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Nomination d’un premier ministre: une phase cruciale pour la transition

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Sitôt que le président de la transition le colonel Mamady Doumbouya ait annoncé la nomination très proche du premier ministre de la transition, les langues ont commencé à se délier.

Au même moment, certains chuchotent que les regards seraient en train de se tourner vers le passé, vers les anciens.  Pourtant, certains d’entre-eux que les Guinéens avaient considérés comme des perles rares se sont révélés en métal fait de bronze. Ils n’ont finalement pas poussé le pays vers l’avant. Tout devrait être fait, pour que leur ombre ne plane pas sur l’avenir qui se dessine.

Les rêves du 5 septembre ne doivent pas sombrer

L’espoir de septembre 2021 ne doit souffrir d’aucune entorse, à plus forte raison s’assombrir ou se perdre. Si cela se produisait, finis les rêves de bonheur de notre peuple. Reviendraient alors en cascades les calvaires endurés depuis 1958. Faudrait-il rappeler la longue lignée de nos espoirs déçus marqués par quelques dates historiques de notre pays ?

Le 28 septembre 1958 dont il est inutile de rappeler la portée ; 1984, la fin du règne du Parti démocratique de Guinée (PDG) ; 2007, l’avènement du gouvernement de consensus suite aux évènements de 2006-2007 qui culminèrent avec les massacres du 27 janvier 2007 ; la prise du pouvoir par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) en 2008 ; la présidentielle de 2010 avec l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. Pourquoi ce rappel de l’histoire récente ?

Ces dates, allant de septembre 1958 à septembre 2021, ont un point commun : l’échec. Toutes ont enfanté la déception après l’incommensurable espoir qu’elles avaient suscité.

L’enjeu actuel se résume en ceci : poursuivre la marche glorieuse vers la rupture d’avec le passé entamée le 5 septembre 2021 ou déchanter, cette fois-ci, à jamais.

La deuxième lourde tâche du colonel Mamady Doumbouya

Tenant compte de nos antécédents historiques, l’annonce d’une proche nomination d’un premier ministre ne semble pas avoir suscité que l’espoir. Cet autre acte posé par le président de la transition soulève une certaine crainte chez certains analystes. Prétextent-ils que tant de portes du changement se sont ouvertes par le passé pour se refermer à la vue de la tête du futur premier ministre ( Eugène Camara, février 2007). Au mieux, dès après sa nomination (Lansana Kouyaté, gouvernement de transition 2007).

Cette fois-ci, nous devrions tous faire pour ne pas que les rêves du 5 septembre ne rejoignent le cimetière déjà bien rempli de nos désenchantements de 1958 à nos jours.

Septembre 2021 doit être différent du passé. Cette date doit emprunter une autre voie : celle de la rupture et de la révolution dans les mentalités. Elle doit imprimer quelque chose de nouveau dans les choix futurs.

A ce titre, la nomination du prochain premier ministre sera décisive, voire vitale pour notre futur commun. Elle conditionne tant le présent que l’avenir. Soit,  nous avancerons irrémédiablement vers la réalisation de notre nation, soit nous retournerons indéfiniment vers le passé.

La deuxième lourde tâche du colonel Mamady Doumbouya réside donc à la nomination de la première personnalité de son gouvernement. Devrait-il alors avoir en mémoire qu’il est un fait de prendre les rênes d’un pays. Mais, il en est un autre de pouvoir choisir les femmes et les hommes avec lesquels on doit gérer la cité.

Partant de ce précepte, je lancerai quelques pistes. De propositions nominatives je n’en ferai point quoi que, parmi les noms que j’avais cités par le passé, il y eut des promus et la réserve soit encore là. Cependant, il me semble judicieux d’exprimer mon point de vue pour indiquer ce qu’il faudrait faire ou éviter afin que transparaisse le portrait-robot d’un premier ministrable.

