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Ousmane Kaba se lâche : « lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays.. ! » (Interview)

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Alors qu’il se bat pour la légalisation de son parti, le PADES (parti des démocrates pour l’espoir), jugé illégal par le ministère de l’Administration du territoire, Docteur Ousmane Kaba a accordé une interview à quatre médias en ligne dont Guinee28.info. Dans cet entretien il raconte notamment son calvaire après son exclusion du RPG-ARC-CIEL, mais surtout il dénonce les violences contre les journalistes en Guinée. « Si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur », dit-il. Lisez !

Bonsoir Docteur Kaba

Pour commencer comment se porte le PADES?

Ousmane Kaba : Le PADES se porte très  bien. Il y a beaucoup d'adhésion réellement sur toute l'étendue du territoire national. C'est ce qui nous réconforte et qui prouve à suffisance que c'est une bonne opportunité pour les Guinéens de s'exprimer.  C'est un parti qui offre un cadre nouveau, aux Guinéens qui sont souvent blasés du monde politique.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Vous revenez d'une tournée en Haute Guinée, comment s'est-elle passée?

La tournée s'est passée très bien.Partout, nous avons été très bien reçus. Ce qui veut dire qu'il y avait une certaine attente de la population. Nous avons identifiez des problèmes majeurs, notamment des problèmes d'infrastructures. Les populations ont été frappées par le fait qu'il n y a pas eu de route dans ces zones alors que s'était l'uns des points forts des campagnes présidentielles de 2010 et 2015. Les populations se rendent comptent que, bientôt la fin du second mandat (rire) et qu'elles n'ont pas bénéficié des infrastructures promises.

Egalement un deuxième point important, c'est que les jeunes n'ont pas d'emploi. Donc il y a une revendication sociale, sur ce point précis. Moi je n'ai pas manqué d'expliquer à ces populations que ces problèmes posés sont des problèmes de toute la Guinée en réalité. Par ce que les gens ont l'impression que se sont eux seulement qui sont les oubliés du système actuel.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Comment se passe l'implantation du PADES à l'intérieur du pays?

Je dois dire que ça se passe avec beaucoup d'enthousiasme. Un peu partout, lorsque les populations prennent connaissance de l'existence du PADES, les missions se sont succédées dans différentes zones.Ce que je constate, c'est que ce sont les personnes elles-mêmes qui s'organisent, pour former les différentes structures sur place et nous envoyons des gens valider ces structures sur place.

Dans combien de préfectures êtes-vous implantés?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Là où moi j'ai été, c'est dans les préfectures de Kouroussa, Kankan, de Siguri, et la zone qui est à cheval entre Kouroussa et Dabola, le Woulada. Voilà tout ce périmètre que j'ai balayé sans compter  Kérouané et Banankoro ainsi que Mandiana. Par contre, le PADES c'est sur toute l'étendue du territoire national. Nous sommes entrain de valider beaucoup de bureaux à Labé, Lélouma, Pita, Dalaba  et nous sommes entrain de nous installer sur la Basse Côte. A Conakry, il y a beaucoup de bureaux qui sont entrain d'être validés, en forêt également. Mais moi-même je constate que les deux zones les plus dynamiques dans l'installation des structures du PADES c'est la Haute Guinée et le Foutah.

Est-ce que vous compter vous rendre dans ces zones avant la tenues des élections locales ?

Ce qui est sûr, c'est que j'irais au Foutah mais je ne peux pas vous dire à quelle date précise.  C'est certain que je ferais le tour de la Guinée. J'ai beaucoup de militants au Fouta et c'est mon pays il faut que j’y aille. C'est une priorité pour moi. Les jeunes commencent à trouver des réponses au PADES.

