il par l’en dissuader ? Le proche avenir le dira.

S’il s’en va à la fin de son mandat, nous pousserons tous un grand ouf de soulagement. Sinon, cela ne nous inquiétera pas outre mesure car son coup de force institutionnel n’aurait aucune chance de passer. Nous sommes au Sénégal, le pays du lettré Senghor. Dans cette société tout en subtilités et en nuances, les différences ne sont pas conflictuelles et les contradictions, pas forcément mortelles. C’est un corps sain, disposant des anticorps qu’il faut pour résister aux virus qui empoisonnent la vie politique de ses voisins : coup d’Etat, troisième mandat, parti unique, guerre de clan ou de religion.

 

Non, l’exception sénégalaise n’est pas une fiction. François Hollande se voulait un « président normal », eh bien, le Sénégal peut  être traité de « pays normal », c’est-à-dire d’une terre à la  singularité presque miraculeuse dans le sordide contexte que l’on sait. C’est vrai que les trains n’y arrivent pas à l’heure, puisqu’ils sont souvent en panne quand ils existent. C’est vrai que les éboueurs ne passent pas tout le temps mais les facteurs sont à l’œuvre, le courrier arrive à destination. C’est vrai que parfois, le débat politique s’enflamme et les grèves deviennent dures mais dans l’ensemble, la courtoisie régnant partout -même chez les flics !-,  le climat social est agréable.

 

Si l’Etat sénégalais n’est pas parfait, il a au moins le mérite d’exister. Ici, contrairement à la Guinée par exemple, on a le sens de l’institution et le respect de la procédure. Le formalisme, le principe de base de l’Etat est la règle, ce qui fait qu’en toute circonstance, l’administration assure le service minimum. Rien d’étonnant à cela : ce pays n’a jamais connu de dirigeant catastrophique. S’ils n’ont pas réalisé des prouesses économiques, tous ceux qui se sont succédé à sa tête ont veillé à favoriser l’instruction, à respecter la vie humaine, à préserver la trame sociale et à protéger les élites.

 

Le Sénégal est sans doute, le pays le moins réprimé d’Afrique.  Cela donne cette société intelligente où les forces vives sont intactes physiquement aussi bien que mentalement. En cas de danger, les prêtres, les marabouts, les écrivains, les médecins, les avocats ont le réflexe de tous sortir du bois pour éviter la dérive. Le pays de Birago Diop et de Cheikh Hamidou Kane ne tombe jamais dans le fossé, il tient la route malgré les énormes défis économiques et sociaux qui jonchent son chemin.

 

Voilà ce que Senghor avait répondu à Ahmadou Ahidjo quand celui-ci lui avait confié son intention de quitter, à son instar, volontairement le pouvoir et de le céder à Paul Biya : « Faites attention, Monsieur Le Président. Le Cameroun, ce n’est pas le Sénégal. »  La Guinée, non plus n’est pas le Sénégal, est-on tenté d’ajouter. Impossible d’imaginer un troisième mandat suivi d’un coup d’Etat militaire, à Dakar ! Dans un pays où les Généraux quand ils ne sont pas philosophes, sont juristes ou  historiens, à 20 comme à 67 ans, nul ne peut commencer une carrière de dictateur.

Tierno Monénembo, in Le Point

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