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« Les survivants, ce sont les chanceux » : un migrant Guinéen raconte le calvaire de la traversée du désert en Algérie

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 « Ceux qui meurent, ce sont ceux qui n'ont pas la chance, les survivants, ce sont les chanceux. » À l'âge de 15 ans, Aboubacar, désormais réfugié en France, a fui la Guinée. Dans son exil, il a dû traverser le désert algérien pour rejoindre la Libye. Une traversée interminable dont il sera l'un des seuls survivants.  Il raconte à InfoMigrants l'une des étapes les plus difficiles de son exil. Témoignage.(Photo d'archive)

"J'avais entendu tellement d'histoires de personnes qui se faisaient arnaquer et abandonner par les passeurs en voulant traverser le désert jusqu'en Libye que je ne faisais confiance à personne. J'ai dit à un passeur : 'Tu m'emmènes en Libye, je te paye après, je ne te paye pas avant parce que je sais que beaucoup de gens n'arrivent pas à destination'. Il a accepté. Je suis donc parti d'Algérie pour rejoindre la Libye à travers le désert en octobre 2015.

"Au lieu d'une journée, on est resté deux semaines dans ce désert"

On était environ 90 personnes à partir, réparties dans cinq ou six véhicules. Les passeurs nous avaient dit : 'Pour arriver à la frontière avec la Libye, c'est une journée de traversée. On va arriver ce soir ou demain matin au plus tard'. On nous avait simplement dit de prendre beaucoup d'eau. On avait des biscuits aussi. Mais au lieu d'une journée, on est resté deux semaines dans ce désert. Les passeurs ne disent pas la vérité. De toute façon, il n'y a pas de vérité sur ce chemin.

La journée, on roulait. Et quand la nuit tombait, ils [les passeurs, ndlr] nous cachaient et partaient. Ils revenaient nous chercher le lendemain à 6h du matin. Ça a duré comme ça pendant deux semaines. Sur les 90 personnes, on était environ 60 à ne pas avoir payé d'avance. C'est pour ça qu'ils revenaient nous chercher. S'ils avaient déjà eu leur argent, ils nous auraient abandonnés.

On ne sait pas combien de kilomètres on a fait, des milliers, c'est sûr. Je pense que les passeurs eux non plus ne savent pas, ils ne connaissent pas les distances.

"La nuit, quand on avait trop froid, on brûlait les habits des uns et des autres"

Au bout de deux semaines, un matin, ils ne sont pas venus nous chercher. Peu avant, on leur avait payé la moitié de la traversée c'est-à-dire 6 000 dinars [un peu moins de 40 euros, ndlr]. On s'est alors dispersés car certains voulaient continuer, d'autres non. Moi je voulais continuer à pied. On nous a dit : 'Il ne faut jamais marcher à plus de 15 personnes, pour ne pas se faire repérer', donc on est partis à 15.

On a marché pendant cinq jours : on marchait le matin jusqu'à 11h puis on se reposait. On a croisé un petit village où on a pu prendre de l'eau et on a continué. Je n'avais qu'un petit sac dans lequel je pouvais transporter deux bouteilles d'eau. On n'avait rien à manger. Dans le désert, il fait hyper chaud la journée et hyper froid la nuit. Quand on avait trop froid, on brûlait les habits des uns et des autres pour se réchauffer. J'ai brûlé une veste et un pantalon à moi.

"Dans le désert, quand tu tombes, on te laisse"

Puis les gens ont commencé à tomber. Je ne peux pas dire pour quelle raison : la famine, la fatigue, la fièvre… Dans le désert, quand tu tombes, on te laisse. Parfois, le matin, certains nous disaient qu'ils n'arrivaient plus à se lever, ils nous disaient de continuer le chemin sans eux. Et tu ne peux rien faire pour les aider. Je savais que si ça m'arrivait à moi aussi, ils allaient me laisser. C'est triste de voir quelqu'un tomber comme ça, sans aucune aide. Je fais des cauchemars par rapport à ça.

Je ne sais pas qui ils étaient, ceux qui sont morts. Ils avaient environ 18 / 19 ans, d'autres avaient 20 ans. Ils étaient Guinéens, Ivoiriens, d'un peu partout, mais je ne sais rien sur eux car on ne se parlait pas trop. Dans le désert, il ne faut pas perdre de l'énergie, il ne faut pas trop parler. Et puis il n'y a pas d'humanité dans le désert.

Le dernier jour, on était plus que deux survivants sur 15. Je ne discutais pas avec l'autre homme, on était trop épuisés et inquiets. On cherchait une ville où on pouvait s'arrêter pour avoir au moins quelque chose à manger. Des passeurs nous ont finalement arrêtés en Libye, ils nous ont frappés avant de nous envoyer en prison mais, au moins, on a eu un petit bout de pain et de l'eau.

Je ne sais pas pourquoi moi j'ai survécu alors que 13 autres sont morts. Ceux qui meurent, ce sont ceux qui n'ont pas la chance, les survivants, ce sont les chanceux, c'est tout."

