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Ousmane Kaba se lâche : « lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays.. ! » (Interview)

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Alors qu’il se bat pour la légalisation de son parti, le PADES (parti des démocrates pour l’espoir), jugé illégal par le ministère de l’Administration du territoire, Docteur Ousmane Kaba a accordé une interview à quatre médias en ligne dont Guinee28.info. Dans cet entretien il raconte notamment son calvaire après son exclusion du RPG-ARC-CIEL, mais surtout il dénonce les violences contre les journalistes en Guinée. « Si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur », dit-il. Lisez !

Bonsoir Docteur Kaba

Pour commencer comment se porte le PADES?

Ousmane Kaba : Le PADES se porte très  bien. Il y a beaucoup d'adhésion réellement sur toute l'étendue du territoire national. C'est ce qui nous réconforte et qui prouve à suffisance que c'est une bonne opportunité pour les Guinéens de s'exprimer.  C'est un parti qui offre un cadre nouveau, aux Guinéens qui sont souvent blasés du monde politique.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Vous revenez d'une tournée en Haute Guinée, comment s'est-elle passée?

La tournée s'est passée très bien.Partout, nous avons été très bien reçus. Ce qui veut dire qu'il y avait une certaine attente de la population. Nous avons identifiez des problèmes majeurs, notamment des problèmes d'infrastructures. Les populations ont été frappées par le fait qu'il n y a pas eu de route dans ces zones alors que s'était l'uns des points forts des campagnes présidentielles de 2010 et 2015. Les populations se rendent comptent que, bientôt la fin du second mandat (rire) et qu'elles n'ont pas bénéficié des infrastructures promises.

Egalement un deuxième point important, c'est que les jeunes n'ont pas d'emploi. Donc il y a une revendication sociale, sur ce point précis. Moi je n'ai pas manqué d'expliquer à ces populations que ces problèmes posés sont des problèmes de toute la Guinée en réalité. Par ce que les gens ont l'impression que se sont eux seulement qui sont les oubliés du système actuel.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Comment se passe l'implantation du PADES à l'intérieur du pays?

Je dois dire que ça se passe avec beaucoup d'enthousiasme. Un peu partout, lorsque les populations prennent connaissance de l'existence du PADES, les missions se sont succédées dans différentes zones.Ce que je constate, c'est que ce sont les personnes elles-mêmes qui s'organisent, pour former les différentes structures sur place et nous envoyons des gens valider ces structures sur place.

Dans combien de préfectures êtes-vous implantés?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Là où moi j'ai été, c'est dans les préfectures de Kouroussa, Kankan, de Siguri, et la zone qui est à cheval entre Kouroussa et Dabola, le Woulada. Voilà tout ce périmètre que j'ai balayé sans compter  Kérouané et Banankoro ainsi que Mandiana. Par contre, le PADES c'est sur toute l'étendue du territoire national. Nous sommes entrain de valider beaucoup de bureaux à Labé, Lélouma, Pita, Dalaba  et nous sommes entrain de nous installer sur la Basse Côte. A Conakry, il y a beaucoup de bureaux qui sont entrain d'être validés, en forêt également. Mais moi-même je constate que les deux zones les plus dynamiques dans l'installation des structures du PADES c'est la Haute Guinée et le Foutah.

Est-ce que vous compter vous rendre dans ces zones avant la tenues des élections locales ?

Ce qui est sûr, c'est que j'irais au Foutah mais je ne peux pas vous dire à quelle date précise.  C'est certain que je ferais le tour de la Guinée. J'ai beaucoup de militants au Fouta et c'est mon pays il faut que j’y aille. C'est une priorité pour moi. Les jeunes commencent à trouver des réponses au PADES.