Il y a une alliance en gestation, on apprend que le PADES est membre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Vous avez bien fait de dire alliance en gestation par ce qu'il n’y a pas d'alliance pour le moment. Nous avons fait une première réunion. C'était pour prendre connaissance, de l'objectif d'une éventuelle alliance. C'est une réunion qui a duré 15 à 20 minutes mais je constate qu'il y a eu énormément d'échos par ce que les gens ont vu les prémisses d'une 3ème force dans le pays. Vous savez, il y a des phénomènes que l'on ne prévoit pas. Je n'avais jamais pensé qu'une réunion d'une dizaine de minutes, allait avoir autant d'impacts. Surtout que l'alliance n'est même pas encore formée. Cela signifie, qu'il y a une attente des populations Guinéennes, et que les Guinéens veulent voir la bipolarisation de la vie politique changer. Qu’on n’ait pas seulement ces deux pôles, qui sont entrain de monopoliser la vie politique autour du RPG arc en ciel et de l'UFDG.  Les Guinéens ont envie d'avoir un autre groupe en face, qui pourra faire des propositions pour l'avenir de ce pays.

La CENI a donné la date du 4 février 2018 pour la tenue des élections locales, est ce que vous y croyez ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Ce que je sais, c'est que dans le passé, il y a eu beaucoup de dates glissantes. Mais contrairement à ce que la plupart des gens pensent, qu'il s'agit de l'impréparation de la CENI sur le plan technique, moi j'ai toujours pensé que la Guinée est un petit pays même à l'échelle de l'Afrique et que préparer des élections n'est pas si compliqué que cela. Le vrai problème, c'est le financement. Chaque fois les budgets sont votés mais la mise à disposition des fonds se fait avec beaucoup de retards. Cela découle simplement, du fait qu'il n’y a pas de volonté politique, de respecter les dates constitutionnelles. C'est très bien de dire que la CENI est une structure indépendante mais si la CENI n'a pas les moyens de sa politique et qu’elle doit travailler avec des dotations budgétaires, c'est là à mon avis qu'il y a le problème. Chaque fois que la mise à disposition des fonds retarde, le calendrier de la CENI glisse. Et aujourd'hui, sur les 300 milliards qui étaient prévus pour l'organisation des élections locales, il n’y a que 90 milliards qui sont mises à disposition. Voilà. Alors dites-moi si la CENI va respecter la date, je vous direz plutôt si les finances vont mettre l'argent à la disposition de la CENI à temps (rire).

Lors de la session rectificative de la loi des finances, un montant avait été octroyé à la CENI. Est-ce qu’il y aura un débat dans ce sens ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

J’espère bien. C’est aujourd’hui (mercredi, 1er novembre, NDLR) qu’on a reçu la nouvelle loi des finances 2018 et au moment où je vous parle le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque Centrale vont présenter ce projet à l’Assemblée nationale.

La session budgétaire s’est ouverte le 05 octobre, comment vous l’abordez ?

D’abord la session, elle a été juste formellement ouverte, mais jusqu’à présent nous n’avons pas commencé à travailler, on n’a perdu un mois.

Pour quelle raison ?

Parce que les documents n’avaient pas été déposés par le gouvernement. Le gouvernement vient d‘envoyer ce projet de loi des finances 2018, il y a juste 24 heures. A l’heure où je vous parle le gouvernement est en train de présenter ce projet, c’est pour vous dire que le travail a commencé avec beaucoup de retard, mais cela ne nous empêche pas, nous aurons suffisamment  de temps pour discuter de l’essentiel du budget.

Comment vous analysez la gouvernance actuelle ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Je pense qu’elle n’est pas bonne. C’est la raison pour laquelle nous avons créé le PADES (sourire). Il y a eu des reformes dans beaucoup des secteurs, pour la plupart ces reformes étaient mal préparées et on n’est pas sûr qu’on aura les résultats qui soientescomptés.

On apprend que le ministre de l’Administration du territoire vous a adressé un courrier pour vous signifier que votre parti n’est pas légal est ce vrai ? 

