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Politique

« Ousmane Gaoual Diallo a exprimé tout haut ce que beaucoup pensent tout bas »

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Etant un des meneurs de toutes les grandes manifestations des forces du changement de 1990 à 2009 (j'étais en prison dans l'affaire du 19 juillet pour toutes celles de 2011 à 2013 ), par devoir moral, je ne vais jamais abandonner le combat pour la défense de la mémoire de tous ces jeunes gens tués à la fleur de l'âge pour avoir cru à l'idéal de démocratie. C'est pourquoi je réagi vigoureusement contre tous ceux qui disent que les opposants envoient les enfants à la boucherie. C'est cynique de prendre les jeunes manifestants pour du bétail livrés aux forces de sécurité transformés en bouchers.

Maintenant, Alpha Condé vient de faire une fois de plus un aveux terrible sans le savoir lorsqu'il a dit : "L'argent n'aime pas le bruit et c'est pendant les périodes de 2011, 2012 et 2013 que l'opposition a choisi de mettre les enfants dans la rue pour les faire tuer afin d'empêcher les investisseurs de venir en Guinée ".
Qui tue les enfants? Ce sont les forces de sécurité qui étaient sous les ordres directs d'Alpha Condé de 2011 à 2015 en tant que ministre de la défense nationale. C'est pourquoi aucun procureur de la République n'a osé ouvrir une enquête judiciaire sur ces tueries, ni n'a reconnu comme recevable les plaintes des victimes.
Alpha Condé fait obstruction à la justice dans l'affaire du 28 septembre 2009 en maintenant dans leurs fonctions des officiers inculpés par les juges d'instruction, en s'opposant au retour du capitaine Moussa Dadis Camara pour se présenter devant les juges ainsi que le général Sekouba Konate tous les deux volontaires pour se défendre même devant la CPI.
Il protège et félicite les tueurs de nos jeunes manifestants. Nous l'avons vu rendre visite à des gendarmes blessés légèrement alors qu'au même moment des civils sont tués et d'autres gravement blessés se trouvaient dans les hôpitaux et cliniques de Conakry, sans qu'il ne daigne leur témoigner la moindre compassion. Ces propos et comportements d'Alpha Condé ne choquent pas certaines bonnes âmes de notre pays, ils s'en prennent plutôt contre ses victimes qui ne doivent surtout pas se plaindre.
Le colonel Issa Camara et ses hommes ont semé la terreur deux jours durant dans la ville de Mali Yemberen en blessant plusieurs personnes, en pillant et incendiant des boutiques. Face à l'hostilité des populations, il a été rappelé à Conakry, mais n'a pas été pour autant limogé par Alpha Condé qui est resté silencieux malgré la gravité des événements. Et depuis un mois des faits, aucun procureur n'a eu le courage de l'entendre après l'ouverture d'une enquête judiciaire.
Par contre, je viens de lire dans la presse que le procureur de la République s'apprête à poursuivre le député Ousmane Gaoual Diallo suite à son discours dénonçant les propos tenus par Alpha Condé et mettant en garde Bantama Sow , Malick Sankhon et Hady Barry. Ça serait prouvé encore que la justice ne sévit que contre les opposants. C'est contre eux qu'on invoque l'autorité de l'Etat. Cette justice est restée silencieuse lorsque des individus ont attaqué la prison civile de Kouroussa pour extraire et lyncher des présumés bandits. Elle est restée indifférente lorsque le tribunal de première instance de Kankan à été saccagé par des mécontents contre un jugement où lorsque deux gendarmes ont été lynchés par des jeunes en colère. A Banankoro des maisons et des motos de militants de l'opposition ont été incendiés et certains ont fuit pour sauver leurs vies lors de la présidentielle de 2015 dans l'indifférence de la justice qui a plutôt été prompte de condamner exclusivement les responsables de l'UFDG dans des affrontements avec ceux du RPG à Koundara.
Faisons très attention à l'injustice. Trop d'injustice risque de mener notre pays à la catastrophe. C'est dans ce conteste qu'il faut prendre le discours de révolte du député Ousmane Gaoual Diallo qui exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Nous ne pouvons pas parler de réconciliation nationale en mettant en avant nos différentes communautés qui ne se font nullement la guerre, mais nous occultons une douloureuse réalité où ce sont des individus qui se sont emparés du pouvoir qui utilisent tous les moyens de l'Etat, les forces de sécurité et l'appareil judiciaire pour éliminer des adversaires politiques et tous ceux qui contestent leur dictature.
Ils sont libres d'instrumentaliser à leur guise notre justice, mais tôt ou tard, ils n'échapperont pas à la justice internationale. Les cas de Hissene Habre, Charles Taylor, Laurent Gbagbo, Jean Pierre Mbemba, les génocidaires Rwandais sont instructifs à cet égard. Ils ont intérêt à bien se tenir et ne surtout pas se croire intouchables. Leurs puissants soutiens étrangers vont les lâcher le moment venu sans aucun état d'âme comme ils l'ont fait avec tous ceux cités ci-dessus.
Pourquoi tuer des citoyens Guinéens pour avoir simplement manifester contre le pouvoir? Est ce que les articles 141 et 142 de notre Constitution autorisent nos forces de défense et de sécurité à être des bouchers pour tuer comme du bétail les Guinéens? Ils sont grisés par le pouvoir et ne se rendent pas compte qu'il est éphémère et donc inévitablement ils rendront des comptes. Alpha Condé nous dit qu'il connaît bien l'histoire de la Guinée, mais je ne crois pas qu'il en a tiré les bonnes leçons pour avoir la sagesse de diriger le pays dans le stricte respect des lois dans la paix et la sécurité pour tous.

