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La Russie envahit l’Ukraine: ce qu’il faut savoir

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Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi le début d’une « opération militaire » en Ukraine. Des explosions ont été entendues dans les grandes villes du pays, dont la capitale, Kiev. Voici ce qu'il faut savoir.

Une déclaration surprise. C’est dans la nuit de mercredi à jeudi, peu avant 4 heures du matin, heures de Paris (5 heures à Kiev, 6 heures à Moscou) que le président russe, Vladimir Poutine , a annoncé jeudi le début d’une « opération militaire » en Ukraine. Une déclaration surprise à la télévision, dans laquelle il a appelé les militaires adverses « à déposer les armes ». Le maître du Kremlin a justifié cette opération par la nécessité, selon lui, de défendre les séparatistes de l’est de l’Ukraine, malgré les sanctions de l’Occident. « Nous nous efforcerons d’arriver à une démilitarisation et une dénazification de l’Ukraine. » Quelques heures auparavant, le Kremlin avait déclaré que les responsables des « républiques » séparatistes prorusses autoproclamées avaient demandé l’« aide » de la Russie pour « repousser l’agression » ukrainienne.

Explosions à Kiev et dans les grandes villes. Peu après cette déclaration surprise, une série d’explosions ont été entendues à Kiev, la capitale ukrainienne. Des sirènes d’alerte aérienne y ont retenti, ainsi qu’à Lviv, une grande ville de l’ouest du pays où les États-Unis et d’autres pays ont déplacé leurs ambassades. Des explosions ont également été rapportées à Kramatorsk, à l’est, qui abrite le quartier-général de l’armée ukrainienne, à Kharkiv, la deuxième ville du pays, et à Odessa, sur le mer Noire. La Russie revendique la destruction de bases aériennes et de la défense anti-aérienne ukrainienne. Kiev, de son côté, affirmé avoir abattu cinq avions et un hélicoptère russes.

Une invasion terrestre, un premier mort. Selon les gardes-frontières ukrainiens, les forces-terrestres russes sont entrées en Ukraine. Peu après, vers 8h30 heure de Paris jeudi matin, ils ont annoncé un premier mort.

La loi martiale proclamée en Ukraine. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réagi dans une adresse à la nation et a proclamé la loi martiale dans tout le pays. « Pas de panique », « nous allons vaincre », a-t-il assuré à son peuple. Selon lui, le monde doit créer « une coalition anti-Poutine » pour « contraindre la Russie à la paix ». Son ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a dénoncé une « invasion de grande ampleur » par la Russie. Dans un communiqué, le ministère estime que cette opération vise à « détruire l’état ukrainien, s’emparer de son territoire par la force et établir une occupation ». La veille, l’Ukraine avait commencé la mobilisation d’une quarantaine de milliers de ses réservistes. L’état d’urgence avait été voté.

Les réactions internationales.

Le président américain, Joe Biden, a dénoncé une « attaque injustifiée » qui provoquera « des souffrances et pertes de vies humaines » et a promis que « le monde exigera des comptes à la Russie ». Il s’est entretenu tôt jeudi avec son homologue ukrainien en lui promettant son soutien.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a fustigé une « attaque téméraire et non provoquée ». Une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’Otan a été décidée jeudi matin.

Pour Boris Johnson, le Premier ministre britannique, Vladimir Poutine « a choisi la voie de l’effusion de sang et de la destruction en lançant cette attaque non provoquée ».

Pour le chancelier allemand, Olaf Scholz, c’est une « violation éclatante » du droit international.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est engagée à demander à Moscou de « rendre des comptes ».

Condamnation française. « La France condamne fermement la décision de la Russie de faire la guerre à l’Ukraine », a réagi le président Emmanuel Macron jeudi. Il a appelé Moscou à « mettre immédiatement fin à ses opérations militaires ».« La France est solidaire de l’Ukraine, a-t-il ajouté dans deux tweets. Elle se tient aux côtés des Ukrainiens et agit avec ses partenaires et alliés pour que cesse la guerre. »

Avec AFP

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Guinée : treize ans après les faits, le procès du massacre du 28 septembre s’ouvre à Conakry

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Treize ans jour pour jour après le massacre du 28 septembre 2009, ayant fait plus de 150 morts et plus de 100 femmes violées, le procès s’est ouvert ce mercredi à Conakry, dans un tribunal ad hoc, inauguré un peu plutôt dans la journée devant plusieurs responsables de la transition , de la représentante spéciale du secrétaire de l’ONU et le procureur de la Cour pénale internationale.

Au total, douze personnes sont dans le box des accusés. Il s’agit du capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire à l’époque; de son ancien aide de camp, le commandant Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba; du lieutenant-Colonel Moussa Thiegboro Camara ; du Colonel Claude Pivi ; Cécé Raphaël Haba ; Alpha Amadou Bah ; Marcel Guilavogui ; Ibrahima Camara alias Kalonzo, Blaise Goumou ; Mamadou Aliou Keïta ; Abdoulaye Chérif Diaby et Paul Mansa Guilavogui.