C’est vrai, mais je pense qu’il y a eu violation de la loi. La constitution garantit à tous les citoyens guinéens la liberté d’association et la liberté d’organisation, de participation aux activités politique, économique et sociale dans notre pays. C’est l’article 10 de la constitution qui le dit. Nous avons constaté que le ministère de l’Administration est en train de faire de l’abus d’autorité et de pouvoir et que son comportement n’est pas du tout conforme à la loi. Mais heureusement qu’il y a des recours, puisqu’il y a la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, et il y a l’institution nationale des droits humains. Vous savez qu’en 2010, avec les amis nous avions crée le parti PLUS, trois mois après on n’a pu participer à l’élection présidentielle.  Entre les deux tours nous avons initié l’alliance ARC-EN-CIEL pour aider le candidat Alpha Condé à accéder à la magistrature suprême. Nous avons eu du succès puisque de 18% cette alliance a pu aider le professeur à avoir 52% et à être Président de la République. Et en 2012, dans un souci de stabilité politique, nous avons fait une fusion de plusieurs partis pour créer le RPG-ARC-EN-CIEL. 38 partis politiques se sont donnés rendez-vous pour Fusillier dont le parti PLUS et le RPG lui même pour donner le RGP-ARC-EN-CIEL. A ce stade il est important de dire que beaucoup d’autres ont refusé ce que nous-nous avons accepté, sans doute par naïveté et la croyance en la parole donnée.[rsnippet id="1" name="pub google"]

C’est la veut dire que vous regrettez  aujourd’hui?

Absolument. Vous savez la situation dans laquelle on est (rire). En 2016 nous avons eu des divergences avec le Président de la République qui avait tenu de discours à connotation ethnique, ce que nous- nous avons condamné. Nous avons subis des représailles, puisque d’abord nous avons été exclus du RPG-ARC-EN-CIEL, dont nous sommes fondateurs (rire), sans même demander d’explications. Nous étions trois signataires de la lettre de contestation dont deux du RPG-ARC-EN-CIEL, tandis que l’autre a été écouté et réintégré moi j’ai été directement expulsé du parti sans ménagement, en contradiction avec les règles internes du parti. Deuxième élément, nous avons été évincés de nos postes de responsabilité à l’Assemblée nationale, puisque j’étais le président de la commission économique. Troisièmement nous avons été  évincés du poste de représentant de notre Assemblée nationale, donc du député au parlement conjoint Afrique-Caraïbe, Union européenne-ACP.

Un an après, devant la faillite de la gouvernance actuelle, devant un espace politique qui a un besoin de renouveau,c’est ce qui nous a emmener pour dire on va créer un nouveau Parti.[rsnippet id="1" name="pub google"]

L’enseignement supérieur a orienté tous les nouveaux étudiants dans les universités publiques. Est-ce que cela a eu une incidence sur les institutions privées ?

Bien sûr que ça eu des incidences sur toutes les universités privées. Puisque les universités privées avaient l’habitude d’avoir un flux d’étudiants qui va diminuer de manière dramatique. C’est évident ! Mais le problème il est plus complexe que cela. Je pense qu’il faut se rappeler : dans tous les autres pays, nous avons le même problème. L’Etat n’est pas capable d’offrir suffisamment d’infrastructures pour permettre l’éducation de tous les étudiants. Parce que la population estudiantine explose dans tous les pays. Pour donner juste un exemple, cette année en Côte d’ivoire, il y’a eu plus de 100 milles bacheliers. Les universités publiques n’ont pu recueillir que 25%. Les ¾ ont été orientés dans les institutions privées. Or la Cote d’ivoire a énormément investi dans les universités publiques. Malgré cela elles ne peuvent accueillir que le ¼ des étudiants. C’est pour vous dire que le problème n’est pas  guinéen.