Il y a une alliance en gestation, on apprend que le PADES est membre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Vous avez bien fait de dire alliance en gestation par ce qu'il n’y a pas d'alliance pour le moment. Nous avons fait une première réunion. C'était pour prendre connaissance, de l'objectif d'une éventuelle alliance. C'est une réunion qui a duré 15 à 20 minutes mais je constate qu'il y a eu énormément d'échos par ce que les gens ont vu les prémisses d'une 3ème force dans le pays. Vous savez, il y a des phénomènes que l'on ne prévoit pas. Je n'avais jamais pensé qu'une réunion d'une dizaine de minutes, allait avoir autant d'impacts. Surtout que l'alliance n'est même pas encore formée. Cela signifie, qu'il y a une attente des populations Guinéennes, et que les Guinéens veulent voir la bipolarisation de la vie politique changer. Qu’on n’ait pas seulement ces deux pôles, qui sont entrain de monopoliser la vie politique autour du RPG arc en ciel et de l'UFDG.  Les Guinéens ont envie d'avoir un autre groupe en face, qui pourra faire des propositions pour l'avenir de ce pays.

La CENI a donné la date du 4 février 2018 pour la tenue des élections locales, est ce que vous y croyez ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Ce que je sais, c'est que dans le passé, il y a eu beaucoup de dates glissantes. Mais contrairement à ce que la plupart des gens pensent, qu'il s'agit de l'impréparation de la CENI sur le plan technique, moi j'ai toujours pensé que la Guinée est un petit pays même à l'échelle de l'Afrique et que préparer des élections n'est pas si compliqué que cela. Le vrai problème, c'est le financement. Chaque fois les budgets sont votés mais la mise à disposition des fonds se fait avec beaucoup de retards. Cela découle simplement, du fait qu'il n’y a pas de volonté politique, de respecter les dates constitutionnelles. C'est très bien de dire que la CENI est une structure indépendante mais si la CENI n'a pas les moyens de sa politique et qu’elle doit travailler avec des dotations budgétaires, c'est là à mon avis qu'il y a le problème. Chaque fois que la mise à disposition des fonds retarde, le calendrier de la CENI glisse. Et aujourd'hui, sur les 300 milliards qui étaient prévus pour l'organisation des élections locales, il n’y a que 90 milliards qui sont mises à disposition. Voilà. Alors dites-moi si la CENI va respecter la date, je vous direz plutôt si les finances vont mettre l'argent à la disposition de la CENI à temps (rire).

Lors de la session rectificative de la loi des finances, un montant avait été octroyé à la CENI. Est-ce qu’il y aura un débat dans ce sens ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

J’espère bien. C’est aujourd’hui (mercredi, 1er novembre, NDLR) qu’on a reçu la nouvelle loi des finances 2018 et au moment où je vous parle le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque Centrale vont présenter ce projet à l’Assemblée nationale.

La session budgétaire s’est ouverte le 05 octobre, comment vous l’abordez ?

D’abord la session, elle a été juste formellement ouverte, mais jusqu’à présent nous n’avons pas commencé à travailler, on n’a perdu un mois.

Pour quelle raison ?

Parce que les documents n’avaient pas été déposés par le gouvernement. Le gouvernement vient d‘envoyer ce projet de loi des finances 2018, il y a juste 24 heures. A l’heure où je vous parle le gouvernement est en train de présenter ce projet, c’est pour vous dire que le travail a commencé avec beaucoup de retard, mais cela ne nous empêche pas, nous aurons suffisamment  de temps pour discuter de l’essentiel du budget.

Comment vous analysez la gouvernance actuelle ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Je pense qu’elle n’est pas bonne. C’est la raison pour laquelle nous avons créé le PADES (sourire). Il y a eu des reformes dans beaucoup des secteurs, pour la plupart ces reformes étaient mal préparées et on n’est pas sûr qu’on aura les résultats qui soientescomptés.

On apprend que le ministre de l’Administration du territoire vous a adressé un courrier pour vous signifier que votre parti n’est pas légal est ce vrai ? 

