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Politique

Plus d’électeurs dans le fief d’Alpha Condé : une « bizarrerie » statistique ?

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La Cour constitutionnelle guinéenne a validé samedi la réélection au premier tour du président sortant Alpha Condé. La partie avait été bien plus serrée il y a cinq ans. Quelles sont les régions où le président sortant est parvenu à gagner des voix ? Comment lui et son grand rival, Cellou Dalein Diallo, ont-ils laminé leurs adversaires ? Analyse.

Alpha Condé avait fait le pari d’ « un coup KO » – une victoire dès le premier tour. Le président sortant a gagné son pari en remportant 57,84 % des voix au soir du 11 octobre, selon la Cour constitutionnelle qui a très légèrement amendé les résultats provisoires publiés le 17 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). « C’est la prime au sortant », disent ses partisans, qui soulignent ses réussites, notamment l’alimentation électrique de grandes agglomérations comme Conakry. Mais vu son score au premier tour de 2010 (18,25 % des voix), l’opposition ne croit pas que cette progression de quelque 40 points soit possible sans une fraude à grande échelle. D’où la question : fraude ou pas fraude ?

« Lorsque, dans une élection, le président de la Commission électorale décide que tout détenteur de carte électorale peut voter, avec ou sans enveloppe, en violation du code électoral, le caractère illégal du scrutin saute aux yeux », déclare le numéro un de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qui est crédité de 31,45 % des voix. « Il y a eu certes des anomalies, mais elles ont été corrigées au fur et à mesure par la Ceni. En termes de fraude, nous avons au moins autant d’accusations à l’encontre de l’opposition qu’elle n’en énumère à notre endroit », rétorque Albert Damantang Camara, porte-parole d’Alpha Condé, le fondateur du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

Plus d’électeurs dans le fief d’Alpha Condé : une « bizarrerie » statistique ?

Première observation : dans le fief d’Alpha Condé, la Haute-Guinée, le taux de participation est nettement plus élevé qu’ailleurs selon les résultats de la Ceni. Il atteint 82,28 %, alors qu’il reste dans une « fourchette » de 60 % à 70 % dans les trois autres régions du pays et dans l’agglomération de Conakry. Pourquoi cet écart de plus de 12 points ? Pour l’opposition, cela tient au fait que la Ceni a distribué beaucoup plus de cartes d’électeur dans cette région et qu’elle y a assoupli les règles de vote en plein scrutin.

En comparaison avec le premier tour de 2010, « Cellou » perd 8 points dans son bastion, tandis qu’« Alpha » gagne 26 points dans le sien. Pourquoi cette forte progression du sortant en Haute-Guinée ?

Pour Alexander Laskaris, l’ambassadeur des États-Unis à Conakry, il y a « une anomalie statistique ». Commentaire de Vincent Foucher, analyste auprès de l’ONG International Crisis Group : « C’est comme si les électeurs de Haute-Guinée votaient plus, mieux et faisaient moins d’erreurs que les autres. Il y a des anomalies sur la constitution du fichier électoral et sur la distribution des cartes. On a vu la population électorale augmenter de manière très forte dans la zone où le président est très fort. Évidemment, cela pose question. Mais signaler cette bizarrerie statistique, cela crée une suspicion mais ne démontre pas une fraude. »

Deuxième observation : dans leurs fiefs respectifs, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo font un très bon score. En Haute-Guinée, « Alpha » obtient 88,47 % des suffrages exprimés, tandis qu’en Moyenne-Guinée, « Cellou » rassemble 78,06 % des voix. Bref, le vote guinéen reste communautaire. En comparaison avec le premier tour de 2010, « Cellou » perd 8 points dans son bastion, tandis qu’« Alpha » gagne 26 points dans le sien. Pourquoi cette forte progression du sortant en Haute-Guinée ? Peut-être parce que la dispersion des voix a été moins grande cette année. En 2010, il y avait vingt-quatre candidats. Cette fois-ci, il n’y en a eu que huit. Et vu les faibles scores de six de ces huit candidats, il apparaît que beaucoup de Guinéens ont voté « utile ».