Malheureusement nous allons toujours à contre-courant de ce que font les autres. A contre-courant de la raison, tout court. L’année dernière déjà, l’Etat a orienté dans les universités publiques près de 30 milles étudiants alors que les structures ne permettent pas d’accueillir ces étudiants. A telle enseigne qu’ils n’avaient que deux jours de cours à moyenne par semaine. Ce qui est très peu. Cette année, ils ont pris le pari d’y envoyer tous les étudiants. Ça veut dire que la qualité de l’enseignement publique qui est déjà mauvaise va devenir médiocre. Beaucoup de gens n’avaient pas compris. On dit que les Universités privées ont pris l’Etat en otage, c’est l’inverse. Dans la mesure où en Guinée, tous les bacheliers sont boursiers. Ça veut dire que les universités privées n’ont pas de marché libre. Donc c’est ce qui se passe en Guinée depuis pas mal de temps.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Aujourd’hui quels sont les étudiants qui viennent s’inscrire chez nous ? C’est essentiellement les étudiants qui ont été orientés dans les universités publiques qui ne veulent pas s’y rendre. Parce qu’ils ont quelques moyens à se payer les universités privées. Et qui la qualité y est meilleure. En Guinée et ailleurs, les écoles privées donnent toujours les meilleurs cours que les écoles publiques.

La raison invoquée par le ministère de l’enseignement supérieur est que l’Etat dépense trop d’argent en envoyant les Etudiants dans le privé. N’a-t-il pas raison de rectifier ce tir s’il est avéré ?

D’abord, ce n’est pas correct. L’année dernière, le budget qui était alloué aux universités privées n’avait pas atteint les 150 milliards dans un budget de 914 milliards. Par différence, les universités privées dépensent moins de deux à trois fois que les universités publiques. J’insiste là-dessus parce que c’est ce qu’ils inculquent dans l’esprit des gens. Ce qui est faux. Maintenant cette année l’Etat n’a pas orienté d’étudiants dans les universités privées, on verra bien le résultat. En réalité, les universités publiques dépensent plus cher que les universités privées.

(….) jusqu’au moment où je vous parle, les universités privées n’ont pas de contrat avec l’Etat pour les Etudiants en licences 2 et 3. C'est-à-dire, ils ont fait la 1ère année, et la 2ème année sans contrat à plus forte raison de paiement. Nous sommes avec deux promotions dans les universités privées sans contrats. C’est vraiment un exemple de mauvaise fois de l’Etat.

Un autre exemple de mauvaise foi, l’année dernière l’Etat a dit qu’il y avait 32 milles fictifs dans les universités privées alors que l’ensemble des étudiants que l’Etat paie étaient de 25 milles. C’est vraiment le non sens total. Est-ce que c’est cela qu’on appelle des reformes ? Non !

Est-ce qu’on peut savoir combien l’Etat doit à votre université, Kofi Annan ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Non, on ne peut pas le savoir. On ne peut le savoir qu’avec un contrat bien ficelé.

Que risquent ces étudiants de la licence 3 qui sont à la fin de leur formation cette année ? Est-ce qu’ils recevront leur diplôme ?

Le fait de n’avoir pas de contrat avec l’Etat, n’est pas la faute à eux. C’est dû à la mauvaise fois de l’Etat. Je pense dans un, deux à trois mois, on aura réglé ça puisque nous sommes en phase de discussions. Et nous continuons les discussions. Je constate d’ailleurs qu’il (le ministère de l’enseignement supérieur) nous écoute beaucoup mieux maintenant qu’avant parce qu’il n’y a plus de boursiers maintenant (rire).

Actualité oblige, une rumeur sur la santé du Président Alpha Condé a entrainé l’arrestation d’un responsable de média privée, et aux bastonnades des journalistes à l’escadron mobile de Matam. Votre réaction ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Moi personnellement je n’étais pas au courant de cette rumeur. Je ne commente pas ça. Mais dans un pays, si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur. C’est très mauvais pour le pays. Ce n’est pas une affaire de journalistes. C’est une affaire de la démocratie. Chaque fois qu’on veut bâillonner un pays, on s’en prend à la presse. Il n’y a pas de démocratie sans la presse. Lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays, nous devons être inquiets. Ce n’est pas une solidarité d’une corporation mais c’est une solidarité du système lui-même. En Guinée, il y a des signes qui démontrent que ça ne va pas, aujourd’hui, nous avons la grève des avocats, nous avons des journalistes qui sont bastonnés, un parti (ndlr PADES) qu’on nie l’existence, des gens qui réclament leurs droits un peu partout. Tout ça, sont des signes qui vont ensemble.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Merci