C’est vrai, mais je pense qu’il y a eu violation de la loi. La constitution garantit à tous les citoyens guinéens la liberté d’association et la liberté d’organisation, de participation aux activités politique, économique et sociale dans notre pays. C’est l’article 10 de la constitution qui le dit. Nous avons constaté que le ministère de l’Administration est en train de faire de l’abus d’autorité et de pouvoir et que son comportement n’est pas du tout conforme à la loi. Mais heureusement qu’il y a des recours, puisqu’il y a la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, et il y a l’institution nationale des droits humains. Vous savez qu’en 2010, avec les amis nous avions crée le parti PLUS, trois mois après on n’a pu participer à l’élection présidentielle.  Entre les deux tours nous avons initié l’alliance ARC-EN-CIEL pour aider le candidat Alpha Condé à accéder à la magistrature suprême. Nous avons eu du succès puisque de 18% cette alliance a pu aider le professeur à avoir 52% et à être Président de la République. Et en 2012, dans un souci de stabilité politique, nous avons fait une fusion de plusieurs partis pour créer le RPG-ARC-EN-CIEL. 38 partis politiques se sont donnés rendez-vous pour Fusillier dont le parti PLUS et le RPG lui même pour donner le RGP-ARC-EN-CIEL. A ce stade il est important de dire que beaucoup d’autres ont refusé ce que nous-nous avons accepté, sans doute par naïveté et la croyance en la parole donnée.[rsnippet id="1" name="pub google"]

C’est la veut dire que vous regrettez  aujourd’hui?

Absolument. Vous savez la situation dans laquelle on est (rire). En 2016 nous avons eu des divergences avec le Président de la République qui avait tenu de discours à connotation ethnique, ce que nous- nous avons condamné. Nous avons subis des représailles, puisque d’abord nous avons été exclus du RPG-ARC-EN-CIEL, dont nous sommes fondateurs (rire), sans même demander d’explications. Nous étions trois signataires de la lettre de contestation dont deux du RPG-ARC-EN-CIEL, tandis que l’autre a été écouté et réintégré moi j’ai été directement expulsé du parti sans ménagement, en contradiction avec les règles internes du parti. Deuxième élément, nous avons été évincés de nos postes de responsabilité à l’Assemblée nationale, puisque j’étais le président de la commission économique. Troisièmement nous avons été  évincés du poste de représentant de notre Assemblée nationale, donc du député au parlement conjoint Afrique-Caraïbe, Union européenne-ACP.

Un an après, devant la faillite de la gouvernance actuelle, devant un espace politique qui a un besoin de renouveau,c’est ce qui nous a emmener pour dire on va créer un nouveau Parti.[rsnippet id="1" name="pub google"]

L’enseignement supérieur a orienté tous les nouveaux étudiants dans les universités publiques. Est-ce que cela a eu une incidence sur les institutions privées ?

Bien sûr que ça eu des incidences sur toutes les universités privées. Puisque les universités privées avaient l’habitude d’avoir un flux d’étudiants qui va diminuer de manière dramatique. C’est évident ! Mais le problème il est plus complexe que cela. Je pense qu’il faut se rappeler : dans tous les autres pays, nous avons le même problème. L’Etat n’est pas capable d’offrir suffisamment d’infrastructures pour permettre l’éducation de tous les étudiants. Parce que la population estudiantine explose dans tous les pays. Pour donner juste un exemple, cette année en Côte d’ivoire, il y’a eu plus de 100 milles bacheliers. Les universités publiques n’ont pu recueillir que 25%. Les ¾ ont été orientés dans les institutions privées. Or la Cote d’ivoire a énormément investi dans les universités publiques. Malgré cela elles ne peuvent accueillir que le ¼ des étudiants. C’est pour vous dire que le problème n’est pas  guinéen.

