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Maroc : plus de 800 migrants parviennent à rentrer dans l’enclave espagnole de Melilla

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Mercredi et jeudi, environ 3 700 personnes ont tenté de franchir la frontière, soit l’arrivée la plus massive jamais enregistrée dans ce territoire.

Pour le deuxième jour consécutif, jeudi 3 mars, des centaines de migrants ont réussi à pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc, qui constitue avec celle de Ceuta la seule frontière terrestre de l’Union européenne (UE) avec l’Afrique. Environ 1 200 migrants ont « commencé, vers 7 h 25, à franchir la clôture […] lançant des pierres et utilisant des crochets et des bâtons contre les forces de sécurité » espagnoles « après avoir débordé les forces de sécurité marocaines », a indiqué la préfecture de Melilla. Selon la préfète, Sabrina Moh Abdelkader, 380 sont parvenus à entrer.

Côté marocain, la situation était calme dans la nuit de jeudi à vendredi dans la petite localité de Beni Ansar, qui jouxte l’enclave de Melilla, ont constaté des journalistes de l’AFP. Aucune présence de migrants n’a été remarquée sur les quinze kilomètres de route le long de la barrière frontalière hérissée de barbelés, ni dans le centre de Beni Ansar. « Ils s’éloignent d’habitude dans les forêts des collines avoisinantes », a précisé à l’AFP un membre de la section locale de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH).

Cette nouvelle arrivée intervient au lendemain d’une tentative de franchissement d’environ 2 500 migrants africains, la plus massive jamais enregistrée dans cette enclave, selon les autorités : 491 y sont parvenus et étaient toujours jeudi dans l’enclave, dans un centre pour migrants. En deux jours, plus de 800 migrants ont donc réussi à entrer dans cette enclave, contre 1 092 en 2021.

Caméras et miradors

« L’agressivité à laquelle nous avons assisté, hier comme aujourd’hui […] n’avait pas été constatée en d’autres occasions », a dénoncé la préfète, dont les services ont annoncé l’arrivée jeudi d’une centaine de policiers en renfort. « C’est un fait très préoccupant. Cela fait des mois que ce type d’arrivée ne s’est pas produite. Et quand il y avait des tentatives, elles étaient repoussées, en collaboration avec les autorités marocaines, sans arriver à ce niveau de gravité », s’est inquiété le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares. A Rabat, le porte-parole du gouvernement marocain a assuré pour sa part que son pays effectuait « un travail colossal pour surveiller ses frontières ».

Selon les autorités, 27 membres des forces de l’ordre espagnoles ont été blessés mercredi et 23 jeudi, tout comme 20 migrants mercredi et 32 jeudi. L’AMDH a fait état mercredi d’une trentaine de migrants blessés, dont trois ou quatre grièvement, qui ont été hospitalisés. « Environ 250 migrants refoulés de Melilla ce matin ont été transférés à bord de bus au centre [de détention] d’Arkmane. Il est probable qu’ils sont revenus après l’échec de leur tentative hier », a estimé jeudi un militant de l’AMDH.

Melilla et Ceuta, à près de 400 km plus à l’ouest, constituent les seules frontières terrestres de l’UE sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l’Europe. A Melilla, la frontière entre le Maroc et l’Espagne est matérialisée par une triple clôture grillagée d’une longueur d’environ 12 km. Comme celle de Ceuta, elle est équipée de caméras et de miradors.

Brouille diplomatique

Ces entrées massives de migrants dans l’enclave interviennent moins d’un an après celle, mi-mai 2021 à Ceuta, de plus de 10 000 migrants, en grande majorité des Marocains. A la faveur d’un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain, ils étaient alors entrés à la nage par la mer ou au niveau de la digue marquant la frontière dans la Méditerranée. Cette crise avait eu lieu dans un contexte de brouille diplomatique majeure entre Madrid et Rabat, provoquée par l’accueil en Espagne, pour y être soigné du Covid-19, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, ennemi juré des autorités marocaines.

Si les tensions se sont depuis apaisées, elles n’ont pas pris fin. La récente conversation entre le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et M. Ghali en marge d’un sommet UE-Union africaine à Bruxelles a fait grincer des dents à Rabat, à en croire les médias proches du pouvoir. « En s’entretenant à Bruxelles avec le chef des séparatistes […] Pedro Sanchez apporte la preuve que le royaume du Maroc a eu raison de ne pas croire en les belles paroles des responsables espagnols », a notamment écrit le site marocain d’information Le360. Rappelée pour consultations lors de la crise de Ceuta, l’ambassadrice du Maroc en Espagne n’est toujours pas revenue à Madrid.

L’Espagne exerce sa souveraineté sur Ceuta depuis 1580 et sur Melilla depuis 1496. Le Maroc les considère comme partie intégrante de son territoire. Située à 150 km de l’Algérie, Melilla (12,5 km2) compte une population de près de 87 000 habitants.

Le Monde avec AFP

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Justice: plusieurs OPJ placés sous mandat de dépôt ce lundi

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Sept agents de la police judiciaire ont été placés sous mandat de dépôt, ce lundi 16 mai 2022 , au commissariat central de Kaloum.

Ils sont tous accusés de complicité d'évasion, par le procureur général  près la Cour d'appel de Conakry, Alphonse Charles Wright.

Selon nos informations, trois détenus se sont récemment évadés au moment où ces OPJ étaient de garde.