Interview coréalisé par Guinee28.info, le pointplus.info, afrinews.org et newsdeguinee.com  

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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Afrique de l’Ouest : plus de 57 tonnes de cocaïne saisies en 3 ans

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Selon le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), présenté en début de semaine à Abidjan en Côte d’Ivoire, plus de 57 tonnes de cocaïne ont été saisies en Afrique de l’Ouest depuis 2019,  principalement au Cap Vert (16,6), au Sénégal (4,7), au Bénin (3,9), en Côte d’Ivoire (3,5), en Gambie (3) et en Guinée-Bissau (2,7) entre 2019 et 2022, preuve que plus aucun pays côtier de la sous région n'est épargné par ce fléau. En janvier 2021, plus de 100 kilos de cocaïne avait été saisies dans une villa à Conakry.

Le rapport précise que "la consommation de drogue en Afrique touche principalement les jeunes hommes de moins de 35 ans" et que "93% des personnes traitées pour des troubles liés à la consommation de drogues en Afrique sont des hommes" dont "l’âge moyen est d’environ 30 ans".

L'ONUDC souligne aussi que "les atteintes à l'État de droit générées par les conflits et les tensions politiques offrent un environnement propice à la production et au trafic de drogues, générant des revenus aux groupes armés qui, à leur tour, alimentent les conflits".

"Si 90% de la cocaïne saisie dans le monde suit les routes maritimes, d’importantes saisies enregistrées au Niger (214 kg), au Burkina Faso (115 kg) et au Mali (33,9 kg) depuis 2021, démontrent que la route sahélienne reste une zone de transit relativement importante", estime-t-on dans le document.

"Les arrestations en Afrique de l'Ouest associées à des saisies record de cette drogue dans la région suggèrent également que le trafic, en dehors de la zone de conflit du Sahel, pourrait financer les groupes armés qui y opèrent. Plusieurs individus soupçonnés d'être impliqués dans des saisies de cocaïne dans les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, notamment en Guinée Bissau, en Gambie et en Côte d'Ivoire, détenaient par exemple des passeports de pays sahéliens", ajoute-t-il.

Par Guinee28

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Tierno Monénembo : l’Afrique face à la guerre du blé

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Une balle éclate en Ukraine et c’est la famine au Sahel. L’effet « mondialisation » fait penser à « l’effet papillon » cher à Edward Lorenz, l’un des maîtres à penser de la fameuse théorie du chaos : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Pour extraordinaire que cela paraisse, ce scénario catastrophe est plausible sur le plan météorologique aussi bien que sur le plan alimentaire. Une feuille morte tombe en Australie et c’est l’avalanche au Groenland ! Un grain de blé se perd à Kiev,  et c’est la pénurie de semoule à Bamako ! Il n’y a pas de petite querelle, disait Hampâthé  Bâ, il n’y a pas de petite cause non plus. C’est un simple soupir de bébé qui déclenchera le big-bang final, si ça trouve. La vie est un tout. C’est pour avoir oublié cela que nous avons bâti ce monde absurde de frontières factices et de nations belliqueuses.

Mais bon, ce n’est pas en 2 022 que nous allons corriger les erreurs commises au Néolithique. Le nationalisme est devenu notre dogme et   la guerre, notre mode vie. Partout, même sur les atolls du Pacifique, la géopolitique a pris le pas sur la morale et la religion. Rangez votre bible, parlez-moi d’intérêt et de stratégie ! Point de regret ! Si l’habitude est une seconde nature, l’erreur, elle est une seconde erreur. Faisons comme De Gaulle, prenons le monde « tel qu’il est » et tant-pis, si plus personne ne peut limiter les dégâts. Et le monde tel qu’il est, c’est d’abord et  avant tout, la guerre d’Ukraine ou plutôt la guerre du blé.

