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Migrations – Mamadou Aliou Barry : « Mon cœur se serre quand je vois mon pays se vider de ses forces »

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Ce 25 juillet 1975, Mamadou Aliou Barry jubile. L'avion qui le mène d'Abidjan à Paris se pose à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Enfin. Le voilà loin de la Guinée de Sékou Touré, de ce climat d'enfermement et de répression qu'il a décidé de fuir. Libre, au « pays des droits de l'homme », il va pouvoir étudier. Du moins le croit-il… Car le tampon « séjour temporaire » que l'agent de police appose sur son passeport fait de lui un « touriste » – ce qui n'autorise pas de s'inscrire à l'université. Premier revers pour ce natif du Fouta-Djalon de 21 ans, dont l'exil en France va s'accompagner d'une longue série de déconvenues.

« Revenir », un livre-conseil

Dans son essai intitulé « Revenir », Mamadou Aliou Barry entend inciter les jeunes Guinéens à rester chez eux, à « se battre pour faire de leur nation une démocratie digne de ce nom, où il fait bon vivre ». La Guinée est aujourd'hui, en Afrique, l'un des premiers pays de départ en matière d'émigration clandestine. En 2017, les gardes-côtes italiens estimaient à plus de 13 000 le nombre de Guinéens ayant traversé la Méditerranée. « Mon cœur se serre quand je vois mon pays se vider de ses forces », écrit l'auteur, qui s'emploie dans cet essai à tordre le cou au cliché de l'exilé à la vie douce. « L'exil est une façon de mourir lentement », nuance celui qui imaginait, en fuyant le régime tyrannique de Sékou Touré (1958-1964), que l'exil serait « moins meurtrier » que la prison.

Le labyrinthe administratif

Dans la France giscardienne où il débarque en 1975, la politique d'immigration vient d'être révisée. Fermeture des frontières, suspension de l'immigration des travailleurs jusqu'en 1977, durcissement de l'accueil des étudiants étrangers… C'est le début d'un casse-tête administratif pour ce nouvel arrivant, qui, de surcroît, dispose d'un passeport délivré par l'ambassade de Haute-Volta de Côte d'Ivoire. Il faut un titre de séjour pour rester en France au-delà de quelques mois, un permis de travail pour poursuivre des études, et un contrat de travail pour l'obtenir. De petits boulots en foyer de travailleurs immigrés Sonacotra, il décroche son sésame pour étudier. Mais son diplôme de gestion et administration des entreprises en poche, c'est à nouveau le parcours du combattant pour décrocher un emploi. Il se heurte au sempiternel « oui, mais » de la part des recruteurs. On lui suggère de demander la nationalité française. Il l'obtient, mais reste cantonné à des missions d'intérim, quand ses camarades se voient proposer des postes stables. Un problème de couleur de peau, finira-t-il par déduire.

Être utile à son pays quand on est loin

C'est aussi une période trouble des relations politiques franco-africaines. En 1975, la France rétablit ses relations diplomatiques avec la Guinée, où se déroulent purges, enfermements et exécutions arbitraires. Deux ans plus tard, en 1977, se tient la cérémonie de couronnement de Jean-Bedel Bokassa en Centrafrique, avec le faste que l'on sait et le soutien généreux de Paris. Un « cynisme choquant » pour la bande d'étudiants guinéens dans laquelle gravite Mamadou Aliou Barry. Il assiste, impuissant, à cette drôle de « coopération » entre Paris et ses anciennes colonies. Elle lui inspire des « discussions passionnées » avec l'un de ses professeurs à l'IUT de Sceaux, le socialiste Lionel Jospin. Et nourrit les questionnements qui vont tarauder durablement l'exilé et façonner son parcours : comment se rendre utile en Guinée ? Comment participer au développement de son pays ?

