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NOUVEL AN 2019 ADRESSE DU CHEF DE L’ETAT A LA NATION

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Guinéennes, Guinéens,

Mes Chers Compatriotes,

 En cette année 2018, nous avons déjà célébré le soixantième anniversaire de notre indépendance nationale, sous le signe d’une souveraineté que notre pays a toujours assumée. C’est un évènement qui est pour nous tous, l’occasion de rendre un hommage exceptionnel aux héros de la cause africaine et  aux grandes figures de notre pays.

 Je voudrais rappeler, à tous, que soixante années plus tôt, en 1958, tous les leaders politiques de notre pays avaient surmonté leurs ambitions personnelles, pour s’exprimer en faveur de notre accession à la souveraineté internationale. Cet exemple de patriotisme reste aujourd’hui pour notre peuple, une valeur essentielle pour la consolidation de notre histoire.

L’année qui vient de s’écouler a été marquée sur le plan international, par de nombreuses crises économiques et sociales. Mais la Guinée a démontré la solidité de ses institutions, la maîtrise de son cadre macro-économique, son attachement à l’unité nationale ainsi qu’au renforcement de la démocratie.

Depuis 2010, la démocratie fait partie de notre histoire à l’image de notre indépendance. Elle est aussi un patrimoine que nous devons assumer ensemble, au nom du respect de  la volonté de notre peuple qui demeure le seul souverain.

Je voudrais partager avec vous ces valeurs, en cette fin d’année 2018 qui nous donne aussi l’occasion de manifester notre  solidarité à l’endroit de nos compatriotes malades et à ceux confrontés à des difficultés de la vie quotidienne.

J’associe à cette attention, toutes les personnes arrachées à notre affection au cours de l’année 2018.

J’ai une pensée toute particulière pour nos compatriotes établis à l’Étranger. Je leur souhaite mes meilleurs vœux et leur réitère notre reconnaissance pour tous les efforts qu’ils consentent pour contribuer de leur mieux au développement de notre patrie.

C’est aussi l’occasion de souhaiter une bonne année à tous les ressortissants des pays frères qui ont choisi de vivre parmi nous.

Nos pensées se tournent également vers nos soldats et toutes les  forces de défense en mission à l’Étranger dans le cadre des opérations de maintien de la paix et la stabilité de notre  région.

Mes Chers Compatriotes,

Nous finissons une année qui a été sur le plan international marquée par une baisse persistante des cours de certaines matières premières, mais notre économie tient le cap. En 2017, nous avons eu une croissance à deux chiffres de 10%, malheureusement avec les différents troubles, le taux actuel sera  entre 6 et 7%.

Dans le même temps, les réserves de la Banque Centrale sont maintenues à un taux adéquat de trois mois d’importation. Le Gouvernement continue d’œuvrer à la préservation des équilibres macro-économiques, à l’application du protocole d’accord avec le patronat et les syndicats, la mise en œuvre des reformes relatives à la transparence budgétaire et la mobilisation sécurisée des recettes.

Un autre impératif s’impose toujours à nous : il s’agit  de la gestion des projets convenus avec la Chine pour une enveloppe de 20 milliards de dollars qui seront investis dans les domaines de l’éducation, des infrastructures, de l’énergie et de l’agriculture. Plusieurs des projets concernés sont déjà en cours d’exécution.

La Guinée a également obtenu plus de 20 milliards de dollars en promesses de financements publics et privés au titre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES), lors de la réunion de Paris. Les investissements prévus seront utilisés dans divers projets. Ces engagements s’exécutent dans le cadre d’un rapport de confiance rétabli avec le Fonds Monétaire International, institution avec laquelle, notre Gouvernement vient de conclure un deuxième programme économique et financier appuyé par la ‘’Facilité Élargie de Crédit’’ d’un montant de 170 millions de dollars.

 Mes Chers Compatriotes

La Guinée est aujourd’hui un pays en chantiers. Dans le secteur des mines, l’intérêt des investisseurs s’est traduit par de nouveaux projets, et la relance d’autres réalisations, pour un investissement total prévu de plus de 10 milliards de dollars entre 2016 et 2025, dont plus de 3 milliards de dollars actuellement en cours d’exécution sur le terrain. Cette nouvelle dynamique a permis de créer plus de 17.000 emplois directs et plus de 50.000 emplois indirects.