La Russie et l’Ukraine exportent à eux seuls 30% du blé mondial. C’est dire que le conflit entre ces deux nations slaves,  entraînera inévitablement une crise alimentaire de grande importance (l’ONU parle déjà d’un ouragan de famines »). Et bien que fort éloignée de la zone de turbulence, l’Afrique en sera la première victime. Et pour cause, c’est elle qui dépend le plus des céréaliers de Moscou et de Kiev : en moyenne, 40% de sa consommation, 65% pour le Sénégal, 68% pour la RD du Congo, 75 % pour le Bénin et le Soudan, 85% pour l’Egypte, 100 % pour la Somalie.

Pourquoi croyez-vous que Macky Sall (président en exercice de l’Union Africaine)  et Moussa Faki Mahamat (Secrétaire Exécutif de ladite organisation) ont rencontré Poutine à Sotchi le 3 Juin dernier ? Bien sûr, pour prôner la paix et l’amitié entre les peuples comme le veut la liturgie diplomatique mais aussi et surtout pour exhorter le nouveau tsar de toutes les Russies à débloquer  les 20 000 000 de tonnes de céréales que la guerre a bloquées dans les ports de Kharkiv et d’Odessa.

Dans l’imagerie universelle, quoi de plus normal que l’Afrique quémande à manger ! Et pourtant, ce continent, à lui seul, pourrait nourrir l’humanité. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les spécialistes de la FAO. Elle disposerait de 50 à 60% des terres arables disponibles dans le monde. Là, comme dans les autres secteurs d’activité, ce ne sont pas les moyens qui manquent, c’est la volonté politique, c’est l’imagination au pouvoir. Nos dirigeants n’ont pas encore compris que la dépendance alimentaire est la pierre angulaire de la dépendance politique. Nous resterons assujettis et sous-développés tant que nous cracherons sur le manioc et l’igname, le niébé et la banane- plantain pour nous empiffrer de ce blé qui ne pousse même pas sur nos terres.

Malgré les projets faramineux et les discours grandiloquents, aucun de nos Etats n’a réussi à briser cette intolérable absurdité née de la domination européenne : l’Afrique est le seul continent qui produit ce qu’il ne consomme pas et qui consomme ce qu’il ne produit pas. Au fond, la colonisation n’est pas dans le canon, elle est dans l’assiette.

Tierno Monénembo, in  Le Point

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Conflit domanial meurtrier de Madina-Oula : près de 30 personnes arrêtées

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Près de 30 personnes ont été arrêtées suite au drame survenu jeudi dernier autour d’un conflit domanial à Madina-Oula, dans Kindia, a annoncé le Parquet Général de la Cour d’Appel de Conakry dans un communiqué.

Ci-dessous l’intégralité du communiqué.

La cellule de communication du Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry informe l’opinion publique nationale que Mardi 28 Juin 2022, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kindia a été informé par le Commandant de la Région de la Gendarmerie Territoriale de Kindia de la mort par fusillade de deux (02) citoyens dans la localité de Nègueya, sous-préfecture de Madina-oula à savoir :

-Yaya Modou CAMARA, cultivateur, domicilié à sékhousoriya, âgé de 37 ans, marié à deux (02) femmes et père de douze (12) enfants; -Abass CAMARA, forgeron, domicilié à sékhousoriya, marié à deux (02) femmes et père de dix (10) enfants. Outre ces cas de perte en vies humaines, huit (08) cas de blessés dont six (06) par balle et deux (02) par coups et blessures ont été enregistrés.

Cette situation est consécutive à un conflit domanial qui oppose Nègueya et Dar-Es-Salam où chaque partie réclame la propriété sur le domaine cultivable situé au secteur Foussikhouré dans le district de Haut-Tamisso, Commune Rurale de Madina-Oula.