Malheureusement nous allons toujours à contre-courant de ce que font les autres. A contre-courant de la raison, tout court. L’année dernière déjà, l’Etat a orienté dans les universités publiques près de 30 milles étudiants alors que les structures ne permettent pas d’accueillir ces étudiants. A telle enseigne qu’ils n’avaient que deux jours de cours à moyenne par semaine. Ce qui est très peu. Cette année, ils ont pris le pari d’y envoyer tous les étudiants. Ça veut dire que la qualité de l’enseignement publique qui est déjà mauvaise va devenir médiocre. Beaucoup de gens n’avaient pas compris. On dit que les Universités privées ont pris l’Etat en otage, c’est l’inverse. Dans la mesure où en Guinée, tous les bacheliers sont boursiers. Ça veut dire que les universités privées n’ont pas de marché libre. Donc c’est ce qui se passe en Guinée depuis pas mal de temps.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Aujourd’hui quels sont les étudiants qui viennent s’inscrire chez nous ? C’est essentiellement les étudiants qui ont été orientés dans les universités publiques qui ne veulent pas s’y rendre. Parce qu’ils ont quelques moyens à se payer les universités privées. Et qui la qualité y est meilleure. En Guinée et ailleurs, les écoles privées donnent toujours les meilleurs cours que les écoles publiques.

La raison invoquée par le ministère de l’enseignement supérieur est que l’Etat dépense trop d’argent en envoyant les Etudiants dans le privé. N’a-t-il pas raison de rectifier ce tir s’il est avéré ?

D’abord, ce n’est pas correct. L’année dernière, le budget qui était alloué aux universités privées n’avait pas atteint les 150 milliards dans un budget de 914 milliards. Par différence, les universités privées dépensent moins de deux à trois fois que les universités publiques. J’insiste là-dessus parce que c’est ce qu’ils inculquent dans l’esprit des gens. Ce qui est faux. Maintenant cette année l’Etat n’a pas orienté d’étudiants dans les universités privées, on verra bien le résultat. En réalité, les universités publiques dépensent plus cher que les universités privées.

(….) jusqu’au moment où je vous parle, les universités privées n’ont pas de contrat avec l’Etat pour les Etudiants en licences 2 et 3. C'est-à-dire, ils ont fait la 1ère année, et la 2ème année sans contrat à plus forte raison de paiement. Nous sommes avec deux promotions dans les universités privées sans contrats. C’est vraiment un exemple de mauvaise fois de l’Etat.

Un autre exemple de mauvaise foi, l’année dernière l’Etat a dit qu’il y avait 32 milles fictifs dans les universités privées alors que l’ensemble des étudiants que l’Etat paie étaient de 25 milles. C’est vraiment le non sens total. Est-ce que c’est cela qu’on appelle des reformes ? Non !

Est-ce qu’on peut savoir combien l’Etat doit à votre université, Kofi Annan ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Non, on ne peut pas le savoir. On ne peut le savoir qu’avec un contrat bien ficelé.

Que risquent ces étudiants de la licence 3 qui sont à la fin de leur formation cette année ? Est-ce qu’ils recevront leur diplôme ?

Le fait de n’avoir pas de contrat avec l’Etat, n’est pas la faute à eux. C’est dû à la mauvaise fois de l’Etat. Je pense dans un, deux à trois mois, on aura réglé ça puisque nous sommes en phase de discussions. Et nous continuons les discussions. Je constate d’ailleurs qu’il (le ministère de l’enseignement supérieur) nous écoute beaucoup mieux maintenant qu’avant parce qu’il n’y a plus de boursiers maintenant (rire).

Actualité oblige, une rumeur sur la santé du Président Alpha Condé a entrainé l’arrestation d’un responsable de média privée, et aux bastonnades des journalistes à l’escadron mobile de Matam. Votre réaction ?[rsnippet id="1" name="pub google"]

Moi personnellement je n’étais pas au courant de cette rumeur. Je ne commente pas ça. Mais dans un pays, si on commence à bastonner les journalistes, il faut avoir peur. C’est très mauvais pour le pays. Ce n’est pas une affaire de journalistes. C’est une affaire de la démocratie. Chaque fois qu’on veut bâillonner un pays, on s’en prend à la presse. Il n’y a pas de démocratie sans la presse. Lorsqu’il y a bastonnade de journalistes dans un pays, nous devons être inquiets. Ce n’est pas une solidarité d’une corporation mais c’est une solidarité du système lui-même. En Guinée, il y a des signes qui démontrent que ça ne va pas, aujourd’hui, nous avons la grève des avocats, nous avons des journalistes qui sont bastonnés, un parti (ndlr PADES) qu’on nie l’existence, des gens qui réclament leurs droits un peu partout. Tout ça, sont des signes qui vont ensemble.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Merci