Ces investissements ont permis d’augmenter significativement le niveau de production dans le secteur de la bauxite. Ce dernier est passé d’une stagnation en deçà de 20 millions de tonnes, pour atteindre plus de 50 millions de tonnes en 2017. En 2018, notre pays devrait pour la première fois, atteindre 60 millions de tonnes de production de bauxite. Grâce à la nouvelle politique minière, la Guinée a connu en 2018, la mise en service de ses premiers kilomètres de chemin de fer après 44 ans d’attente. De nouveaux projets de raffineries de bauxite sont en cours et deux nouveaux ports minéraliers ont vu le jour avec une certification internationale.

Dans le secteur de l’agriculture, notre priorité, nous avons deux objectifs : atteindre l’autosuffisance alimentaire, par le renforcement des cultures vivrières, élever le niveau de vie des paysans par des cultures de rente comme l’anacarde, café robusta et arabica, sésame, gingembre etc. De moins de 15.000 tonnes d’engrais en 2010,  nous atteignons aujourd’hui 100.000 tonnes. En plus du développement des différentes filières, nous réduisons de plus en plus notre dépendance alimentaire en apportant un appui constant au monde paysan, notamment par la fourniture des intrants.

Avec la Banque Africaine de Développement, nous travaillons pour la valorisation de nos produits par leur transformation industrielle, ce que nous appelons l’agrobusiness.

La filière riz a bénéficié cette année de plus de 300 moissonneuses-batteuses et 300 décortiqueuses. Des régions du pays sont désormais dotées en matériels agricoles en quantité et en qualité. L’introduction des couveuses va créer une véritable révolution et développera notre filière avicole de même que le renforcement de la pisciculture qui permet à certaines régions de l’intérieur comme le Fouta, la Haute Guinée, la Guinée Forestière de ne plus s’approvisionner en poisson à partir de la capitale. Tous ces secteurs seront modernisés à travers la mécanisation de l’outil de travail.

Guinéennes, Guinéens,

En 2018, l’État a poursuivi des efforts pour la collecte des ressources et la rationalisation de la dépense publique. C’est ainsi que sera accordée une attention toute particulière à la situation des Petites et Moyennes Entreprises, pour alléger la dette intérieure. L’exécution de nos grands travaux se poursuit avec un accent prioritaire mis sur les infrastructures routières et les ouvrages de franchissement.  Le réseau routier guinéen couvre aujourd’hui 45.301 kilomètres. Le Gouvernement a mis en place un plan d’urgence d’entretien, de rénovation et de réfection de l’ensemble des ouvrages de franchissement aujourd’hui en état critique. Mais nous sommes également attelés à la construction de nouvelles routes pour désenclaver davantage notre pays.

Mes Chers Compatriotes

La fourniture d’électricité est au cœur de notre projet de gouvernance. Notre ambition est de faire, dans cinq ans, de la Guinée, le pays le plus électrifié de la sous-région. Après le barrage de Kaléta inauguré en 2015, avec une capacité de 240 mgw, nous avons lancé en avril 2016, le projet Souapiti d’une puissance installée de 450 mgw. Le projet Amaria est lancé depuis le mois de janvier 2018 pour une capacité de production de 300 mgw. Le barrage de Koukoutamba, dans la région de Tougué, d’une puissance de 200 mgw et le barrage de Foumi à Kouroussa, de 90 Mgw. Le taux d’électrification qui était de 13,4% en 2013, est aujourd’hui passé à 35,2% sur le secteur interconnecté et 7% sur le secteur non interconnecté. D’ici 2020, notre ambition est d’atteindre un taux d’accès à l’électricité de 65% sur le secteur interconnecté. De nombreux projets de construction  de barrages sont en attente de réalisation. La construction  des mini centrales,  de Touba, Kogbedou Frankonedou, Daboya et Zebela. La construction de la centrale de Keno, le barrage hydroélectrique de Diaraguela, la centrale solaire de Koumaguely. Nous allons renforcer l’énergie hydroélectrique par l’énergie solaire, dont 80 mgw prévus à Linsan. 40 mgw déjà signés avec Solveo,  nous sommes en négociation pour 40 autres. Cela permettra de réduire le recours à l’énergie thermique.

Par ailleurs, les fournitures en soins de santé, seront revues et renforcées. Depuis 2014, la Guinée a pu densifier sa carte sanitaire par la construction de centres de santé, de centres médicaux, de Laboratoires de détection des maladies épidémiologiques, ainsi que la rénovation de nos hôpitaux, comme l’hôpital Donka,  l’extension de l’hôpital sino guinéen.

