Fervent militant de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti de l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo, Adama Barry a été arrêté dimanche 1er juin 2025. Selon des témoignages concordants, il participait à une réunion préparatoire aux prochaines manifestations des Forces vives qui réclament, depuis le début de l’année, le départ de la junte au pouvoir dirigée par le général Mamadi Doumbouya.
Un haut responsable de sa formation politique a confirmé l’information par téléphone. Selon une source sécuritaire, le militant est accusé de mobiliser les jeunes de son quartier en vue des prochains rassemblements de l’opposition, laquelle exige la fin de la transition et le retour des civils au pouvoir.
Des témoins affirment qu’Adama Barry a été passé à tabac par des agents des forces de sécurité avant d’être jeté dans un pick-up de la police. Conduit initialement à l’escadron de gendarmerie mobile n°5 de Wanindara, il a ensuite été déféré à la Maison centrale de Coronthie, le plus grand centre pénitentiaire du pays. Un gardien de prison, sous couvert d’anonymat, a confirmé sa présence dans l’établissement. Plusieurs chefs d’accusation pèsent sur lui, notamment pour trouble à l’ordre public et rébellion.
Ce n’est pas la première fois qu’Adama Barry est incarcéré en raison de son engagement. En septembre 2023, il avait déjà été arrêté en marge d’une manifestation des Forces vives de Guinée et détenu durant plusieurs jours au commissariat central de Sonfonia, avant d’être relaxé. Il portait alors des traces visibles de sévices corporels.
Dans un rapport publié début décembre 2024, l’organisation Human Rights Watch indiquait que 59 personnes, dont au moins cinq mineurs, ont trouvé la mort lors de manifestations depuis juin 2022, principalement dans la zone spéciale de Conakry.
Par I. Sylla