La défaite de Sidya Touré

Troisième observation : en Basse-Guinée, le président sortant multiplie ses voix par dix ! Il passe de 5,3 % en 2010 à 50,21 % en 2015. En contrepartie, Sidya Touré, le candidat de l’Union des forces républicaines (UFR), s’effondre. Il tombe de 32,09 % à 11,53 %. Pour certains observateurs, ce basculement s’explique par le ralliement de plusieurs « grands électeurs » à Alpha Condé. Parmi eux, le chef coutumier Sekhouna Soumah et l’homme d’affaires Ibrahima Abé Sylla.

Au premier tour de 2010, ce dernier était arrivé sixième avec 3,23 % des voix. Cette année, il a appelé à voter « Alpha ». Pour Sidya Touré lui-même, tout cela n’est que mascarade. « Quelles que soient les dispositions qu’on pouvait prendre, notamment dans les zones spécifiques de l’UFR, il était impossible de contrer cette fraude parce qu’il y avait la volonté de marginaliser notre parti. Dans certains de nos fiefs, en Basse-Guinée et à Conakry, nous avions des électeurs, mais d’autres avaient des bulletins. »

Quatrième observation : à Conakry justement, le candidat de l’UFR essuie également de grosses pertes. « Sidya », avec 11,91 % des voix, perd 17 points, tandis qu’« Alpha », avec 44,63 %, en gagne 31 ! Quant à « Cellou », avec 39,64 %, il ne perd que 2 points. Les partisans d’Alpha disent qu’à Conakry l’effet électricité a joué à plein. Ceux de l’opposition répliquent que la fraude y a été mise en place avec une ampleur jamais égalée dans le pays.

Dans les préfectures de Nzérékoré et Yomou, le fief de « Dadis », le calcul a été bon. Mais « Alpha » a également marqué beaucoup de points

Cinquième observation : en Guinée forestière, « Cellou » double son score – de 7,15 % à 16,81 % – tandis qu’« Alpha » triple le sien, de 18,40 % à 62,22 %. En juin dernier, Cellou Dalein Diallo avait conclu une alliance surprise et très controversée avec Moussa Dadis Camara, l’homme fort de la Guinée lors du massacre du 28 septembre 2009, qui avait causé la mort d’au moins 157 personnes à Conakry.

Le leader de l’UFDG espérait ainsi gagner des voix en Guinée forestière, la région natale du capitaine Dadis Camara. Dans les préfectures de Nzérékoré et Yomou, le fief de « Dadis », le calcul a été bon. Mais « Alpha » a également marqué beaucoup de points. À Nzérékoré, les deux ténors de la politique guinéenne ont tous deux multiplié leur score par quatre. À Yomou, « Alpha » a multiplié son score par sept et « Cellou » le sien par douze ! Ici comme ailleurs, les six autres candidats ont été laminés.

Bien entendu, tous ces résultats ne sont que provisoires. Ils doivent être validés par la nouvelle Cour constitutionnelle, auprès de laquelle plusieurs « petits » candidats ont annoncé leur intention de déposer des recours. Mais comme les deux principaux opposants, les leaders de l’UFDG et de l’UFR, ont déjà dit qu’ils renonçaient à saisir cette institution dans laquelle ils n’avaient aucune confiance, beaucoup d’observateurs pensent qu’il serait très étonnant que la Cour invalide ce « un coup KO ».

Dans un communiqué, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne « prend note de l’annonce des résultats provisoires », mais demande à la Ceni de « publier, dans les plus brefs délais, les résultats détaillés par bureau de vote ». Sous entendu : elle a des suspicions sur la transparence des opérations de centralisation des résultats.

Que vaut la Cour constitutionnelle ?

Sur le papier, la Cour constitutionnelle est indépendante. Créée il y a six mois à peine, c’est elle qui doit valider les résultats annoncés par la Ceni. Elle est composée de neuf membres : une personnalité nommée par le président de la République et une autre par celui de l’Assemblée nationale (du même bord politique que le chef de l’État) ; s’y ajoutent trois magistrats, un avocat et un enseignant docteur en droit, chacun désigné par leurs pairs, ainsi que deux représentants de l’Institution nationale des droits humains (INDH). Son président, Kéléfa Sall, a été élu par huit voix contre une. Il présidait jusque-là l’association des magistrats de Guinée.