Notre objectif est de faire bénéficier à nos populations l’accès à des soins de proximité et de qualité. C’est dans cette optique que le Gouvernement a été instruit de parachever  la mise en place de la Couverture Santé pour Tous, de nature à  réduire les obstacles financiers à l'accès aux soins.

Le droit à l’éducation est également une question importante.  Depuis 2010, l’Etat en a fait une priorité absolue. Des plans d’actions sont élaborés et mis à l’œuvre  à tous les niveaux du système éducatif et à toutes les échelles de la vie courante,  telles la construction des écoles et des universités, l’égalité de chance à l’éducation sans discrimination. L’université de Labé est en cours de finition,  celle de Kankan démarre cette année. Ce sera ensuite celle de Nzérékoré. Grâce au soutien des organismes internationaux, les droits de l’enfant à l’éducation deviennent de plus en plus une réalité. On constate une augmentation du taux de scolarisation au niveau national.

Néanmoins, des efforts restent encore à faire pour offrir à l’école guinéenne, une éducation et un enseignement de qualité.

Nous allons parallèlement intensifier les efforts en matière de création d’emplois, notamment en faveur de la jeunesse et l’autonomisation des femmes, comme cela existe déjà avec le système des mutuelles destinées à ces dernières. L’amélioration de la situation sociale des agents du service public, est également inscrite dans le calendrier gouvernemental, après une première revalorisation des salaires et primes, ainsi que le recrutement des contractuels et l’instauration de la grille indiciaire

Mes Chers Compatriotes,

Les dernières contestations autour des élections locales et le mouvement social d’une partie du syndicat de l’enseignement ont occasionné des manifestations qui ont fait des victimes, détruit des biens matériels, et porté atteinte aux symboles de la République. L’éducation de nos enfants a été perturbée, par des groupes de manifestants qui n’ont pas hésité à empêcher le déroulement des cours. Les activités économiques et sociales ont été  troublées par des mots d’ordre imposés aux populations par la menace, l’intimidation et les voies de fait. . Je tiens à vous le confirmer, L’État, garant de la protection des citoyens et de leurs biens ne peut rester sans réponse. C’est pourquoi, des PA ont été créés dans les zones de turbulence pour protéger les populations contre les fauteurs de troubles. Des mesures ont été prises pour dissocier les manifestants qui revendiquent des droits et des casseurs dont le seul but est de semer le désordre dans notre pays.

C’est pourquoi, j’en appelle à chacun d’entre vous à préserver la paix, la cohésion sociale dans l’intérêt de notre chère patrie.

J’exhorte chacun d’entre nous au dialogue pour aplanir les différents politiques et sociaux.

Quant aux opérations de sécurisation, elles vont se poursuivre sans faiblesse, mais toujours dans le cadre de la loi, car dans leur immense majorité, les Guinéens aspirent à vivre ensemble dans la paix.

Guinéennes, Guinéens,

Comme vous pouvez le constater, plusieurs défis de développement interpellent notre nation, des projets d’infrastructures routières ont été lancés  sur l’ensemble du territoire, pour faire de nos villes, des zones de développement.

Il nous reste à relever ensemble ces défis, dans la fraternité, le respect des institutions et dans un esprit de concorde nationale. La Guinée sera ce que nous voulons qu’elle soit. Et je reste convaincu que chacun d’entre nous souhaite le meilleur pour  notre pays.

Je félicite le Gouvernement pour les importantes réformes en cours qui permettront de sécuriser nos recettes intérieures et de mieux planifier nos dépenses. Je félicite particulièrement le Premier ministre, pour son engagement,  son dynamisme, sa disponibilité  et son dévouement. Je félicite et encourage les agents de l’Administration dans la nouvelle dynamique de réforme profonde de l’Etat, ce qui permettra de renforcer la ponctualité et de lutter contre la corruption.

Citoyennes et citoyens, mes chers compatriotes, je vous  souhaite à tous une très  bonne année 2019.

Que Dieu protège la Guinée

 

 

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Des toilettes publiques pour Ninguelandé, un projet d’une association locale

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L’Union des Jeunes  de Ninguelandé pour le Développement (UJND) envisage de doter des latrines publiques à cette sous-préfecture située dans la préfecture de Pita, en moyenne Guinée.

