Connect with us

A LA UNE

Ousmane Kaba se lâche : « lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays.. ! » (Interview)

Published

on

Votre publicité ici

Alors qu’il se bat pour la légalisation de son parti, le PADES (parti des démocrates pour l’espoir), jugé illégal par le ministère de l’Administration du territoire, Docteur Ousmane Kaba a accordé une interview à quatre médias en ligne dont Guinee28.info. Dans cet entretien il raconte notamment son calvaire après son exclusion du RPG-ARC-CIEL, mais surtout il dénonce les violences contre les journalistes en Guinée. « Si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur », dit-il. Lisez !

Bonsoir Docteur Kaba

Pour commencer comment se porte le PADES?

Ousmane Kaba : Le PADES se porte très  bien. Il y a beaucoup d'adhésion réellement sur toute l'étendue du territoire national. C'est ce qui nous réconforte et qui prouve à suffisance que c'est une bonne opportunité pour les Guinéens de s'exprimer.  C'est un parti qui offre un cadre nouveau, aux Guinéens qui sont souvent blasés du monde politique.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Vous revenez d'une tournée en Haute Guinée, comment s'est-elle passée?

La tournée s'est passée très bien.Partout, nous avons été très bien reçus. Ce qui veut dire qu'il y avait une certaine attente de la population. Nous avons identifiez des problèmes majeurs, notamment des problèmes d'infrastructures. Les populations ont été frappées par le fait qu'il n y a pas eu de route dans ces zones alors que s'était l'uns des points forts des campagnes présidentielles de 2010 et 2015. Les populations se rendent comptent que, bientôt la fin du second mandat (rire) et qu'elles n'ont pas bénéficié des infrastructures promises.

Egalement un deuxième point important, c'est que les jeunes n'ont pas d'emploi. Donc il y a une revendication sociale, sur ce point précis. Moi je n'ai pas manqué d'expliquer à ces populations que ces problèmes posés sont des problèmes de toute la Guinée en réalité. Par ce que les gens ont l'impression que se sont eux seulement qui sont les oubliés du système actuel.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Comment se passe l'implantation du PADES à l'intérieur du pays?

Je dois dire que ça se passe avec beaucoup d'enthousiasme. Un peu partout, lorsque les populations prennent connaissance de l'existence du PADES, les missions se sont succédées dans différentes zones.Ce que je constate, c'est que ce sont les personnes elles-mêmes qui s'organisent, pour former les différentes structures sur place et nous envoyons des gens valider ces structures sur place.

Dans combien de préfectures êtes-vous implantés?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Là où moi j'ai été, c'est dans les préfectures de Kouroussa, Kankan, de Siguri, et la zone qui est à cheval entre Kouroussa et Dabola, le Woulada. Voilà tout ce périmètre que j'ai balayé sans compter  Kérouané et Banankoro ainsi que Mandiana. Par contre, le PADES c'est sur toute l'étendue du territoire national. Nous sommes entrain de valider beaucoup de bureaux à Labé, Lélouma, Pita, Dalaba  et nous sommes entrain de nous installer sur la Basse Côte. A Conakry, il y a beaucoup de bureaux qui sont entrain d'être validés, en forêt également. Mais moi-même je constate que les deux zones les plus dynamiques dans l'installation des structures du PADES c'est la Haute Guinée et le Foutah.

Est-ce que vous compter vous rendre dans ces zones avant la tenues des élections locales ?

Ce qui est sûr, c'est que j'irais au Foutah mais je ne peux pas vous dire à quelle date précise.  C'est certain que je ferais le tour de la Guinée. J'ai beaucoup de militants au Fouta et c'est mon pays il faut que j’y aille. C'est une priorité pour moi. Les jeunes commencent à trouver des réponses au PADES.

Il y a une alliance en gestation, on apprend que le PADES est membre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Vous avez bien fait de dire alliance en gestation par ce qu'il n’y a pas d'alliance pour le moment. Nous avons fait une première réunion. C'était pour prendre connaissance, de l'objectif d'une éventuelle alliance. C'est une réunion qui a duré 15 à 20 minutes mais je constate qu'il y a eu énormément d'échos par ce que les gens ont vu les prémisses d'une 3ème force dans le pays. Vous savez, il y a des phénomènes que l'on ne prévoit pas. Je n'avais jamais pensé qu'une réunion d'une dizaine de minutes, allait avoir autant d'impacts. Surtout que l'alliance n'est même pas encore formée. Cela signifie, qu'il y a une attente des populations Guinéennes, et que les Guinéens veulent voir la bipolarisation de la vie politique changer. Qu’on n’ait pas seulement ces deux pôles, qui sont entrain de monopoliser la vie politique autour du RPG arc en ciel et de l'UFDG.  Les Guinéens ont envie d'avoir un autre groupe en face, qui pourra faire des propositions pour l'avenir de ce pays.