Selon les informations portées à la connaissance du Parquet général par le Procureur d’Instance de Kindia, cette affaire domaniale a été portée devant les instances judiciaires (Tribunal de Première Instance de Kindia et la Cour d’Appel de Conakry, statuant en matière civile) et reste toujours pendante par devant la Cour suprême.

Une requête aux fins de sursis de l’arrêt n°552 du 30 novembre 2021 rendu par la Première Chambre Civile, Economique et Administrative de la Cour d’Appel de Conakry des Sieurs Fodé Mory Ciré DRAME, Fodé Balia DRAME, Moussa DRAME, Boukhary DRAME, Fodé Halimadou DRAME, El hadj Saliou DRAME et autres, tous citoyens de nationalité guinéenne, domiciliés au District de Dar-Es-Salam, ayant pour conseils Maitres Mory DOUMBOUYA, Lancei 3 DOUMBOUYA et Antoine GBILIMOU, Avocats à la Cour, a été introduite à la Cour Suprême.

Pour des fins de procédure, une offre de garantie de la somme de cinq cent mille francs guinéens (500.000GNF) a été versée sur le compte de la Cour suprême ouvert dans les livres de la Banque Centrale de la République de Guinée suivant reçu n° 43836 en date du 22 mars 2022, conformément à l’article 81 de la Loi organique L/2017/003/AN du 23 février 2017 portant attribution, organisation et fonctionnement de la Cour Suprême par les requérants.

C’est dans l’attente de l’examen de ladite affaire par la Cour Suprême, que les parties se sont affrontées sur le domaine conflictuel soldé par des pertes en vie humaine et des blessés par balle de fusils de calibre douze de fabrication locale.

Face à cette situation, le parquet d’instance sur nos instructions avait immédiatement dépêché l’Escadron de Gendarmerie Mobile n° 07 de Kindia, la CMIS de Kindia et la protection civile sur les lieux pour faire cesser tout trouble et procéder à l’identification et à l’interpellation des personnes suspectées en lien avec ces faits criminels.

Au regard de la gravité des faits et la complexité des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité, une commission d’enquête composée de seize (16) Officiers de Police judiciaire de la Gendarmerie et de la Police a été mise en place sur les instructions du Parquet Général et sous la direction du Parquet d’Instance.

A ce jour, cette commission d’enquête a interpellé seize (16) personnes dans la journée du mardi 28 juin 2022 et dix (10) autres le mercredi 29 juin 2022, toutes placées en garde à vue tant au niveau de l’Escadron Gendarmerie Mobile que de la Compagnie de la Gendarmerie de Kindia sous haute sécurité pour des besoins d’enquête.

Un fusil de chasse a été saisi, les blessés conduits à l’Hôpital Régional de Kindia pour des soins d’urgence ainsi que les corps des deux (02) victimes ont été déposés à la morgue pour des fins d’autopsie.

En attendant le règlement de la présente procédure et surtout pour éviter tout affrontement, le Parquet Général instruit au Procureur d’Instance de prendre toutes les mesures conservatoires d’interdiction formelle aux deux parties de procéder de quelques activités que ce soient sur les lieux litigieux.

En outre, de poursuivre des interpellations des personnes impliquées dans les faits incriminés dans le respect de la présomption d’innocence et des droits sacrés à la défense.

Le Parquet Général tout en présentant ses condoléances aux familles éplorées, rassure l’opinion publique de l’application rigoureuse de la loi dans la présente cause et met en garde toute action visant à la vendetta (justice privée).

Il rappelle qu’en application des dispositions de l’article 208 du code pénal que le meurtre commis avec préméditation ou guet apens constitue un assassinat passible de la réclusion criminelle à perpétuité sans préjudice de l’application de l’article 114 relatif à la période de sureté.

Il instruit d’ailleurs au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kindia, conformément à l’article 8 alinéa 3 du code de procédure pénale, de communiquer au besoin pour rendre public des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges contre les personnes mises en cause.

Fait à notre Parquet, Jeudi 30 juin 2022.

Le Procureure Général

Alphonse Charles Wright

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