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Afrique

Niger : Bosso, ville fantôme meurtrie par Boko Haram

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Silence de mort, rues et maisons désertées, cadavres d'humains en putréfaction, carcasses de chiens et de chèvres à l'abandon... Attaquée début juin par Boko Haram, Bosso est depuis une ville fantôme où se croisent l'armée nigérienne et de rares habitants.

Une sandale a été abandonnée au milieu de la cour d’une concession. Des casseroles, marmites et bidons sont éparpillés sur le sol. A l’intérieur d’une des maisons faites de terre et de paille, un matelas et des verres de thé brisés.

Derrière une tôle ondulée, une chèvre se décompose dégageant une odeur nauséabonde. A l’entrée, un sac entier de poisson fumé est éventré. Les habitants sont partis vite.

Attaquée par les jihadistes nigérians de Boko Haram le 3 juin, Bosso, dans le sud-est du Niger, est située à quelques centaines de mètres à peine du Nigeria et des bases arrière du groupe islamiste armé. Elle avait déjà été victime de plusieurs attaques jihadistes par le passé.

La ville de 6.000 habitants, qui accueillait 20.000 réfugiés et déplacés internes, s’est vidée en quelques heures le 4 juin au petit matin.

Civils tués

Officiellement, le bilan est de 26 soldats nigériens et nigérians tués, mais des civils aussi ont péri. Le corps d’un homme est encore présent dans un bâtiment du siège communal. Des témoins parlent d’autres corps disséminés dans la ville.

« Les cadavres jonchaient les rues », explique Abdelaziz Zembada, 50 ans, petit commerçant revenu à Bosso pour voir si les conditions du retour sont réunies.

Il a perdu sa fille de quatre ans. « On habite en face de la gendarmerie ciblée par la secte. Un voisin m’a conseillé d’aller chez lui. J’ai pris deux de mes enfants, Madame en a pris une. On est partis le temps de revenir la chercher (une autre de ses filles, ndlr), c’est là où l’obus est tombé. Ma fille était dedans avec les deux enfants de mon voisin… Elle n’a pas encore été inhumée », raconte-t-il.

L’armée a été submergée par l’attaque de Boko Haram. La caserne a été saccagée. On y découvre deux véhicules blindés ainsi que plusieurs camions et voitures brûlés. Les bâtiments et notamment les dortoirs ont été incendiés, seuls restent visibles des carcasses de lits.

Tous les bâtiments publics (gendarmerie, préfecture, mairie) ont aussi été saccagés. Comme une école de campagne de l’Unicef et le centre de santé quelqu’un a marqué à la craie sur un tableau noir: « Boko Haram ». Les jihadistes se sont également emparés de la plupart des 200 tonnes de céréales destinées aux populations dans le besoin et stockées dans un magasin.

« Les militaires sont là »

L’armée nigérienne dit avoir réinvesti les lieux, sans dévoiler ses effectifs. « Les militaires sont là. Un effectif conséquent, un dispositif nouveau, un autre moral », assure le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum qui a conduit dans la cité une délégation d’une trentaine de véhicules, composée de deux ministres, députés et de personnel des agences onusiennes et d’ONG.

« D’ici quelques semaines, nous allons repeupler Bosso et les populations retourneront à leurs activités », assure-t-il. Sur place, les soldats sourient et lèvent le poing en signe de confiance.

Lors de la visite de la caserne saccagée, une vive discussion oppose le colonel de gendarmerie au préfet. « Partout où vous êtes, il y a un plan de défense. C’est ça qu’il faut mettre en oeuvre. Pas plus! », déclare le colonel. « C’est facile de dire ça! » lui rétorque le préfet soulignant qu’il a défendu la place jusqu’à 21H00 le 3 juin avant de décrocher.

Dans le dédale des rues sablonneuses, on ne croise personne ou presque. Nourris par l’armée, quelques vieillards qui n’ont pas pu fuir attendent le retour de leurs proches.

Des habitants font le va-et-vient entre les villes voisines pour récupérer des affaires, comme El Hadj Abba Makani qui charge tout ce qu’il peut sur un vieux 4×4. « La nuit du 3, on l’a passée sur le toit et le matin on a fui à pied avec toute la famille », raconte ce commerçant nigérian, aux deux épouses et dix enfants. « On a peur mais si tout le monde revient, on reviendra ».

« On est découragés. On veut que les gens reviennent », assure Souleymane Salissa, coiffeur, qui fait aussi fonctionner un petit groupe électrogène pour charger les téléphones. Sa boutique et sa maison ont été pillées mais il est revenu et survit grâce à la clientèle des soldats.