Interview coréalisé par Guinee28.info, le pointplus.info, afrinews.org et newsdeguinee.com  

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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Kaporo-rails : les femmes victimes demandent l’arrêt des travaux de la société IMAAG-HOLDING

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Dans une déclaration lue ce samedi, les femmes victimes du déguerpissement de  Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ont exigé l’arrêt des travaux de la société IMAAG-HOLDING.

Déclaration :

En ce jour du 23 octobre 2021, pour la première fois depuis la casse de nos propriétés à  Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse nous, femmes victimes de cette injustice venons exprimer à travers cette mobilisation notre cris de détresse.

Nous remercions Dieu pour l’avènement du CNRD qui promet la justice et l’espoir.

Mais, ceux qui, usant de la violence d’Etat, nous ont dépossédés de nos biens naviguent toujours dans les hautes sphères de l’administrions.  Pire, ils se moquettent de l’engagement des autorités décidées à faire la lumière sur la gouvernance passée. Ils sont décidés à vendre nos terres à des étrangers et d’autres Guinéens riches.

La société ivoirienne IMAAG-HOLDING travaille sur le terrain sans inquiétude. Elle exploite cette cour qui est derrière nous ainsi qu’une autre centrale à béton. Tous les jours, des camions et machines sont en mouvement.

Cela est inacceptable. C’est une moquerie à notre douleur. Nous demandons instamment aux autorités de mettre un terme à ces transactions, illégales et immorales.

Si nous voulons la reconstruction d’une Guinée viable, la vérité et la justice doivent nous guider. Les autorités militaires ont l’obligation morale et légale de remédier aux problèmes créés par Ibrahima Kourouma sur instruction de son maître Alpha Condé.

Le dossier Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse est simple. Il s’agit pour l’Etat de reconnaître les crimes commis par Alpha Condé, de mettre en place un plan de restitution et de dédommagement des propriétaires, et surtout d’ouvrir des enquêtes sur cette tragédie afin de punir les coupables. Ceci en conformité avec les textes légaux.

Les opérations de ventes illégales de nos terrains constituent une entreprise de fraude qui va enrichir des éléments de l’administration. Elles vont compliquer un dossier simple à régler.

Les femmes de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse saisissent l’occasion pour rappeler qu’elles et leurs familles ont été victimes de toutes sortes d’humiliation par le régime d’Alpha Condé. Outre les démolitions de nos propriétés, nous avons été brutalisées, insultées et jetées dans la rue comme des étrangères. 3 mille 641  enfants de Kaporo-rails ont été privés de leurs droits dont celui d’aller à l’école. Nos vies ont été détruites. Des familles vivent de façon précaire dans Conakry, Coyah ou Dubréka. Le plus souvent, certaines d’entre nous sont séparées de nos enfants et de nos maris faute de moyens. Nous avons survécu depuis plus de deux ans dans une Guinée où le plus fort écrasait le plus faible.

Des époux qui ont servi la République sont morts en laissant des centaines de veuves avec leurs enfants sans assistance. Le désespoir pousse certains de nos enfants à s’exiler en bravant l’océan. On a enregistré plusieurs décès dans la Mer Méditerranée.

Nous venons interpeller publiquement le Président Mamadi Doumbouya, et lui signifier que nul n’a le droit d’être traité comme nous l’avons été.  Nous voudrions pour terminer rappeler que les victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ont déposé un mémorandum au CNRD et ont sollicité une audience avec le Chef de l’Etat. Nous restons toujours dans l’attente d’une rencontre qui permettra au Président Doumbouya de mieux comprendre les injustices dont nous avons été l’objet.

Nous espérons que ce mémorandum facilitera les démarches pour la réparation des injustices de Kaporo-Rails.