Un certain nombre de paramètres tant sur le plan de la personnalité que de la posture politique présente et future du premier ministrable devraient être posés.
Le premier paramètre a été déjà défini par la charte de la transition : aucune participation électorale ni gouvernementale après la période de la transition.

Dans la désignation d’un premier ministre, il serait important de :

  1. Ne nommer aucune personne qui a déjà une longévité politique et qui aspire à continuer sa carrière
  2. Eviter de nommer ceux et celles qui, a contrario, cherchent à se faire une longue carrière politique conséquemment à leur nomination
  3. Se méfier des faux démissionnaires qui ont quitté le navire de l’ancien pouvoir par frustration et non par conviction : réclamation de poste non satisfaite ; conflit personnel avec l’ex-président ; dissidence de façade, etc.
  4. Rayer de la liste des promulgables toute personne se promenant aujourd’hui avec le baluchon de son parti politique auprès du CNRD alors qu’elle avait annoncé publiquement sa volonté de collaborer avec le pouvoir défunt
  5. Ne nommer aucun de celles ou ceux qui avaient reconnu le troisième mandat et qui se rétractent à la chute d’Alpha Condé
  6. Exclure toutes celles et ceux qui se fendent de lettre anonyme de candidature au poste tant convoité
  7. Ignorer toutes ces personnes qui s’affichent par-ci, par-là, avec des représentants d’une puissance étrangère pour faire croire qu’elles sont les tombeurs d’Alpha Condé et les géniteurs du coup d’Etat : une nation souveraine sait se mettre au-dessus des orchestrations ou propagandes médiatiques d’un tiers (étranger en l’occurrence)
  8. Ne pas nommer un titulaire d’un parti politique car la vocation d’un parti est de se présenter aux élections : par conséquent, pas de politiciens
  9. Aucun ancien premier ministre de quelque gouvernement que ce soit, aucun président d’une transition quelconque, aucun cacique d’un gouvernement si performant aurait-été, aucun membre de gouvernement passé (sauf dans des critères que je mentionnerais plus bas pour ce cas précis) ne devrait briquer le poste de premier ministre de la transition.

Aux neuf (9) points d’exclusion évoqués, il faudrait leur préférer ces quelques critères également non exhaustifs.

Pour être premier ministre, il faudrait : 

  1. N’être titulaire d’un poste de président d’un parti politique, sauf à le dissoudre sans autre alliance avec un autre parti et avec exclusion de ses responsables à toutes les élections marquant la fin de la transition
  2. Avoir démissionner ( à l’exclusion des motifs évoqués au point 3 ci-haut) du pouvoir défunt. Toute démission intervenue doit avoir pour raison : une opposition farouche et avérée avec l’ancien régime ; la contestation publique des pratiques du pouvoir en termes de respect des droits humains, de la sécurité des biens, de la préservation de l’unité nationale, etc.
  3. Être un technocrate certifié doublé d’une expérience professionnelle riche et variée : pas de professeur post-nomination ni de docteur autoproclamé
  4. Être un citoyen engagé qui n’a eu de portefeuille d’un régime passé et qui a ouvertement dénoncé les pratiques de gouvernance récentes et anciennes
  5. Être un citoyen ouvertement marginalisé par le pouvoir défunt à cause de ses prises de position avec le gouvernement auquel ( elle ou il) a appartenu
  6. N’avoir soutenu ni de près ni de loin la « nouvelle constitution » et le troisième mandat
  7. Un cadre, toute profession confondue, femme ou homme, qui a une vision critique et une approche unitaire de la nation

8.Toute personne ressource, de quelque confession ou profession qu’elle soit connue ou inconnue pouvant incarner le nouvel espoir, la nouvelle rupture.

Ces observations personnelles ne sont pas un sacerdoce. Elles sont l’expression du point de vue d’un citoyen ayant accumulé une certaine expérience de notre histoire commune. Elles peuvent être perçues comme un abécédaire pouvant être complété par les apports d’autres compatriotes.