Pour venir en aide à la communauté, l’association vient de lancer un projet de construction des latrines publiques dans cette commune rurale d’environ 35.000 habitants.

« La mise en place de ce projet n'est pas des moindres, car il résout un certain problème d'hygiène publique et lutte contre les périls fécaux facteurs de plusieurs parasitologies », a expliqué à notre rédaction, Dr Alpha Oumar Diallo, président de l’UJND.

Le coût de ce projet communautaire est estimé à 50.956.210 GNF, a-t-il précisé.

Pour y parvenir, l’association sensibilise les ressortissants de la sous-préfecture pour collecter l’argent nécessaire.

Par Guinee28

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Massacre du 28 septembre : les Etats-Unis, la France et l’UE réclament un procès dans les plus brefs délais

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Malgré l’engagement des autorités guinéennes, la justice se fait toujours attendre, onze ans après le massacre du 28 septembre 2009, au stade du même nom, à Conakry. Face à cette situation qui ronge les familles des victimes et les organisations de défenses de droits de l’homme, les Etats-Unis, la France et l’Union Européenne ont appelé le gouvernement guinéen à  tenir un procès ‘’dans les plus brefs délais’’, dans un communiqué conjoint.

« Nous exhortons le gouvernement guinéen à  tenir un procès dans les plus brefs délais afin que les responsables de ce crime odieux répondent de leurs actes devant un tribunal. Le fait de veiller à ce que le système rende justice à ces victimes ainsi qu’à tous ceux ayant souffert d’autres actes de violences politiques, démontrera l’engagement du gouvernement guinéen à promouvoir la paix, à rejeter toutes les formes de violences et à défendre l’Etat de droit »

Le 28 septembre 2009, peu avant midi, plusieurs centaines d’agents des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des dizaines de milliers de personnes rassemblées pacifiquement au stade du 28 septembre, pour protester contre l’intention de Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte au pouvoir, de se présenter à l’élection présidentielle, tuant ainsi plus de 150 personnes.

Les forces de sécurité ont également violé des femmes, individuellement ou collectivement, y compris au moyen d’objets tels que des matraques ou des baïonnettes.

Elles se sont ensuite attelées à une opération organisée de dissimulation, dans le but de cacher l’ampleur des tueries, en bouclant tous les accès au stade et aux morgues et en emportant les corps pour les enterrer dans des fosses communes, dont beaucoup doivent encore être identifiées.

L’enquête menée par des juges d’instruction guinéens, ouverte en février 2010 a été  bouclée fin 2017.

En avril 2018, un comité de pilotage chargé d’organiser le procès avait été mis en place par l’ancien ministre de la Justice, Cheick Sako. Ce comité a décidé qu’il se tiendrait à la Cour d’appel de Conakry. Mais, plus de deux ans après la clôture de l’enquête, la date du procès n’est toujours pas fixée.

Plus de 13 suspects ont été inculpés dans ce dossier, dont Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte appelée Conseil national pour la démocratie et le développement,( CNDD) ainsi que son vice-président, Mamadouba Toto Camara.

Plusieurs individus inculpés de charges liées aux homicides et aux viols occupent toujours des postes d’influence, y compris Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire général chargé des Services spéciaux de lutte contre le grand banditisme et les crimes organisés.

L’aide de camp de Dadis Camara, Abubakar « Toumba » Diakité, a également été inculpé. Il a été extradé vers la Guinée en mars 2017, après plus de cinq ans de cavale.

Quatre autres individus sont en détention à la Maison Centrale de Conakry, respectivement depuis 2010, 2011, 2013 et 2015 dans le cadre de l’affaire.

Mais leur détention provisoire est jugée illégale par les ONG de défense des droits humains, « dans la mesure où elle excède la durée maximale prévue par la loi guinéenne, soit 18 à 24 mois en matière criminelle, en fonction du chef d’inculpation ».

Par Alpha Diallo

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Guinée : « les violences de Nzérékoré sont une tragédie », dénonce Human Rights Watch

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(Nairobi) – Les forces de sécurité guinéennes ont failli à leur responsabilité de protéger la population de violences électorales et intercommunautaires tout en commettant elles-mêmes des violations des droits humains à Nzérékoré, dans le sud-est de la Guinée, lors des élections législatives et du référendum constitutionnel de mars 2020, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

Ce rapport de 51 pages, intitulé « “Ils ont laissé les gens s’entretuer” : Violences à Nzérékoré lors du référendum constitutionnel et des élections législatives en Guinée », documente des violences lors desquelles au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 90 blessées. Les affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition ont rallumé de vieilles tensions politiques et ethniques. Les forces de sécurité déployées pour assurer la sécurité des opérations de vote n’ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher ces meurtres, ni des destructions généralisées de biens. En outre, elles ont elles-mêmes tué deux personnes, et ont passé à tabac et arrêté arbitrairement des dizaines d’hommes, a constaté Human Rights Watch.