Est-elle vraiment indépendante ? Cellou Dalein Diallo pense que non. Le numéro un de l’opposition reproche au président d’avoir modifié sa composition lors des discussions préalables à la mise en place de la Cour, et d’avoir « augmenté le nombre de fonctionnaires désignés par l’État en réduisant le nombre de personnalités désignées par la société civile ». Réplique d’Albert Damantang Camara, le porte-parole d’Alpha Condé pendant la campagne : « La Cour n’a pratiquement jamais fonctionné. Elle n’a jamais été saisie d’un contentieux électoral. On ne comprend pas qu’on puisse douter a priori de sa compétence ou de son impartialité, c’est assez étrange. »

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Alpha Condé réfractaire aux exigences de l’apaisement

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Il gracie, libère provisoirement, puis fait kidnapper et emprisonner.

Deux jours avant d’officialiser la libération provisoire accordée à quatre gros bonnets du principal parti d’opposition, en l’occurrence Ousmane Gaoual Diallo, Chérif Bah, Cellou Baldé et Abdoulaye Bah, parmi les 325 opposants en détention depuis 2020, le régime a fait kidnapper l’opposant Thierno Yaya Diallo et emprisonner Keamou Bogola Haba le 14 juillet.  Ce procédé digne d’une danse à reculons embrume la voie de sortie de crise.

A la veille de la tabaski célébrée du mardi 20 au mercredi 21 juillet 2021, le régiAme Alpha Condé a accordé, vendredi 17 juillet, une liberté provisoire à quatre gros bonnets des 325 prisonniers politiques en détention depuis 2020. A savoir : Ousmane Gaoual Diallo, Ibrahima Chérif Bah, Mamadou Cellou Baldé et Abdoulaye Bah.

Ces prisonniers ont bénéficié d’une liberté conditionnelle, pour leur permettre de poursuivre les traitements prescrits par leurs médecins personnels. Ils ont été placés en détention en novembre 2020. Malades, ils suivaient des soins à l’hôpital national Ignace Deen situé à quelques mètres de la prison centrale de Coronthie.

Libérés, ils sont tenus de ne pas sortir de Conakry sans autorisation préalable de l’administration pénitentiaire qui peut, à tout moment, requérir leur replacement en prison.

Les quatre gros bonnets de l’Ufdg, principal parti d’opposition, ainsi que des dizaines d’autres avaient été renvoyés le 29 avril dernier devant le tribunal de Dixinn pour être jugé des faits notamment de «détention, fabrication d’armes, pillage,  participation à un mouvement insurrectionnel, menace de violences ou de mort, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public». Ils attendent de connaître la date de leur procès.

Cette « décision que vient de prendre la justice de notre pays est un acte souverain qui est de nature certes à contribuer à apaiser les esprits et les cœurs. C’est aussi et surtout une raison de plus, de faire confiance en nos institutions », a commenté, le 17 juillet 2021, le ministre d’Etat, ministre porte-parole du gouvernement, Tibou Kamara.

Selon Cellou Dalein Diallo, le principal opposant au régime Alpha Condé, les bénéficiaires de cette mesure, « sont des innocents, tout comme beaucoup de leurs compagnons de bagne, (...) Etienne Soropogui, Foniké Menguè et Ismaël Condé qui croupissent en prison depuis plus de 8 mois, ainsi que Keamou Bogola Haba, déféré (...) à la Maison centrale » de Conakry.

L’opposant laisse entendre que, « cette libération conditionnelle ne peut réparer et atténuer cette injustice et les préjudices physiques et moraux qu’elle a causés à ces innocentes victimes, à leurs familles et à l’Ufdg, leur parti».

«Cela dit, renchérit Sékou Koundouno, responsable des Stratégies et planification du Fndc (Front national de défense de la constitution) dans une tribune publiée par les médias,  il ne faut pas se tromper sur le caractère politique de ce dossier comme les avocats l’ont toujours dénoncé».

« Sur le plan juridique, la semi-liberté est un régime d’exécution d’une peine. Autrement dit, elle concerne une personne qui a déjà fait l’objet d’une condamnation». Mais il se trouve qu’ «Elhadj Ibrahima Chérif Bah et ses compagnons d’infortune n’ont pas encore été jugés à plus forte raison condamnés », souligne Koundouno.