Après une succession de "galères", et deux années en Allemagne en tant que mineur, Aboubacar,  aujourd’hui âgé de 20 ans, vit à Marseille où il fait un CAP d'électricien. Il ne pense désormais qu'à s'intégrer en France et à fonder son entreprise. Sur son temps libre, il est vice-président d'une association qui vient en aide aux demandeurs d'asile. Une vie simple et tournée vers les autres, aux antipodes de ce qu'il a connu ces cinq dernières années.

 

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Guinée : la coupe de bois interdite à partir de ce lundi

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Les autorités guinéennes ont interdit la coupe de bois à partir de lundi sur tout le territoire de ce pays ouest-africain à la riche biodiversité attaquée par une déforestation massive, ont-elles indiqué sur les réseaux sociaux.

Cette décision fait suite à des opérations clandestines d'abattage qui ont fait grand bruit ces dernières semaines, dans les régions de Mamou ou Faranah (centre).

«Après avoir constaté la coupe abusive du bois dans nos forêts et l'exploitation illicite des ressources forestières en général, le ministère de l'Environnement, des Eaux et Forêts interdit la coupe et le transport du bois sur toute l'étendue du territoire national à compter du lundi 14 juin 2021 et ce jusqu'à nouvel ordre», indique un communiqué du ministère publié sur sa page Facebook et daté du 11 juin.

Le ministère interdit à l'administration la délivrance de permis de coupe et de transport.

La Guinée «fait partie des pays qui ont les taux de déforestation les plus rapides au monde», indique le ministère sur son site internet dans un article intitulé «déforestation effrénée».

De 14 millions d'hectares dans les années 1960, le couvert forestier est passé à la fin des années 2010 à moins de 700 000 hectares, ce qui fait de la Guinée «l'un des mauvais élèves» de la conservation des forêts, dit le texte, malgré les efforts de reforestation entrepris. Même les «quelques lambeaux de forêts classées (...) ne sont pas épargnés».

Une diversité de facteurs sont cités: l'expansion des cultures du cacao, du café ou de l'huile de palme, l'agriculture sur brûlis pratiquée par une population de plus en plus nombreuse, la pression démographique d'une population qui a doublé en quarante ans, les activités minières, l'exploitation du bois, légale ou clandestine, pour lui-même ou pour d'autres activités comme l'extraction de sel ou le fumage du poisson.

Cette déforestation appauvrit la biodiversité et impacte les populations, confrontées à l'érosion et à l'acidification des sols, selon les spécialistes.

La télévision nationale rapportait il y a quelques jours la découverte de quantités considérables de bois, essentiellement du bois dit de rose, abattues clandestinement dans la région de Mamou.

«Selon les informations que nous avons, ce bois est exporté vers la Sierra Leone (pays voisin) et drainé vers les pays asiatiques», disait le colonel Layaly Camara, directeur national des Eaux et Forêts.

«On n'a ni de près ni de loin été informé par la population», déclarait Kaba Keita, sous-préfet local.

Les autorités ont annoncé la suspension de plusieurs hauts cadres de l'administration et des services forestiers à la suite de ces affaires de coupes illicites.

AFP

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Hajj 2021 : pas de pèlerinage pour les Guinéens cette année encore

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Comme l’année dernière, les musulmans Guinéens, du moins ceux qui ne résident pas en Arabie Saoudite, ne pourront pas effectuer le pèlerinage à la Mecque cette année encore.

En raison de la pandémie de coronavirus, les autorités Saoudiennes ont décidé que seul des résidents ou des nationaux, ayant entre 18 et 65 ans, ne souffrant pas d'une maladie chronique et ayant été vaccinés contre le Covid-19, peuvent effectuer le Hajj qui doit avoir lieu en juillet.

"Considérant la foule immense qui effectue le hajj, en passant de longs moments dans plusieurs endroits spécifiques, le plus haut niveau de précaution sanitaire est nécessaire", a indiqué samedi 12 juin 2021, le ministère du Hajj dans un communiqué.

Au total, l'Arabie saoudite va autoriser 60.000 de ses résidents vaccinés contre le coronavirus à effectuer le Hajj, grand pèlerinage musulman à la Mecque. Un quota drastiquement réduit pour la deuxième année consécutive à cause la pandémie de Covid-19.

Par Ibrahim Bangoura

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Crise politique en Guinée: plusieurs diplomates échangent avec Cellou Dalein Diallo

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Le principal opposant guinéen, Cellou Dalein Diallo, s’est entretenu avec plusieurs diplomates vendredi 11 juin 21, à Conakry.

Il s’agit des Ambassadeurs des Etats-Unis, de France, de l’Union européenne, du Coordonnateur du système des Nations-Unis et le représentant de la CEDEAO.

« Nous avons échangé sur la crise socio-politique qui prévaut actuellement dans notre pays et sur les voies et moyens susceptibles de conduire à l’apaisement et au retour de la confiance entre les acteurs politiques », a précisé Cellou Dalein Diallo, indiquant que pour son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée, (UFDG), « le retour de la paix et de la confiance passent nécessairement par la justice et le respect de la Constitution et des lois de la République », dit-il.

Par Mariam Bâ

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