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Libérez Abdourahmane Sanoh et cie

J’ai lu et relu la déclaration du FNDC incriminant ces leaders de la société civile, je n’ai trouvé aucun élément juridique justifiant leur condamnation.

Le pouvoir a sévit contre les principaux dirigeants de la société civile agissante pour avoir un face à face exclusif avec les partis politiques, donc exclure tout engagement citoyen dans ce bras de fer.
Parmi les signataires de la charte du FNDC, Abdourahmane Sanoh est le représentant de la société avec d’autres leaders politiques de l’opposition. La justice ne vise pas ces derniers, autant signataires de la déclaration incriminée que ces acteurs combattifs de la société civile. C’est la preuve qu’elle obéit aux injonctions du pouvoir.
Pour la Justice, une simple déclaration appelant les Guinéens à manifester contre le coup de force constitutionnel en cours est une menace grave à l’ordre public. Elle agit promptement en arrêtant que les responsables de la société civile avant le déclenchement des manifestations.
Depuis le 14 octobre, 21 jeunes ont été lâchement assassinés par des éléments des forces nationales de police et de gendarmerie qui sont les bras armés du régime pour exécuter ses ordres criminels. La Justice reste silencieuse sur ces crimes abominables qui, selon elle, ne mérite pas de mettre en branle l’action judiciaire pour poursuivre les auteurs présumés de ces crimes.
A date, ce sont 125 assassinats de jeunes (le bilan continue de s’alourdir avec des victimes qui succombent à leurs blessures), tous tués par des armes de guerre, sans susciter la moindre réaction de l’appareil judiciaire. Silence coupable des magistrats face à cette souillure qui décrédibilise leur noble corporation. Le pouvoir judiciaire sert à quoi en Guinée? Elle est devenue l’autre bras armé du pouvoir exécutif pour réprimer impitoyablement ses opposants. Dans le cadre des affaires politiques, les magistrats n’obéissent plus à l’autorité de la loi, mais appliquent de façon zélée les injonctions du pouvoir. Les faits sont palpables : aucune enquête sur les cas d’homicides volontaires lors des manifestations politiques, promptitude pour arrêter et condamner des opposants etc.
Les leaders du FNDC ont vu leur droit fondamental à “un procès équitable “ par “un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi” bafoué par les procureurs et juges des tribunaux de Dixinn et Matam.
De même que ces tribunaux ont été expéditifs pour les juger, il est souhaitable que la Cour d’appel aussi se prononce rapidement pour dire le droit.
Nous réclamons justice pour les combattants de la démocratie. Nous devons nous mobiliser pour aider la justice à se libérer de l’emprise étouffante et néfaste du chef de l’exécutif.
Par Alpha Saliou Wann

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