« Les forces de sécurité guinéennes n’ont pas agi avec l’efficacité ou la volonté requises pour faire cesser les violences dévastatrices qui ont accompagné les élections législatives et le scrutin constitutionnel de mars à Nzérékoré », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique à Human Rights Watch. « À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre, le gouvernement devrait prendre d’urgence des mesures pour s’assurer que les forces de sécurité respectent et protègent le droit des citoyens à participer à des manifestations politiques, tout en agissant avec retenue et respect pour les droits humains. »

Entre mars et septembre, Human Rights Watch s’est entretenu avec 48 victimes et témoins des violences à Nzérékoré, ainsi qu’avec 31 proches de victimes, membres du personnel médical, journalistes, avocats, membres des partis d’opposition, représentants de la société civile et autres informateurs pertinents. Human Rights Watch a également consulté des rapports publiés par des organisations guinéennes de défense des droits humains et par les médias nationaux et internationaux, et a examiné des photos, des vidéos et des dossiers médicaux.

Le référendum constitutionnel du 22 mars a été l’aboutissement d’un effort controversé de la part du président Alpha Condé et de ses partisans, durant plusieurs mois, pour modifier la constitution de 2010 afin de lui permettre de briguer un troisième mandat.

Durant la journée du référendum et des élections législatives, des violences ont entaché le processus dans tout le pays, y compris dans la capitale, Conakry, des opposants à la proposition de nouvelle constitution se heurtant violemment aux partisans du gouvernement et aux forces de sécurité.

Ces violences ont atteint leur comble à Nzérékoré, la deuxième ville de Guinée. Des victimes et des témoins ont déclaré à Human Rights Watch que les violences répondaient souvent à des critères ethniques. De membres armés de l’ethnie Guerzé, considérée comme proche de l’opposition, ont affronté des membres également armés des ethnies Konianké et Malinké, largement perçues comme sympathisantes du parti au pouvoir. Certaines victimes auraient été prises pour cible en raison de leur identité ethnique. De nombreuses personnes ont été abattues, tuées à coups de machette ou battues à mort, et au moins une a été brûlée vive. Human Rights Watch a également documenté le cas d’une jeune fille de 17 ans qui a été violée par un groupe d’hommes armés.

Des témoins ont affirmé que malgré la présence de forces de sécurité y compris la police, les gendarmes et les militaires déployés pour assurer la sécurité des élections, ni ces forces ni les autorités politiques ne sont intervenues ou n’ont répondu à des appels désespérés pour empêcher des bandes armées d’attaquer des personnes ou de se livrer à des déprédations.

« Quand j’ai entendu les premiers coups de feu, j’ai appelé un haut responsable du gouvernement, qui m’a répondu que je devais défendre ma maison en jetant des pierres sur la foule qui commettait des violences », a déclaré un habitant âgé de 66 ans. « J’étais choqué. Je ne suis pas du genre à réagir à la violence par la violence. Ce haut responsable de l’État n’a pris aucune mesure pour s’assurer que la situation ne dégénère pas. »

Le gouvernement guinéen a d’abord affirmé que quatre personnes avaient été tuées, mais a reconnu plus tard un bilan humain plus lourd, de 30 morts. Human Rights Watch a documenté au moins 32 meurtres et a recueilli des éléments crédibles corroborant des déclarations des organisations guinéennes de défense des droits humains, selon lesquelles les corps de plus de 24 personnes tuées lors de ces violences avaient été retirés de l’hôpital régional de Nzérékoré, pour être enterrés secrètement dans une fosse commune de la ville. Des proches des victimes ont affirmé à Human Rights Watch que l’hôpital avait refusé de leur remettre les corps des membres de leur famille et qu’ils ne savaient pas où ceux-ci avaient été enterrés.