Le piège de la double appartenance

« Revenir » montre aussi que la double culture est rarement perçue comme une plus-value. D'un côté, la France traîne à promouvoir les binationaux. C'est ce qu'observe l'auteur quand il lorgne, un temps, un poste de coopérant dans le domaine militaire en Afrique – passé par l'École du corps technique et administratif de l'armée de terre à Coëtquidan, il a finalement fait carrière dans l'administration. Plus on grimpe dans la hiérarchie, et plus il lui apparaît que les chances d'y voir un Franco-Africain sont rares. En Guinée, l'exilé de retour inspire quant à lui le rejet. Il est difficile d'y faire sa place. En mars 2007, pourtant, une porte s'ouvre. Il s'est fait repérer pour son investissement dans la prévention des conflits et la défense des droits de l'homme. À l'issue de la grande grève générale lancée en janvier 2007, qui marque le début de la transition vers la démocratie,

Lansana Kouyaté, le nouveau Premier ministre, lui propose un poste de conseiller « droits de l'homme ». Il fonce.

Revenir enfin

En Guinée, il découvre, après 30 ans d'exil, « les blessures profondes infligées par Sékou Touré [qui] ont poussé les Guinéens à se renfermer sur eux-mêmes », et ses compatriotes qui « supportent l'insupportable avec courage ». Et mesure, en bon « diaspo » (diminutif de diaspora), son décalage : « Le mépris du bien public est une des choses qui m'a le plus frappé lorsque je suis rentré en Guinée, moi qui, dans l'armée et l'administration françaises, avais été formé précisément à l'esprit de service public. »

Servir dans son pays quand on a passé des années ailleurs ne va donc pas de soi. Il parviendra toutefois à mettre sur pied en Guinée l'Observatoire national indépendant des droits de l'homme (ONDH). Un rôle qui n'est pas sans risque. En octobre 2010, lors de l'entre-deux-tours de la première présidentielle libre de Guinée, il est agressé par des militaires. « Vous, les Peuls, on va vous égorger », braille l'un d'eux. Tabassé, le bras fracturé, il est évacué à Paris. Il ne tardera pas à revenir. « Je n'ignore pas qu'en Guinée le combat pour la démocratie est difficile », admet-il.

Source : lepoint.fr

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« Alpha Condé demeurera en Guinée »

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Alpha Condé ne quittera pas le pays. Alors que la communauté internationale exige sa libération immédiate et sans condition, la  junte militaire qui l’a déposé le 05 septembre a assuré vendredi 17 septembre que l’ancien président restera en Guinée.   

« Contrairement à des prétendues rumeurs qui font état de négociations entre le CNRD et la CEDEAO relatives à une éventuelle sortie hors du territoire de l’ancien président de la République, le CNRD et son président, le colonel Mamady Doumbouya, tiennent à rassurer l’opinion nationale et internationale que l’ancien président de la République, Pr Alpha Condé, est demeurera en Guinée », a indiqué les putschistes dans un communiqué lu à la télévision nationale.

« Nous ne céderons à aucune pression. Il bénéficiera d’un traitement humain digne de son rang dans son pays », assure le CNRD, annonçant que son service de communication animera un point de presse ce samedi, 18 septembre 2021, à 11 heures, au chapiteau pour « éclairer la lanterne de l’ensemble du peuple de Guinée », dit-il.

Quelques heures plutôt dans la journée, la junte avait reçu une délégation de la Cedeao conduite par le président Ghanéen Nana Akufu Ado et l’Ivoirien, Alasane Ouattara.  Mais selon d’autres sources, c’est Alpha Condé en personne qui a refusé de quitter le pays avec ces deux présidents.

Déconnecté de la réalité, il espèrerait toujours revenir au pouvoir, mais malheureusement, il risque de déchanter rapidement, puisqu’en Guinée comme à l’internationale, sa page est déjà tournée.

Par Guinee28

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Lettre ouverte au Colonel Mamady DOUMBOUYA, Président du Comité National pour le Rassemblement et le Développement (CNRD)

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Monsieur le Président du CNRD

En Guinée, ce dimanche 05 septembre 2021, le pouvoir a arrêté le pouvoir, validant ainsi ce que Montesquieu avait dit dans son ouvrage ‘’L’Esprit des lois’’ de 1748 : « Le Pouvoir arrête le pouvoir ». Votre intervention de ce dimanche 05 septembre 2021 est la conséquence tangible du coup d’Etat constitutionnel du Président Alpha Condé en 2020.