Je me suis toujours dit, qu’à la fin de chaque système ayant martyrisé le peuple de Guinée, celui-ci sort pour exprimer sa joie, son bonheur, ses espoirs.

L’atmosphère qui en découle n’a jamais été durable et pérenne tant les hommes et femmes qui ont dirigé notre pays se sont perdus dans la démagogie, le clientélisme, le corporatisme, l’ethnocentrisme et, bien sûr, le pouvoir personnel doublé de celui du clan et de l’ethnie.

Mon expérience me fait dire que la Guinée est un pays facile à gouverner car son peuple est résilient, courageux, patriote, résistant et fondamentalement croyant.

Mais la Guinée a un problème. Un gros problème. Ce problème, c’est le Guinéen. Nous sommes notre problème. Nous fabriquons nos propres dictateurs : de Sékou Touré à Alpha Condé, pour nous plaindre après.

Cessons donc de nous fabriquer des chefs, parfois des brutes, par notre penchant à l’ethnie, aux postes, à l’argent, aux titres…

Laissons le colonel Doumbouya trouver sa propre voie comme l’ont fait et réussi Nelson Mandela, Jerry Rawlings, Paul Kagamé, Amadou Toumani Touré, Umaro Embalo et bien d’autres.

Cessons de le prendre en messie car nous le mettrions au-dessus des hommes. C’est le premier pas vers le culte de la personnalité, mère de la dictature.

Un dernier mot :

Colonel Doumbouya, faites tout pour ne pas que les bains de foule d’aujourd’hui ne se transforment en lessivage demain. Gardez la tête sur les épaules et réalisez que vous êtes venu au bon moment.

Ce moment pourrait être éphémère ou durable. Mais il ne viendra pas forcément demain. Il peut partir à court terme pour revenir durablement dans le long terme tant et si bien que le temps vient à point nommé pour qui sait attendre.

Enfin, un symbole à déchiffrer. N’êtes-vous pas né l’année de la fin du premier régime guinéen ? Autant dire que seul se presse l’humain et non Dieu. Sachez patienter en fermant les oreilles aux appels des plus pressés.

Au peuple de Guinée, je souhaite que la voie qui s’ouvre aujourd’hui soit la meilleure de celles que nous avons connues jusque-là. Que la lucidité guide les choix futurs : ceux du premier ministre avant tout.

Par Lamarana-Petty Diallo

lamaranapetty@yahoo.fr

 

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Guinée : les bourses des militaires en hausse de 100%, celles des étudiants augmentées

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Dans un décret lu à la télévision nationale, vendredi 12 août, le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a revu à la hausse les compléments des bourses des militaires.

Initialement fixés à 60 USD par mois, désormais, ils passent à 120 USD par mois, soit une augmentation de 100%. La décision entre en vigueur à partir du 1er septembre prochain.

Dans un autre décret, le chef de la junte a aussi augmenté la bourse des étudiants. Désormais, elle est fixée à 100.000gnf pour la première année, 200.000gnf pour la deuxième année, 300 000 gnf pour la troisième année, 400 000 gnf pour la quatrième année et 500 000 gnf pour la cinquième, sixième et septième année .

Pour la bourse extérieure, elle passe à 120 dollars pour les étudiants de l'enseignement supérieur et 80 dollars pour ceux de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Pour les bourses d’études d’entretien d’excellence, les montants sont :  Licence: 500 000 francs guinéens ; Master: 1 000 000 francs guinéens; Doctorat: 1 5000 000 francs guinéens.

Par Mariam Bâ 

 

 

 

 

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L’exception sénégalaise ! (Par Tierno Monénembo)

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Macky Sall, à son tour,  succombera-t-il à la funeste tentation du troisième mandat, comme on lui en prête l’intention ou son échec relatif aux législatives finira-t-il par l’en dissuader ? Le proche avenir le dira.

