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Libye : soutien américain à Haftar, le jeu international se clarifie

L'annonce tardive d'un contact direct entre Donald Trump et le maréchal Khalifa Haftar pendant son offensive sur Tripoli clarifie un jeu international dans lequel Washington et Moscou apparaissent sur un même bord, au risque de marginaliser l'ONU en Libye.

Alors que Londres soumettait lundi au Conseil de sécurité une résolution pour un cessez-le-feu critiquant l’attaque sur la capitale, le président américain parlait le même jour au téléphone avec le maréchal « d’une vision commune » pour un avenir démocratique en Libye, a révélé vendredi la Maison Blanche.

Ce clair soutien américain à l’homme fort de l’est libyen, aux dépens de Fayez al-Sarraj pourtant reconnu comme la seule autorité légitime en Libye par la communauté internationale, s’est accompagné de l’éloge du « rôle significatif du maréchal Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye », selon un communiqué de la présidence américaine.

L’appui clair et net des États-Unis permet de mieux comprendre pourquoi « Haftar est dans une logique où il veut aller jusqu’au bout », selon les termes d’un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat. Malgré ses difficultés militaires et un front qui s’est enlisé, il continue d’estimer qu’il « peut l’emporter » 15 jours après le début de son offensive, selon plusieurs diplomates.

Le soutien américain exprimé vendredi, note l’une de ces sources, « clarifie les choses » aussi à l’ONU, où le Royaume-Uni s’escrime en vain depuis cinq jours, avec le soutien de l’Allemagne et la France, à essayer de faire approuver une résolution réclamant un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combat.

Dans les négociations, curieusement, États-Unis et Russie s’étaient retrouvés sur une même ligne pour réclamer « du temps » ou dire qu’ils n’étaient « pas prêts » pour une résolution, sans vraiment expliquer à leurs partenaires pourquoi. Alors que sur le terrain l’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, multipliait les mises en garde alarmistes sur un « embrasement généralisé » et réclamait une réaction urgente.

AFP

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