Le gouvernement guinéen, en réponse aux questions de Human Rights Watch, a partagé un rapport de juillet 2020 rédigé par un juge guinéen qui, après une visite sur le site, a confirmé l'existence de la fosse commune. Un autre rapport, cosigné par le directeur général de l'hôpital de Nzérékore et par un représentant du ministère de la Santé, indiquait que le nombre de personnes tuées avait dépassé la capacité de la morgue de l'hôpital et que pour des raisons de santé publique, les autorités avaient donc décidé de procéder à un « enterrement de circonstance ».

Même si la majorité des meurtres de Nzérékoré ont été commis par des citoyens armés, des témoins ont affirmé que les forces de sécurité ont également tué au moins deux personnes, dont une femme enceinte, en ont arrêté de nombreuses personnes. Elles sont aussi entrées par effraction dans des maisons, et ont pillé et endommagé des biens. La plupart des personnes arrêtées ont été détenues illégalement, entre le 22 et le 25 mars, au camp militaire de Beyanzin à Nzérékoré, où elles ont été passées à tabac, gardées dans des conditions inhumaines, dans une cellule crasseuse dépourvue d’une ventilation adéquate, et privées de nourriture et d’eau.

« J’ai été battu à plusieurs reprises par des soldats armés de matraques avant d’être emmené dans une cellule avec une centaine d’autres personnes », a affirmé un homme de 29 ans qui a été arrêté par les militaires le 23 mars à son domicile à Nzérékoré et détenu au camp militaire. « Nous n’avons reçu ni eau ni nourriture pendant trois jours. C’était horrible. »

Le 8 septembre 2020, Human Rights Watch a envoyé ses conclusions préliminaires et une liste de questions à Albert Damantang Camara, le ministre guinéen de la Sécurité et de la Protection civile. Le 21 septembre, le ministre Camara a partagé avec Human Rights Watch un rapport de la police guinéenne en date du 30 avril sur les violences de mars à Nzérékoré. Le rapport indique qu’un procureur à Nzérékoré a mis en place une commission d’enquête pour identifier et poursuivre les responsables des crimes commis dans cette ville entre le 22 et le 24 mars. Cependant, ce rapport n’aborde presque pas le rôle des forces de sécurité dans la réponse aux violences à Nzérékoré. Il indique seulement que le quartier de Bellevue, où les violences du jour de l’élection ont commencé, avait été « inaccessible » à la police guinéenne en raison des « troubles » qui s’y déroulaient, ajoutant que « l’armée avait été réquisitionnée pour se joindre aux forces de sécurité pour ramener le calme ». Le 21 septembre, Human Rights Watch a sollicité des informations supplémentaires au ministre Camara concernant le rôle des forces de sécurité dans la prévention de la violence, et les allégations selon lesquelles elles auraient commis des violations des droits humains, mais n’a reçu aucune réponse.

Alors que la Guinée s’apprête à tenir son élection présidentielle en octobre, les autorités devraient faire en sorte que les forces de sécurité déployées autour des bureaux de vote, des rassemblements politiques ou d’autres événements liés à cette élection protègent effectivement les citoyens, tout en respectant leur droit de manifester pacifiquement. Le gouvernement et les autorités judiciaires devraient également prendre des mesures d’urgence pour identifier toutes les personnes responsables des crimes commis à Nzérékoré, y compris par les forces de sécurité, et exiger qu’elles répondent de leurs actes dans le cadre de procès équitables.

Les partenaires internationaux de la Guinée, notamment la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine, les Nations Unies, l’Union européenne et les États-Unis, devraient exhorter le gouvernement à mettre fin à l’impunité pour les auteurs de violences électorales. Ils devraient signifier clairement aux autorités ou aux membres des forces de sécurité guinéens impliqués dans des violations des droits humains qu’ils sont passibles de sanctions ciblées, notamment d’une interdiction de voyager et d’un gel de leurs avoirs.

« Les violences de Nzérékoré sont avant tout une tragédie pour les personnes qui ont perdu des proches ou qui ont elles-mêmes subi de graves blessures, et qui méritent de voir leurs agresseurs traduits en justice », a affirmé Ilaria Allegrozzi. « Ces événements sont aussi un signe qu’en Guinée, le dangereux mélange constitué de la crise politique, de vieilles tensions ethniques et intercommunautaires, et d’abus parfois commis en toute impunité par les forces de sécurité, fait planer le risque de nouvelles violations des droits humains avant et pendant l’élection d’octobre. »

Source : Human Rights Watch

 

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