La CENI a donné la date du 4 février 2018 pour la tenue des élections locales, est ce que vous y croyez ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Ce que je sais, c'est que dans le passé, il y a eu beaucoup de dates glissantes. Mais contrairement à ce que la plupart des gens pensent, qu'il s'agit de l'impréparation de la CENI sur le plan technique, moi j'ai toujours pensé que la Guinée est un petit pays même à l'échelle de l'Afrique et que préparer des élections n'est pas si compliqué que cela. Le vrai problème, c'est le financement. Chaque fois les budgets sont votés mais la mise à disposition des fonds se fait avec beaucoup de retards. Cela découle simplement, du fait qu'il n’y a pas de volonté politique, de respecter les dates constitutionnelles. C'est très bien de dire que la CENI est une structure indépendante mais si la CENI n'a pas les moyens de sa politique et qu’elle doit travailler avec des dotations budgétaires, c'est là à mon avis qu'il y a le problème. Chaque fois que la mise à disposition des fonds retarde, le calendrier de la CENI glisse. Et aujourd'hui, sur les 300 milliards qui étaient prévus pour l'organisation des élections locales, il n’y a que 90 milliards qui sont mises à disposition. Voilà. Alors dites-moi si la CENI va respecter la date, je vous direz plutôt si les finances vont mettre l'argent à la disposition de la CENI à temps (rire).

Lors de la session rectificative de la loi des finances, un montant avait été octroyé à la CENI. Est-ce qu’il y aura un débat dans ce sens ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

J’espère bien. C’est aujourd’hui (mercredi, 1er novembre, NDLR) qu’on a reçu la nouvelle loi des finances 2018 et au moment où je vous parle le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque Centrale vont présenter ce projet à l’Assemblée nationale.

La session budgétaire s’est ouverte le 05 octobre, comment vous l’abordez ?

D’abord la session, elle a été juste formellement ouverte, mais jusqu’à présent nous n’avons pas commencé à travailler, on n’a perdu un mois.

Pour quelle raison ?

Parce que les documents n’avaient pas été déposés par le gouvernement. Le gouvernement vient d‘envoyer ce projet de loi des finances 2018, il y a juste 24 heures. A l’heure où je vous parle le gouvernement est en train de présenter ce projet, c’est pour vous dire que le travail a commencé avec beaucoup de retard, mais cela ne nous empêche pas, nous aurons suffisamment  de temps pour discuter de l’essentiel du budget.

Comment vous analysez la gouvernance actuelle ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Je pense qu’elle n’est pas bonne. C’est la raison pour laquelle nous avons créé le PADES (sourire). Il y a eu des reformes dans beaucoup des secteurs, pour la plupart ces reformes étaient mal préparées et on n’est pas sûr qu’on aura les résultats qui soientescomptés.

On apprend que le ministre de l’Administration du territoire vous a adressé un courrier pour vous signifier que votre parti n’est pas légal est ce vrai ? 

C’est vrai, mais je pense qu’il y a eu violation de la loi. La constitution garantit à tous les citoyens guinéens la liberté d’association et la liberté d’organisation, de participation aux activités politique, économique et sociale dans notre pays. C’est l’article 10 de la constitution qui le dit. Nous avons constaté que le ministère de l’Administration est en train de faire de l’abus d’autorité et de pouvoir et que son comportement n’est pas du tout conforme à la loi. Mais heureusement qu’il y a des recours, puisqu’il y a la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, et il y a l’institution nationale des droits humains. Vous savez qu’en 2010, avec les amis nous avions crée le parti PLUS, trois mois après on n’a pu participer à l’élection présidentielle.  Entre les deux tours nous avons initié l’alliance ARC-EN-CIEL pour aider le candidat Alpha Condé à accéder à la magistrature suprême. Nous avons eu du succès puisque de 18% cette alliance a pu aider le professeur à avoir 52% et à être Président de la République. Et en 2012, dans un souci de stabilité politique, nous avons fait une fusion de plusieurs partis pour créer le RPG-ARC-EN-CIEL. 38 partis politiques se sont donnés rendez-vous pour Fusillier dont le parti PLUS et le RPG lui même pour donner le RGP-ARC-EN-CIEL. A ce stade il est important de dire que beaucoup d’autres ont refusé ce que nous-nous avons accepté, sans doute par naïveté et la croyance en la parole donnée.[rsnippet id="1" name="pub google"]

C’est la veut dire que vous regrettez  aujourd’hui?