S’il s’en va à la fin de son mandat, nous pousserons tous un grand ouf de soulagement. Sinon, cela ne nous inquiétera pas outre mesure car son coup de force institutionnel n’aurait aucune chance de passer. Nous sommes au Sénégal, le pays du lettré Senghor. Dans cette société tout en subtilités et en nuances, les différences ne sont pas conflictuelles et les contradictions, pas forcément mortelles. C’est un corps sain, disposant des anticorps qu’il faut pour résister aux virus qui empoisonnent la vie politique de ses voisins : coup d’Etat, troisième mandat, parti unique, guerre de clan ou de religion.

 

Non, l’exception sénégalaise n’est pas une fiction. François Hollande se voulait un « président normal », eh bien, le Sénégal peut  être traité de « pays normal », c’est-à-dire d’une terre à la  singularité presque miraculeuse dans le sordide contexte que l’on sait. C’est vrai que les trains n’y arrivent pas à l’heure, puisqu’ils sont souvent en panne quand ils existent. C’est vrai que les éboueurs ne passent pas tout le temps mais les facteurs sont à l’œuvre, le courrier arrive à destination. C’est vrai que parfois, le débat politique s’enflamme et les grèves deviennent dures mais dans l’ensemble, la courtoisie régnant partout -même chez les flics !-,  le climat social est agréable.

 

Si l’Etat sénégalais n’est pas parfait, il a au moins le mérite d’exister. Ici, contrairement à la Guinée par exemple, on a le sens de l’institution et le respect de la procédure. Le formalisme, le principe de base de l’Etat est la règle, ce qui fait qu’en toute circonstance, l’administration assure le service minimum. Rien d’étonnant à cela : ce pays n’a jamais connu de dirigeant catastrophique. S’ils n’ont pas réalisé des prouesses économiques, tous ceux qui se sont succédé à sa tête ont veillé à favoriser l’instruction, à respecter la vie humaine, à préserver la trame sociale et à protéger les élites.

 

Le Sénégal est sans doute, le pays le moins réprimé d’Afrique.  Cela donne cette société intelligente où les forces vives sont intactes physiquement aussi bien que mentalement. En cas de danger, les prêtres, les marabouts, les écrivains, les médecins, les avocats ont le réflexe de tous sortir du bois pour éviter la dérive. Le pays de Birago Diop et de Cheikh Hamidou Kane ne tombe jamais dans le fossé, il tient la route malgré les énormes défis économiques et sociaux qui jonchent son chemin.

 

Voilà ce que Senghor avait répondu à Ahmadou Ahidjo quand celui-ci lui avait confié son intention de quitter, à son instar, volontairement le pouvoir et de le céder à Paul Biya : « Faites attention, Monsieur Le Président. Le Cameroun, ce n’est pas le Sénégal. »  La Guinée, non plus n’est pas le Sénégal, est-on tenté d’ajouter. Impossible d’imaginer un troisième mandat suivi d’un coup d’Etat militaire, à Dakar ! Dans un pays où les Généraux quand ils ne sont pas philosophes, sont juristes ou  historiens, à 20 comme à 67 ans, nul ne peut commencer une carrière de dictateur.

Tierno Monénembo, in Le Point

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Dissolution de deux conseils communaux par le colonel Doumbouya

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Dans un décret lu jeudi 11 août à la télévision nationale, le président de la transition a décidé de mettre un terme à deux conseils communaux pour « mauvaise gestion et détournement des ressources de la collectivité ».

Il s’agit du conseil communal de la préfecture de Gaoual et celui de la sous préfecture de Dialakoro dans la préfecture de Mandiana.

Dans le décret, le colonel Mamadi Doumbouya instruit le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation de s’activer pour la mise en place d’une délégation spéciale. Objectif, conduire les affaires courantes, de ces deux communes urbaine et rurale.

Par Guinee28

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