Par Alpha Saliou Wann

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Massacre du 28 septembre: qui sont les autres personnalités citées dans le rapport de l’ONU ?

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En plus du capitaine Moussa Dadis Camara, du lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba, du colonel Moussa Tiégboro Camara, du capitaine Claude Pivi, du colonel Abdoulaye Chérif Diaby…, plusieurs autres personnalités, militaires et civiles, sont aussi citées dans le rapport de l’ONU sur le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée.

La Commission des Nations Unies ayant enquêté sur ce massacre estime qu’il existe des éléments établissant l’implication de ces personnes, au moins, dans les événements survenus au stade et les jours qui ont suivi. Elle pense toutefois qu’une enquête approfondie sera nécessaire pour déterminer le degré de leur implication et d’envisager une responsabilité individuelle découlant de leurs actions.

Au nombre de ces personnes, le rapport cite :

– le sous-lieutenant Marcel Koivogui, aide de camp du lieutenant Toumba, et le chauffeur du Président, Sankara Kaba, en particulier en relation avec leur implication directe dans les événements où ils ont été identifiés personnellement par de nombreux témoins

– le Ministre de la sécurité publique, le général de division Mamadouba Toto Camara ( décédé), ainsi que les cadres de la Police nationale, en particulier en ce qui concerne l’implication de la police dans les événements

– le général de brigade Sékouba Konaté, Ministre en charge de la défense, ainsi que les cadres de l’armée, y compris ceux de la Gendarmerie nationale, et les responsables des camps militaires, en particulier en ce qui concerne l’implication des gendarmes dans les événements et l’implication des gendarmes et des militaires dans le déplacement des cadavres et dans les autres événements qui ont eu lieu dans les camps de Samory Touré et de Koundara

– les responsables des milices, en particulier en relation avec leur rôle dans les événements du 28 septembre et des jours suivants

– Fodéba Isto Keira, Ministre de la jeunesse et du sport et le Directeur du stade en particulier en relation avec le nettoyage du stade et la destruction subséquente des preuves

– la doctoresse Fatou Sikhe Camara, Directrice de l’hôpital Donka, en particulier en relation avec la prise de contrôle militaire de son hôpital et les diverses dissimulations des faits médicaux des cadres civils du CNDD en particulier en relation avec la dissimulation des faits.