Absolument. Vous savez la situation dans laquelle on est (rire). En 2016 nous avons eu des divergences avec le Président de la République qui avait tenu de discours à connotation ethnique, ce que nous- nous avons condamné. Nous avons subis des représailles, puisque d’abord nous avons été exclus du RPG-ARC-EN-CIEL, dont nous sommes fondateurs (rire), sans même demander d’explications. Nous étions trois signataires de la lettre de contestation dont deux du RPG-ARC-EN-CIEL, tandis que l’autre a été écouté et réintégré moi j’ai été directement expulsé du parti sans ménagement, en contradiction avec les règles internes du parti. Deuxième élément, nous avons été évincés de nos postes de responsabilité à l’Assemblée nationale, puisque j’étais le président de la commission économique. Troisièmement nous avons été  évincés du poste de représentant de notre Assemblée nationale, donc du député au parlement conjoint Afrique-Caraïbe, Union européenne-ACP.

Un an après, devant la faillite de la gouvernance actuelle, devant un espace politique qui a un besoin de renouveau,c’est ce qui nous a emmener pour dire on va créer un nouveau Parti.[rsnippet id="1" name="pub google"]

L’enseignement supérieur a orienté tous les nouveaux étudiants dans les universités publiques. Est-ce que cela a eu une incidence sur les institutions privées ?

Bien sûr que ça eu des incidences sur toutes les universités privées. Puisque les universités privées avaient l’habitude d’avoir un flux d’étudiants qui va diminuer de manière dramatique. C’est évident ! Mais le problème il est plus complexe que cela. Je pense qu’il faut se rappeler : dans tous les autres pays, nous avons le même problème. L’Etat n’est pas capable d’offrir suffisamment d’infrastructures pour permettre l’éducation de tous les étudiants. Parce que la population estudiantine explose dans tous les pays. Pour donner juste un exemple, cette année en Côte d’ivoire, il y’a eu plus de 100 milles bacheliers. Les universités publiques n’ont pu recueillir que 25%. Les ¾ ont été orientés dans les institutions privées. Or la Cote d’ivoire a énormément investi dans les universités publiques. Malgré cela elles ne peuvent accueillir que le ¼ des étudiants. C’est pour vous dire que le problème n’est pas  guinéen.

Malheureusement nous allons toujours à contre-courant de ce que font les autres. A contre-courant de la raison, tout court. L’année dernière déjà, l’Etat a orienté dans les universités publiques près de 30 milles étudiants alors que les structures ne permettent pas d’accueillir ces étudiants. A telle enseigne qu’ils n’avaient que deux jours de cours à moyenne par semaine. Ce qui est très peu. Cette année, ils ont pris le pari d’y envoyer tous les étudiants. Ça veut dire que la qualité de l’enseignement publique qui est déjà mauvaise va devenir médiocre. Beaucoup de gens n’avaient pas compris. On dit que les Universités privées ont pris l’Etat en otage, c’est l’inverse. Dans la mesure où en Guinée, tous les bacheliers sont boursiers. Ça veut dire que les universités privées n’ont pas de marché libre. Donc c’est ce qui se passe en Guinée depuis pas mal de temps.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Aujourd’hui quels sont les étudiants qui viennent s’inscrire chez nous ? C’est essentiellement les étudiants qui ont été orientés dans les universités publiques qui ne veulent pas s’y rendre. Parce qu’ils ont quelques moyens à se payer les universités privées. Et qui la qualité y est meilleure. En Guinée et ailleurs, les écoles privées donnent toujours les meilleurs cours que les écoles publiques.

La raison invoquée par le ministère de l’enseignement supérieur est que l’Etat dépense trop d’argent en envoyant les Etudiants dans le privé. N’a-t-il pas raison de rectifier ce tir s’il est avéré ?