Je vous remercie !

Conakry le 23 octobre 2021

Les femmes du Collectif

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Bakary Keita au maire de Ratoma : « vos actions sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane »

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Le mort de Souleymane Diallo, universitaire et administrateur du marché de Taouyah, dont le corps a été retrouvé suspendu dans un arbre dans  la matinée de ce 22 octobre, à son domicile à Koloma, laisse ses proches dans l’émoi. Mais au-delà- de l’émotion certains comme Mohamed Bakary Keita, secrétaire national de la jeunesse de l'UFDG, pense que ses relations « inamicales » entre le maire de Ratoma Issa Soumah, et lui serait l’une des raisons de son acte. « Sans nul doute, vos actions néfastes sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane », écrit M. Keita dans une lettre ouverte. Lettre dans laquelle il décrit le maire comme quelqu’un de méprisant vis à vis de ses collaborateurs et des citoyens de la commune qui l’ont pourtant porté à la tête de Ratoma.   

Lisez :  

Lettre ouverte à Monsieur Issa Soumah, Maire de la commune de Ratoma

Si j'ai pris le soin de vous adresser cette lettre ouverte, c'est que je le fais en tant que citoyen guinéen. Je ne m'adresse pas à vous en qualité de secrétaire national de la jeunesse de l'UFDG; au sein du parti, il existe des canaux de communication. Comme je ne parle d'un sujet  afférent au parti, alors je vous interpelle. Je pourrais faire allusion à ce que nous avons en commun, le parti et ses valeurs , mais ces évocations ne servent qu'à vous rappeler ce que vous savez du sujet que j'aborde et  que vous pourriez avoir sur votre conscience.

Monsieur le Maire,  un de vos collaborateurs, Monsieur  Souleymane Diallo, nommé par vous-même comme administrateur du marché de Taouyah s'est donné la mort par pendaison.  Il était membre du parti, le même que vous : l'UFDG. Il fut un des membres du comité de soutien à votre élection à l'exécutif communal de Ratoma. Il  était chargé de cours dans les universités privées. Il était d'un engagement sans faille quand il s'agissait de défendre les valeurs du parti.  Alors, il ne se demandait pas s'il y avait à gagner pour son compte dès lors  que les  intérêts du parti étaient en jeu.  Il était l'un des huit jeunes du parti qui avaient été arrêtés devant le Ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation alors qu'ils protestaient contre l'annulation de la victoire de M. Kalemodou Yansané à l'éxecutif  communal de Matoto par M. Bourema Condé.  Alors que 500 jeunes du parti avaient été annoncés à cette manifestation  pacifique, seulement 39 avaient répondu à l'appel. Souleymane Diallo était  dans les premières lignes. Il y fut arrêté avec moi et mis en prison de nombreuses semaines.

Monsieur le Maire,

Après que vous l'avez nommé administrateur du marché de Taouyah, vous l'avez dépouillé de toutes ses prérogatives au profit de vos amis. Il était réduit à néant et vivait un grand désespoir qu'il a tu et qui s'est exprimé par le drame affreux qui en a résulté.

Monsieur le Maire, derrière le suicide, se cache un message, celui de la préférence de la mort souvent violente et imminente à sa condition. Quel triste message ! Les raisons d'un tel choix doivent être  identifiées, compris pour qu'il ne se perpétue pas. Le suicide n'est pas un acte anodin.

Monsieur le Maire, un collaborateur dont les prérogatives ne valent rien que le titre, qui n'a pas accès à celui qui le nomme, qui n'est pas écouté par ses collaborateurs, qui se sent méprisé et inutile vit un calvaire qu'il finit par gravir.