Par Guinee28

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Dialogue inclusif : les principales coalitions politiques rejettent l’appel du premier ministre

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Les principales coalitions politiques guinéennes (ANAD,  FNDC politique,  CORED et RPG-Arc-en-ciel), ont à nouveau indiqué qu’elles ne prendront pas part au cadre de dialogue inclusif mis en place par le premier ministre, Bernard Gomou.

La décision a été prise ce lundi 3 octobre 2022, à l’issue d’une plénière tenue au QG de l’UFDG, à la Minière.

Dans une déclaration commune ayant sanctionné la rencontre, ces coalitions politiques  ont déploré le caractère ‘’ unilatéral’’ de la création de ce nouveau cadre de dialogue et sa ‘’subordination’’ au CNRD et au gouvernement, alors que ceux-ci sont parties prenantes, disent-elles.

Outre cela, elles ont estimé que le médiateur de la CEDEAO est plus figuratif qu’architecte capable de lever tous les obstacles, notamment les atteintes inadmissibles aux droits et libertés fondamentaux, pour rendre possible et fécond le dialogue nécessaire à une sortie réussie de la transition.

De fait, l’ANAD,  le FNDC politique,  la CORED, et RPG-Arc-en-ciel souhaitent que ce cadre de dialogue soit dirigé par le médiateur de la Cedeao en Guinée, Yayi Boni,  alors que le premier ministre a désigné trois femmes, Makalé Traoré, Hadja Aicha Bah et Mme Guilao Joséphine Léno, comme facilitatrices.

Par Mariam Bâ    

 

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Massacre du 28 septembre en Guinée : ce que note le rapport onusien du colonel Abdoulaye Chérif Diaby

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Suite à l’ouverture du procès du massacre du 28 septembre, la rédaction de guinee28 a décidé de republier en série le rapport d'enquête de l’ONU sur cette tragédie, pour la manifestation de la vérité. Cette fois-ci nous vous proposons le cas du colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la santé à l’époque des faits.

Lisez :

    1. Le colonel Abdoulaye Chérif Diaby mérite d’être mentionné dans le présent rapport, en relation avec une éventuelle responsabilité pénale directe, voire aussi une responsabilité de commandement, compte tenu des faits décrits aux paragraphes 136 à 146 et 166 à 168 ci-dessus. La Commission constate qu’il existe des raisons suffisantes de croire que les traitements médicaux et l’accès aux soins ont été refusés aux victimes blessées, et qu’il a y eu de surcroît manipulation de la documentation médicale pour dissimuler l’origine des blessures et des décès. Par ailleurs, il est manifeste qu’une absence volontairement coordonnée des processus habituels de conservation des corps, associée à une prise de contrôle sur les morgues par les forces de l’ordre, a contribué à la dissimulation des traces de l’événement, voire à leur disparition. Le Ministre de la santé a été vu à l’hôpital alors qu’il agressait verbalement le personnel soignant, leur demandant « qui vous a donné l’ordre de soigner ces gens? », donnant un coup de pied à un blessé, fermant la pharmacie et confisquant les médicaments sur les patients qui en ressortaient.
    2. La Commission constate aussi que le personnel de l’hôpital était terrifié à l’idée de lui communiquer des informations, plusieurs personnes disant qu’elles avaient reçu la consigne de ne pas parler. Certaines, conscientes des risques qui pouvaient en découler, ont toutefois accepté de partager discrètement de nombreux éléments d’information.
    3. Le Ministre de la santé a nié toute prise de contrôle militaire sur les hôpitaux, indiquant que les forces de l’ordre ne s’étaient trouvées sur place qu’à partir du mercredi. Une telle déclaration est en contradiction flagrante avec les nombreux éléments obtenus par la Commission et figurant dans le présent rapport. Le Ministre de la santé n’a par ailleurs rien entrepris pour minimiser l’impact de la prise de contrôle militaire des hôpitaux sur les patients ou sur les cadavres qui y avaient été amenés. Il n’a en outre sanctionné aucun de ses subordonnés, de quelque manière que ce soit, pour sa participation directe au refus de dispenser un traitement médical ou pour ses manquements dans la préservation des corps en vue de leur identification.

    Guinee28

    A suivre : Autres responsabilités à déterminer…

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