D’abord, ce n’est pas correct. L’année dernière, le budget qui était alloué aux universités privées n’avait pas atteint les 150 milliards dans un budget de 914 milliards. Par différence, les universités privées dépensent moins de deux à trois fois que les universités publiques. J’insiste là-dessus parce que c’est ce qu’ils inculquent dans l’esprit des gens. Ce qui est faux. Maintenant cette année l’Etat n’a pas orienté d’étudiants dans les universités privées, on verra bien le résultat. En réalité, les universités publiques dépensent plus cher que les universités privées.

(….) jusqu’au moment où je vous parle, les universités privées n’ont pas de contrat avec l’Etat pour les Etudiants en licences 2 et 3. C'est-à-dire, ils ont fait la 1ère année, et la 2ème année sans contrat à plus forte raison de paiement. Nous sommes avec deux promotions dans les universités privées sans contrats. C’est vraiment un exemple de mauvaise fois de l’Etat.

Un autre exemple de mauvaise foi, l’année dernière l’Etat a dit qu’il y avait 32 milles fictifs dans les universités privées alors que l’ensemble des étudiants que l’Etat paie étaient de 25 milles. C’est vraiment le non sens total. Est-ce que c’est cela qu’on appelle des reformes ? Non !

Est-ce qu’on peut savoir combien l’Etat doit à votre université, Kofi Annan ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Non, on ne peut pas le savoir. On ne peut le savoir qu’avec un contrat bien ficelé.

Que risquent ces étudiants de la licence 3 qui sont à la fin de leur formation cette année ? Est-ce qu’ils recevront leur diplôme ?

Le fait de n’avoir pas de contrat avec l’Etat, n’est pas la faute à eux. C’est dû à la mauvaise fois de l’Etat. Je pense dans un, deux à trois mois, on aura réglé ça puisque nous sommes en phase de discussions. Et nous continuons les discussions. Je constate d’ailleurs qu’il (le ministère de l’enseignement supérieur) nous écoute beaucoup mieux maintenant qu’avant parce qu’il n’y a plus de boursiers maintenant (rire).

Actualité oblige, une rumeur sur la santé du Président Alpha Condé a entrainé l’arrestation d’un responsable de média privée, et aux bastonnades des journalistes à l’escadron mobile de Matam. Votre réaction ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Moi personnellement je n’étais pas au courant de cette rumeur. Je ne commente pas ça. Mais dans un pays, si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur. C’est très mauvais pour le pays. Ce n’est pas une affaire de journalistes. C’est une affaire de la démocratie. Chaque fois qu’on veut bâillonner un pays, on s’en prend à la presse. Il n’y a pas de démocratie sans la presse. Lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays, nous devons être inquiets. Ce n’est pas une solidarité d’une corporation mais c’est une solidarité du système lui-même. En Guinée, il y a des signes qui démontrent que ça ne va pas, aujourd’hui, nous avons la grève des avocats, nous avons des journalistes qui sont bastonnés, un parti (ndlr PADES) qu’on nie l’existence, des gens qui réclament leurs droits un peu partout. Tout ça, sont des signes qui vont ensemble.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Merci

Interview coréalisé par Guinee28.info, le pointplus.info, afrinews.org et newsdeguinee.com  

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

A LA UNE

Il avait un rendez-vous médical d’urgence à Paris : Fodé Oussou Fofana aussi empêché de quitter le pays

Published

on

Votre publicité ici

Alors qu’il voulait se rendre à Paris en France pour un rendez-vous médical d’urgence, le vice-président chargé des affaires sociales et juridiques de l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne, Fodé Oussou Fofana, a été bloqué à l’aéroport international de Conakry-Gbéssia, ce samedi 15 mai 2021.

Aucun motif ne lui a été signifié pour l’instant, a confié l’intéressé.

Toutefois, son empêchement de sortir du sol guinéen intervient après ceux du président de son parti, Cellou Dalein Diallo, bloqué par deux fois à l’aéroport, ainsi que de son épouse, Halimatou Dalein Diallo.

Selon les autorités guinéennes, des procédures judiciaires, en lien avec les violences postélectorales d’octobre 2020,  sont engagés contre eux.

A rappeler que plus de 400 militants et responsables de l’UFDG croupissent en prison sans jugement depuis six mois.