La triste réalité est que, dans notre pays, la corruption dans les régies financières n’est jamais sanctionnée, les détournements des fonds alloués sont qualifiés de ‘’Baraka’’ par les coupables et leurs groupes.

Des cadres intègres, compétents… sont assujettis par des opportunistes médiocres… qui ne cessent d’agenouiller ce pays où l’ethnocentrisme et le militantisme sont érigés en normes de gestion de l’administration publique.

Monsieur le Président,

Sans entrer dans un jeu de mots, vous devez vous rappelez que : un pouvoir peut être légal et légitime ; il peut être aussi illégal et illégitime ; il peut être également légal et illégitime, tout comme il peut être légitime et illégal.

Monsieur le Président,

Vous allez vous investir pour promulguer une Constitution adaptée à nos réalités sociologiques, anthropologiques, culturelles, au défi de la mondialisation. Vous avez déjà l’aval des représentants de toutes les couches socio-professionnelles du pays.

Celles-ci attendent que vous mettiez en place toutes les Institutions qui régissent le bon fonctionnement de l’Etat en faveur des citoyens.  Cette Constitution devra promouvoir la justice pour tous.

Benjamin Ference, ancien Procureur de Nuremberg a dit « Il ne peut y avoir de paix sans justice, ni de justice sans loi, ni loi digne de nom sans un tribunal chargé de décider ce qui est juste et légal dans des circonstances bien déterminées. »

Monsieur le Président, jusqu’à ce matin du dimanche 05 septembre 2021, nous regardions M. Alpha Condé et son équipe. A partir de cette même date, nous vous regardons avec espoir.

La Sourate 103 du Saint Coran ayant pour titre « Le Temps », dit : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Par le temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance. »

Monsieur le Président, vous êtes appelé à réussir pour le bonheur de la Guinée. Le peuple de Guinée vous fait confiance pour confirmer votre arbitrage, votre neutralité.

Au terme de votre mission qui ne sera pas esclave d’une quelconque précipitation qui risque de nous faire répéter les erreurs du passé, les élections locales, municipales et législatives devront précéder l’élection présidentielle. Vous travaillerez à ce que toutes ces consultations populaires soient impérativement le reflet du libre choix de la majorité de l’électorat guinéen qui aura voté.

La démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, exercé par une autorité exécutive, législative, judiciaire.

En vous souhaitant bonne réception de la présente, prière de continuer votre marche sur le chemin qui mène à la confiance, au respect, à la considération et à la grandeur.

Qu’Allah, le Tout Miséricordieux, le très Miséricordieux vous accorde lucidité, sagesse et perspicacité !

Par Thierno Abdoulaye DIALLO, Sociologue/Journaliste . Tel: 623 91 43 05. Email: thierno.abdoulayediallo50@gmail.com

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La Guinée suspendue aussi par la Francophonie

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Après la Cédeao et l’Union africaine, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a décidé, de suspendre la Guinée de ses instances, suite au coup d’État du 5 septembre perpétré contre le désormais ex-président, Alpha Condé, qui briguait un troisième mandat très décrié.

« La prise du pouvoir par la force, quelle qu’en soient les motivations, est une violation des lois de la République et contraire aux valeurs et principes consignés notamment dans les Déclarations de Bamako », a déclaré la Secrétaire générale de l’organisation, la Rwandaise, Louise Mushikiwabo, lors d’une session extraordinaire à Paris.

L’OIF a aussi exigé la libération « immédiate et sans condition » du président déchu et a appelé à la mise en place d’un gouvernement de transition conduit par des civils et renouvelé sa demande d’une transition consensuelle et inclusive visant à rétablir l’ordre constitutionnel et démocratique « dans les meilleurs délais ».

Par Mariam Bâ

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