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Des agricultrices népalaises piquent des plants de riz dans une rizière de Lele, dans le district de Lalitpur, au Népal. (© Niranjan Shrestha/AP Images)

Le riz pourrait-il bloquer le VIH ?

Cela semble incroyable, mais les rizières pourraient peut-être un jour produire une molécule essentielle à la prévention du VIH.

Une équipe internationale de scientifiques a trouvé le moyen d’insérer trois protéines capables de bloquer le virus du sida dans des graines ordinaires de riz. Leur objectif ultime : développer un onguent qui pourrait prévenir les infections par le VIH.

Les graines de riz pourraient simplement être moulues et mélangées à de l’eau pour créer un onguent que les femmes des pays en développement appliqueraient pour se protéger, explique la chercheuse principale, Evangelia Vamvaka.

« Cette stratégie pionnière est le seul moyen réaliste de fabriquer des composés microbicides à un prix assez bas pour être utilisés dans le monde en développement », indiquent les 15 chercheurs dans un article de la revue Proceedings of the National Academies of Sciences.

« Ce n’est pas une solution miracle », précise Mme Vamvaka, qui est professeure au Centre agro-technique de l’université de Lleida, en Espagne, mais qui mène actuellement les travaux à l’université de Californie à Berkeley. Toutefois, cette avancée pourrait donner aux femmes des pays en développement « un moyen de s’assumer et d’être protégées » si leurs partenaires masculins résistent à l’idée d’utiliser un préservatif.

Les travaux ont été menés par des scientifiques de l’Institut national du cancer aux États-Unis, de l’Imperial College de Londres, de l’institut IrsiCaixa de recherches contre le sida à Barcelone, en Espagne, et diverses autres institutions. Leurs efforts faisaient fond sur des études précédentes effectuées sur des plants de tabac, du soja et du maïs.

À l’Institut national du cancer aux États-Unis, Barry O’Keefe est chef de la division chargée de développer des traitements potentiels contre le cancer à base de produits naturels. Il révèle que la protéine la plus puissante dans cette expérimentation a été tirée de l’algue marine rouge, en Nouvelle-Zélande, et dont il avait prouvé la capacité éventuelle de servir de microbicide contre le VIH. Un microbicide est une molécule capable de tuer des agents pathogènes, tels les virus et les bactéries.

Au grand étonnement des chercheurs, combiner les trois protéines anti-VIH dans des graines de riz a accru leur capacité à bloquer le virus.

Le sida a causé 35 millions de décès, et près de 37 millions de personnes vivent aujourd’hui avec l’infection du VIH. En dépit des avancées dans les traitements et les mesures de prévention, 1,8 million de nouvelles infections ont été recensées en 2017, la plupart dans les pays à faible revenu en Afrique, indique l’Organisation mondiale de la santé.

Beaucoup de personnes infectées par le VIH reçoivent actuellement des médicaments antirétroviraux par le biais du Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida* (PEPFAR) ainsi que d’autres initiatives humanitaires. Cependant, 16 millions de séropositifs dans le monde ne bénéficient d’aucun traitement.

Pour la scientifique Evangelia Vamvaka, un onguent capable de prévenir l’infection du VIH pourrait être développé d’ici 5 à 7 ans si suffisamment de fonds étaient alloués. Il faudra prouver son efficacité d’abord dans des études menées sur des animaux, puis lors d’essais cliniques sur des personnes.

M. O’Keefe a noté toutefois qu’un centre médical à New York avait déjà entamé un essai clinique d’un microbicide dont les femmes pourraient se servir pour se protéger contre les maladies sexuellement transmises, y compris le VIH.

Source : ShareAmerica

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