Par Mariam Bâ

Continue Reading

A LA UNE

En Guinée, la fièvre de l’or provoque de plus en plus des morts

Published

on

Votre publicité ici

Le terrain qu'ils creusaient s'est effondré sur eux. Au moins 15 mineurs sont morts le 8 mai dernier dans ce nouveau drame de la recherche d'or artisanale dans le nord de la Guinée. Les éboulements sur des sites aurifères sont fréquents et souvent meurtriers, en particulier dans cette région proche du Mali.

Lors d'une succession d'accidents, 17 orpailleurs ont été tués en février 2019, puis une dizaine d'autres en novembre de la même année. La cause est toujours la même, l'effondrement du boyau qu'ils étaient en train de creuser. Souvent, des enfants font partie des victimes. Leur petite taille leur permettant de se glisser dans la moindre infractuosité du terrain.

Ruée vers l'or

Généralement interdit partout dans le monde, l'orpaillage artisanal prend une toute autre dimension en Haute Guinée. Ici, il est légal. La pratique est observée dès le IXe siècle. Au XIIe siècle, sous l'empire Mandingue, l'exploitation de l'or était saisonnière et assurait des revenus complémentaires aux activités agricoles. Cet héritage culturel explique pourquoi cette activité perdure.

Mais depuis une trentaine d'années, on assiste à une véritable ruée vers l'or, sans doute en raison de l'envolée des cours du métal précieux et de la paupérisation des populations. Le nombre d'orpailleurs, toujours difficile à évaluer précisément, aurait été multiplié par cinq durant cette période.

Plus de deux cents sites d’orpaillage sont recensés sur le territoire guinéen, dans cinq préfectures à l'est du pays, près de la frontière avec le Mali (Dinguiraye, Kankan, Kouroussa, Mandiana et Siguiri), procurant des revenus à plus de 200 000 personnes. L'exploitation artisanale représente le tiers des exportations d'or du pays avec près de 12 tonnes, contre 18 tonnes pour l'exploitation industrielle.

Une vie par et pour l'or

Cet afflux bouleverse fortement les structures traditionnelles et coutumières de l'orpaillage artisanal. L'exploitation n'est plus saisonnière, mais désormais permanente. Les puits se sont multipliés, augmentant les accidents. De nouvelles populations sont arrivées, y compris des pays limitrophes, installant des campements près des mines. Progressivement, on a assisté à la sédentarisation de ces populations et au développement d'activités parallèles : petits commerces, transport, etc.

La revue Hommes et libertés rapporte une visite de terrain à Doko, haut lieu de l’orpaillage, en février 2018. "Des milliers de personnes étaient en activité sur ce site : enfants, femmes, hommes de tous âges. (...) Le niveau de poussière et de bruit est indicible. Des femmes, bébés dans le dos, remontent les paniers de terre ou lavent à grande eau le minerai pour y chercher les éventuelles pépites. Des fillettes et des jeunes garçons font du petit commerce ou aident leurs parents orpailleurs."

Accord historique

Il fallait mettre de l'ordre dans tout cela, d'autant que les richesses extraites échappaient tant aux populations locales qu'à l'Etat. En 2017, orpailleurs, élus locaux, administration, sages et acteurs de la société civile parviennent à un accord historique : 20% des taxes prélevées sont consacrées au développement local. Au cœur du dispositif se trouvent les Tombolomas.

Historiquement défenseurs des villages et organisateurs des campagnes d'orpaillage, ils constituent aujourd’hui une institution villageoise qui régit toutes les affaires relatives à l’extraction de l’or et à la vie dans les camps d’orpailleurs. Ils distribuent les puits, réglementent les accès, sanctionnent les infractions et perçoivent les taxes.

Les droits humains bafoués

Mais tout n'est pas rose loin de là, comme le rappelle une étude menée par l'Organisation internationale des migrations (OIM). Les travailleurs migrants sont les premières victimes : exploitation, stigmatisation, violences, ou traite. Par manque de structures de prévention et de protection, les travailleurs migrants se trouvent dans des situations précaires de vulnérabilité extrême.

La pénibilité du travail dans les mines pose également des risques sanitaires importants, en raison de l’utilisation de produits toxiques. Enfin, l’orpaillage provoque aussi des dégradations environnementales pour les communautés autour des sites.

L'accès aux mines crée également des tensions. En Guinée, la recherche d'or artisanale cohabite, parfois difficilement, avec une exploitation industrielle. En avril dernier, des heurts ont provoqué la mort de deux personnes dans la cité minière de Kouroussa. L'interdiction de l'accès d'une mine d'or aux orpailleurs serait l'élément déclencheur.