« On veut qu’on nous aide en nourriture, en eau et qu’on arrange la téléphonie mobile et l’électricité », poursuit-il, confiant en l’avenir : « On voit que ça va mieux même si hier on a entendu des rafales. Si on entend « Allahou Akhbar » (Dieu est le plus grand, crié par des combattants de Boko Haram), c’est là qu’on doit s’inquiéter! »

AFP

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Le Vatican demande l’annulation de la dette de l’Afrique

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Ce n'est pas la première fois que le pape François se prononce pour l'annulation de la dette des pays africains, mais il vient de réitérer son vœu à l'issue du webminaire, le 7 avril 2021. Il regroupait les plus hautes autorités religieuses d'Afrique et de Madagascar.

Les femmes et les hommes catholiques africains et malgaches ont participé au "webminaire" organisé par le Vatican, ce 7 avril 2021, en présence du Pape François. À la fin de ces travaux, le souverain pontife a plaidé en faveur de l'annulation de la dette des pays de ce continent. Les émissaires du Vatican ont expliqué dans les différents médias que l'objectif est d'amortir la crise Covid-19 : "Nous ne pouvons pas sortir de cette crise sanitaire, économique, sociale, politique et culturelle, sans alléger le poids de la dette. Il s'agit d'une question de justice," explique le père Zamprini dans L'Express de Madagascar.

Pour le saint-siège, cette question devient primordiale à l'heure des premiers effets du réchauffement de la planète : "Nous ne pouvons pas oublier la dette écologique des Grands, qui sont les premiers responsables du changement climatique dont le fardeau incombe, toutefois, en grande partie, aux nations les plus pauvres, comme ceux d'Afrique", poursuit le porte-parole du Pape François.

L'annulation de la dette de l'Afrique, un sujet récurrent

En 2007, déjà, le Pape Benoît XVI avait demandé dans une lettre à Angela Merkel, la chancelière allemande, d'intercéder en faveur de cette annulation de la dette africaine auprès des pays les plus riches, comme l'écrivait La Croix. Une demande qui est restée sans effet. En septembre 2020, un article de Madagascar-Tribune relayait l'intervention d'Andry Rajoelina, président de Madagascar, à l'ONU (Organisation des Nations Unies). Le chef de l'Etat, sur ce même sujet, avait appelé : "À la solidarité internationale, pour l'effacement de la dette des pays les plus vulnérables et les plus durement touchés par les effets de la pandémie".

Le temps faisant son œuvre, cette énième démarche du 7 avril 2021, a trouvé un écho dans les plus grands journaux de la planète (le quotidien Le Monde en France), en autres. Par ailleurs, afin d'éviter les raccourcis habituels quand il est question de l'Afrique, le cardinal Turkson, préfet du dicastère vaticane souhaite : "Développer un système de vérifications et de contrôles afin que les ressources libérées au profit du continent aillent là où elles sont réellement nécessaires pour croître et améliorer les conditions des peuples et des personnes". Il ne s'agit pas de chèque en blanc conclue Vatican News, mais la prise de responsabilités mutuelles.

Source : France tv

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A LA UNE

Djibouti: Ismaïl Omar Guelleh réélu pour un 5e mandat avec 98,58 % des voix

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Le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a été réélu vendredi à 98,58 % des voix, selon les chiffres officiels provisoires, à la tête de Djibouti, un petit pays stratégique de la Corne de l'Afrique qu'il dirige d'une main de fer depuis vingt-deux ans.

"Le président Ismaïl Omar Guelleh obtient 167 535 voix, soit 98,58 % (...) Tels sont les résultats provisoires du scrutin présidentiel de ce 9 avril 2021", a annoncé vers 03 h 15 dans la nuit de vendredi à samedi , Moumin Ahmed Cheick, le ministre de l'Intérieur, sur la télévision publique RTD.

Agé de 73 ans,  Ismaïl Omar Guelleh se présentait pour un cinquième et, théoriquement, dernier mandat face à Zakaria Ismail Farah, un homme d'affaires de 56 ans fraîchement débarqué en politique et dont les chances de victoire semblaient maigres.

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Quatre Casques bleus tués dans l’attaque d’un camp de la MINUSMA au Mali

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Quatre Casques bleus tchadiens ont été tués vendredi, dans une attaque contre l’un de leur camp à Aguelhok, dans le nord-est du Mali.

L’attaque a eu lieu le matin du 2 avril aux alentours de 6h15 (heure locale), selon un communiqué de la MINUSMA qui déplore également la blessure de 19 autres soldats.

« Les Casques bleus ont vaillamment repoussé une attaque complexe perpétrée par plusieurs terroristes lourdement armés », a indiqué la MINUSMA dans un communiqué de presse publié le jour de l’attaque.

« Les assaillants ont subi de lourdes pertes notamment plusieurs morts abandonnés sur place », a précisé l’opération de paix de l’ONU.

Depuis sa création en 2013, 245 Casques bleus ont été tués au Mali.

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