Sans nul doute, vos actions néfastes sont pour quelque chose dans le suicide de Souleymane.  Quelles que fussent les raisons pour lesquelles  il s'est donné la mort, le Maire que vous êtes aurait dû se rendre dans sa famille pour lui exprimer votre compassion. Il fut votre collaborateur, un de vos  grands soutiens,  un membre de votre parti politique,  un citoyen de votre commune. En vous refusant  toute présence dans sa famille pour y présenter vos condoléances, vous montrez le mépris que vous n'avez cessé d'avoir à son égard.  Ce ne serait pas trop si je vous dis que vous méprisez la jeunesse de l'UFDG et celle de la commune que vous dirigez. Nul  besoin de vous rappeler que Souleymane Diallo était aussi un membre actif du CNJ-UFDG, du bureau fédéral de Ratoma 1 et un citoyen respecté de Ratoma pour son éducation. Au-delà de sa personne, il faudra admettre que vous méprisez les jeunes et êtes indifférent à ce qui les touche et insensible à l'épreuve qui frappe vos collaborateurs. Votre acte est inhumain et montre que vous n'êtes pas attentif aux cris de cœur de ceux placés sous votre administration.

Monsieur le Maire,

Comment avez-vous pu ne pas être affecté par ce drame ? Comment avez-vous pu être insensible à la mort tragique de Souleymane que vous connaissez bien et qui vous a toujours renouvelé son soutien ?

J'espère que l'UFDG en tirera toutes les conséquences. Il est évident qu'il existe un fossé entre vous et les citoyens de votre commune. Pour la prochaine élection communale, il serait souhaitable de ne plus préférer Monsieur Issa Soumah aux jeunes du parti de Ratoma dont les compétences, valeurs humaines sont indéniables et surpassent celles du présent Maire. Comme il est méprisant vis-à-vis de la jeunesse du parti, insensible à ses peines, alors nous lui rendrons la pièce de sa monnaie.

Si je me suis résolu à rédiger cette lettre ouverte, c'est que je veux rester fidèle aux valeurs pour la défense desquelles je me suis engagé en politique. Si j'ai choisi de m'engager auprès du Président Cellou Dalein Diallo et que je me bats pour qu'il soit Président de la Guinée, c'est que j'ai la ferme conviction qu'il sera le Président de la réconciliation nationale,  du décollage  économique de notre pays, de la justice et surtout de la défense humaine. J'ai toujours trouvé en lui un homme plein d'humanité et de compassion envers tous, même ceux qui le combattent injustement. Quand un de ceux à qui il a placé sa confiance et que nous avons défendu la candidature manque d'humanité envers un des jeunes du parti, un de ses collaborateurs, membre de la structure juvénile du parti, alors  un sentiment d'indignation m'envahit. C'est celui-là que j'ai bien voulu exprimer dans cette lettre ouverte  qui est une invite à la compassion, à la gratitude et aussi à l'humanité autant de valeurs qu'enseignent le Président Cellou Dalein Diallo.

Mohamed Bakary Keita

Citoyen et ami de notre regretté Souleymane Diallo.

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Bruxelles : Cellou Dalein Diallo plaide pour un soutien de l’UE à la transition

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Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) séjourne depuis quelques jours à Bruxelles, en Belgique.

Cellou Dalein Diallo a saisi cette opportunité pour échanger avec Bernard Quentin, Directeur Afrique et Directeur général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) assisté de son collaborateur Roberto Olmi et de Madame Marie Shand, Responsable de la coopération internationale de la Commission européenne.  Echange au cours de laquelle, il a plaidé pour un soutien appuyé de l’Union européenne en faveur de la transition guinéenne. Transition entamée depuis le 05 septembre, jour de la chute d’Alpha Condé, renversé par un coup d’Etat militaire mené par le colonel Mamady Doumbouya.

« J’ai saisi cette opportunité pour expliquer que l’ordre constitutionnel était déjà rompu en Guinée depuis le double scrutin du 22 mars et le hold-up électoral du 18 octobre 2020. C’est pourquoi j’ai défendu que l’intervention de l’armée doit être considérée comme un premier pas vers le retour à l’ordre constitutionnel avant de plaider plutôt pour un renforcement de la coopération avec la Guinée et surtout un soutien appuyé de l’UE à la transition ».

Par Ibrahim Sylla

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