Retour à la case départ

A deux jours de cette libération provisoire qui ouvrait la voie à un apaisement politique favorable au contexte marqué par la nomination de Fodé Bangoura, un ancien cacique du régime Conté, au secrétariat général permanent du dialogue social et politique – suivie d’une série de grâces présidentielles accordées à des prisonniers membres de l’Ufdg, deux opposants membres de l’Anad, nouvelle version, ont été inquiétés à Conakry.

Le jeune leader politique Thierno Yaya Diallo a été enlevé à son domicile de Lambanyi en compagnie de son homologue Keamou Bogola Haba, le mercredi 14 juillet, quelques heures seulement après avoir assisté à la signature officielle de la Charte de l’Anad.

M. Diallo a été relaxé après son audition à la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj). Quant à M. Haba, il a été accusé d’« incitation à la désobéissance civile» et jeté en prison à la Maison centrale de Conakry.

Ce procédé du régime Condé, digne d’une danse à reculons, embrume la voie de sortie de crise, remet en question sa volonté d’aller à l’apaisement avec le camp Cellou Dalein Diallo et renforce l’union sacrée des leaders de l’Anad autour de  leur objectif.

Par Diallo Alpha (Le Populaire)

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Justice : quatre détenus politiques bénéficient d’une liberté conditionnelle

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Quatre responsables de l’Union des forces démocratiques de Guinée, (UFDG), le principal parti de l’opposition dirigé par Cellou Dalein Diallo, incarcérés depuis novembre dernier, ont bénéficié d’une liberté conditionnelle et devraient sortir de la maison centrale ce samedi 17 juillet.

Il s’agit de Ibrahima Chérif Bah, Ousmane Gaoual, Abdoulaye Bah et Mamadou Cellou Baldé.

Dans un communiqué lu vendredi nuit à la télévision nationale, le directeur de l’administration pénitentiaire a expliqué qu’il a pris cette décision pour raison de santé.

En séjour médical prolongé au CHU Ignace Deen, ces quatre prévenus vont désormais poursuivre leurs traitements à domicile à Conakry, avec des obligations comme, déférer à toute réquisition de l’administration pénitentiaire, ou ne pas sortir de la capitale guinéenne sans autorisation préalable de l’administration pénitentiaire.

Ils ont tous poursuivis pour « atteinte aux institutions de la république », « trouble à l’État par la dévastation et le pillage », « participation à un mouvement insurrectionnel », « menace de violence ou de mort par le biais d’un système d’information », et « production, diffusion et mise à disposition d’autres de données de nature à troubler l’ordre public ou la sécurité publique. »

Plusieurs autres détenus politiques comme Etienne Soropogui, président du mouvement politique Nos valeurs communes, croupissent toujours en prison.

Aucune date d’audience n’a encore été fixée pour eux.

Par Guinee28

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A LA UNE

Cellou Dalein Diallo « la reprise prochaine des manifestations sèment la panique du pouvoir »

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Le principal opposant Guinéen a exprimé son soutien à ses deux alliés, arrêtés mercredi soir, par des agents de la police judiciaire, juste après la signature de la nouvelle Charte de l’ANAD.

Pour  Cellou Dalein Diallo, cette signature et l’annonce de la reprise prochaine des manifestations pacifiques sèment la panique dans les rangs du pouvoir, dit-il.

« C’est cette panique, associée à la volonté incurable de Alpha Condé de museler l’Opposition et de faire taire toute voix discordante, qui explique l’arrestation de Bogola Haba dit « Bogos », Responsable de la communication de l’ANAD et Thierno Yaya DIALLO, Président de  Guinée Moderne (GM). » Dénonce-t-il.

Tous deux membres de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), ils ont été arrêtés à Lambagni puis conduits à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), quelques heures après la signature le 14 juillet, d’une nouvelle charte de l’ANAD, dirigée par Cellou Dalein Diallo.

Après quelques heures d’auditions, Thierno Yaya Diallo,  a lui,  été finalement libéré.

Bogola Haba quant à lui, il reste toujours maintenu en garde à vue.

Intervenant, jeudi soir sur RFI, Tibou Kamara a affirmé que M. Haba « s’est livré à des déclarations appelant à la désobéissance civile et à l’insurrection».

« Je pense qu’il est tout à fait normal que les services de sécurité interpellent la personne concernée pour qu’elle s’en explique », estime le ministre porte parole du gouvernement.

Par Issaga Sylla

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