Par Mariam Bâ

 

 

 

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Le Mali annonce son retrait de l’organisation régionale G5 Sahel

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Le Mali s’isole encore un peu plus. Bamako a annoncé, dimanche 15 mai, son retrait du G5 Sahel et de sa force militaire antidjihadiste pour protester contre le refus qui lui est opposé d’assurer la présidence de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger. « Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe », indique son communiqué. Le G5 Sahel avait été créé en 2014 et sa force antidjihadiste lancée en 2017.

Le Mali fait depuis le 9 janvier l’objet de sanctions économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains, qui reprochent à la junte de vouloir se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

Cette nouvelle décision survient après l’annonce, début mai, par la junte, de la fin du traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi que des accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de la force antidjihadiste Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

Le Mali s’isole encore un peu plus. Bamako a annoncé, dimanche 15 mai, son retrait du G5 Sahel et de sa force militaire antidjihadiste pour protester contre le refus qui lui est opposé d’assurer la présidence de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger. « Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe », indique son communiqué. Le G5 Sahel avait été créé en 2014 et sa force antidjihadiste lancée en 2017.

Le Mali fait depuis le 9 janvier l’objet de sanctions économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains, qui reprochent à la junte de vouloir se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

Cette nouvelle décision survient après l’annonce, début mai, par la junte, de la fin du traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi que des accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de la force antidjihadiste Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

AFP

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Que veut dire retour à l’ordre constitutionnel ?

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J’ai posé cette question à un large public : que veut dire retour à l’ordre constitutionnel ?J’ai jugé utile qu’on se mette d’accord sur le contenu à donner à cette expression qui me semble désormais galvaudée dans notre pays.

L’ordre constitutionnel ramène au mot Constitution. Qu’est-ce qu’une Constitution ? « Une Constitution est un ensemble de textes juridiques qui définit les institutions de l’État et organise leurs relations. Elle peut aussi rappeler des principes et des droits fondamentaux. Elle constitue la règle la plus élevée de l'ordre juridique ».

Au regard de cette définition, il est aisé de se rendre compte que le cœur du mal guinéen est le non-respect de nos différentes Constitutions par nos élites dirigeantes depuis l’indépendance le 2 octobre 1958.

Nous pouvons donc simplement dire que le retour à l’ordre constitutionnel consiste à rétablir la Constitution en vigueur dans le pays en respectant toutes ses dispositions.

Qui a rompu l’ordre constitutionnel?

C’est Alpha Condé qui a rompu l’ordre constitutionnel en violant l’article 27 de la Constitution et l’article 23, alinéa 5 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. L’adhésion à cette Charte est consacrée dans le préambule de notre Constitution du 7 mai 2010.

C’est le coup de force sanglant d’Alpha Condé qui a mis fin à l’ordre constitutionnel obtenu de haute lutte en 2010. Le 5 septembre 2021, c’est un putschiste militaire qui a renversé un putschiste civil, ce qui ne change pas la réalité de la rupture de l’ordre constitutionnel, la junte s’est contentée de promettre de le rétablir.

Que faut-il faire ?

Pour revenir à l’ordre constitutionnel, il s’agit simplement de rétablir la Constitution en vigueur à la veille du putsch constitutionnel du 22 mars 2020. Alpha Condé était au terme de son dernier mandat et l’élection présidentielle devrait se tenir en octobre 2020 pour élire le nouveau président.

C’est ce processus qu’il faut reprendre afin de redonner au peuple son pouvoir souverain d’élire ses représentants.

Techniquement le délai d’organisation d’une élection présidentielle transparente et crédible ne peut excéder six mois. L’article 42 de notre Constitution prévoit 90 jours d’intérim pour organiser une nouvelle élection présidentielle.

Le colonel Mamadi Doumbouya doit revenir à son engagement solennel du 5 septembre 2021 : le retour à l’ordre constitutionnel.

L’armée n’a pas pour vocation d’exercer le pouvoir politique. Les militaires Guinéens doivent tirer les mêmes conclusions que les militaires Béninois (record de quatre coups d’Etat en six ans), Ghanéens, Nigérians et Nigériens : c’est le respect de l’ordre constitutionnel qui est profitable à nos pays et non les coups d’Etat. Depuis leur prise de conscience salutaire, les élections se tiennent régulièrement dans ces pays et leurs peuples ont recouvré leur pouvoir souverain. Tous ces pays sont mieux gérés depuis que la compétition pour l’exercice du pouvoir est démocratique.

Respectons notre Constitution et nos lois : la souveraineté populaire appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants élus et par voie de référendum.

Aucune fraction du peuple, aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.

En ce moment, nous avons un individu soutenu par une fraction du peuple qui s’en attribue l’exercice. C’est contraire à l’esprit et à la lettre de notre Constitution.

Il faut que les Guinéens comprennent que c’est le respect de la Constitution, des lois et règlements de la République qui permettra le fonctionnement régulier de l’Etat. Il ne faut pas espérer le développement dans un système où l’Etat est hors-la-loi.

Nos dirigeants se permettent tous les crimes, parce qu’ils savent que l’impunité leur est garantie du seul fait que le peuple ne détient pas la souveraineté, donc la possibilité de les renvoyer du pouvoir au travers des élections.

Nous devons nous battre pour reprendre ce pouvoir souverain confisqué par nos dirigeants depuis 1958.

Par Alpha Saliou Wann

 

 

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