Tensions

Le site appartient désormais à une entreprise mais n'est pas encore actif. "Se sentant donc trahis par leurs représentants, les orpailleurs artisanaux ont barricadé le centre-ville, brûlé des pneus et calcinés des véhicules. Ils ont aussi vandalisé les résidences du préfet et du maire de la ville et chassé les administrateurs locaux", rapporte RFI.

Des tensions qui, pour certains observateurs, ne vont pas cesser de croître à mesure que les autorités chercheront à reprendre la main sur l’exploitation de l’or. Lentement, l’exploitation industrielle s’étend. Les problèmes de sécurité des mineurs, mais aussi les considérations environnementales poussent à cette évolution. Les orpailleurs devront se trouver un nouvel Eldorado.

Par France TV

Continue Reading

A LA UNE

Paris : quels chefs d’Etat assisteront-t-ils au sommet sur les économies africaines ?

Published

on

Votre publicité ici

Emmanuel Macron recevra mardi à Paris une quinzaine de dirigeants africains, plusieurs dirigeants européens ainsi qu’une dizaine de responsables d’organisations internationales pour un sommet sur la relance de l’économie africaine, très ralentie par la pandémie, a annoncé l’Elysée.

L’objectif est de mettre en place des moyens financiers capables de relancer l’économie du continent, qui n’a connu que 130.000 morts du Covid selon les chiffres officiels mais dont le PIB devrait connaître en 2021 sa première récession depuis 25 ans, avec un recul de 2,1%.

La croissance devrait redevenir positive en 2022 mais à un rythme inférieur à celle des pays plus développés, avec un risque de « divergence », souligne l’Elysée.

D’où l’initiative du chef de l’Etat de réunir ce sommet pour attirer les liquidités en Afrique vers les secteurs publics et privés, pénalisés par des primes de risque qui font grimper les taux d’intérêt.

La France propose de réallouer vers l’Afrique des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, instruments de change qui permettent notamment de financer des importations.

Le FMI devrait décider en juin une émission de DTS massive de 650 milliards de dollars, dont 34 milliards pour l’Afrique et 24 milliards pour l’Afrique subsaharienne.

« Ces montants ne seront pas suffisants. Nous réfléchissons à la manière d’utiliser des DTS des pays avancés pour les pays à bas revenu », a indiqué l’Elysée, suggérant aussi une vente de l’or du FMI pour alimenter des prêts à taux zéro pour les pays africains.

Autres pistes, des allègements de dette en réunissant autour d’une table à la fois créanciers publics et privés, un mécanisme dont le Tchad a déjà demandé à bénéficier.

Le 27 avril, Emmanuel Macron avait appelé à « un New Deal » pour aider les pays africains.

« Ce sommet vise à mettre en place un paquet de soutien massif à l’Afrique et à poser des bases pour un nouveau cycle de croissance sur le continent, qui sera aussi un relais pour une croissance pour l’économie mondiale », a souligné Paris.

Parmi les participants en présentiel figurent les dirigeants de l’Angola, du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo, de Côte d’Ivoire, d’Egypte, d’Ethiopie, du Ghana, du Mali, de Mauritanie, de Mozambique, du Nigeria, du Rwanda, du Sénégal, du Soudan, du Togo et de Tunisie et côté européens, d’Italie, d’Espagne et du Portugal ainsi que de l’UE.

En visioconférence, les dirigeants des Pays-Bas, d’Allemagne, du Japon, du Kenya, de Tanzanie et d’Afrique du Sud participeront. L’ONU, le FMI, l’OCDE, l’OMC, la Banque mondiale et plusieurs banques publiques internationales seront conviées. La Chine sera représentée par un haut dirigeant qui n’est pas encore précisé.

La veille de ce sommet, le président français réunit également une conférence de soutien à la transition au Soudan, où devraient être étudiés des rééchelonnements de la dette du pays avec ses principaux bailleurs.

Source : AFP

Continue Reading

Facebook

Advertisement

Créez votre site INTERNET 250000FG MOIS

Créez votre site INTERNET 250000FG MOIS
Advertisement

A PROPOS DE GUINEE28

Siège social : Lansanaya barrage commune de Matoto.

Télél : +224 624 24 93 98 – 656 92 41 62 – 666 39 29 09

Email : alfaguinee28@gmail.com

Tendance