Tous en détention à la maison centrale de Conakry, ils sont poursuivis pour  des faits de « meurtres, assassinats, vols, pillages, incendies volontaires, vol à mains armées, coups et blessures volontaires, outrage à agents de la force publique, tortures, enlèvements et séquestrations, non-assistance à personnes en danger, violences sexuelles, attentats à la pudeur, détention de matériels de guerre de première catégorie et complicité ».

Dans son discours inaugural, le ministre de la justice a assuré que son département est prêt pour la manifestation de la vérité dans ce dossier, mais aussi dans tous les autres cas de crimes et violation des droits de l’homme commis en Guinée.

Poursuivant, Alphonse Charles Wright a indiqué que les présumés auteurs des exactions vont répondre de leurs actes, quelques soit leurs appartenances politiques, leurs titres, leurs rangs ou grades.

Dans un communiqué à cet effet, les ambassades des États-Unis d'Amérique et de France, ainsi que les délégations de l'Union Européenne, de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et la Représentation des Nations Unies, avec l’appui de l’ambassade du Royaume Uni, ont salué l’ouverture du procès et ont rappelé leur attachement à un procès équitable, respectant les normes internationales et aboutissant à un jugement dans des délais raisonnables.

« Rendre justice, dans le cadre du système judiciaire, aux victimes de ce massacre ainsi qu’à toutes les victimes de violence politique, illustrera l'engagement du gouvernement à promouvoir la paix, à bannir toutes formes de violence et à faire respecter l'Etat de droit », indiquent-elles.

« L’ouverture de ce procès est une victoire pour les victimes, familles de victimes et les organisations de défense des droits humains qui se battent depuis 13 ans pour qu’il se tienne. C’est aussi un pas important dans la lutte contre l’impunité pour les homicides illégaux et les crimes sexuels de façon générale, qui demeurent trop souvent impunis en Guinée », souligne de  son côté, la directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Samira Daoud.

« Au-delà de la symbolique de l’ouverture du procès, ce dernier ne pourra être considéré comme une réussite que s’il permet d’établir les faits de façon rigoureuse, d’entendre les victimes, de poursuivre l’ensemble des personnes inculpées en leur présence, de garantir à ces dernières un procès équitable, et au final de rendre justice.», ajoute-t-il.

Rendre justice, c’est le souhait exprimé par la présidente de l’association des victimes parents et amis du 28 septembre (AVIPA). Asmaou Diallo qui a dénombré 700 victimes espère que cette justice soit surtout rendue dans de ‘’très bonnes conditions, de paix, de vérité et de garantie de non répétition’’.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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Espagne : l’élection du haut conseil des Guinéens suscite la colère

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L'élection du haut conseil des Guinéens d'Espagne et de Malte provoque le mécontentement. Alors que le vote est prévu ce samedi 01 octobre 2022, la fédération des associations guinéennes d'Espagne, regroupant 32 organisations, proteste contre le mode d'organisation du scrutin, voulu par la mission diplomatique.

En cause, elle accuse les autorités diplomatiques de vouloir imposer des candidats selon les quatre régions naturelles de la Guinée, or les critères de candidature établis par l’Ambassade proscrits toute idée de régionalisme et de sectarisme, déplorent ces associations.

Dans une note adressée à l’Ambassade de Guinée en Espagne et Malte, la fédération rappelle que pour le bon déroulement du processus électoral, il serait nécessaire de respecter les règles établies dans le terme de référence émis par le ministère guinéen des Affaires étrangères et les différents communiqués que l'Ambassade a fourni aux différentes associations.

Joint au téléphone par notre rédaction, un compatriote vivant en Espagne a dénoncé cette attitude de la mission diplomatique, qui, selon lui ne vise qu’à prôner le régionalisme au-delà des frontières guinéennes.

Pour le moment, nos tentatives pour joindre l'Ambassade de Guinée en Espagne pour obtenir leur version des faits sont restées vaines.

Toujours est-il que si l'élection se déroule dans ces conditions, les contestations semblent inévitables et pourraient affecter la cohésion qui a, jusque-là, prévalu au sein des Guinéens d'Espagne et de Malte.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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Guinée: L’ouverture du procès du 28 septembre 2009 doit répondre aux attentes des victimes

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Treize ans après le massacre du 28 septembre 2009 au cours duquel plus de 150 manifestants ont été tués et plus de 100 femmes ont été victimes de viols et d’autres violences sexuelles par des membres des forces de défense et de sécurité, l’ouverture le 28 septembre à Conakry du procès des auteurs présumés de ces crimes constitue un événement majeur qui doit répondre aux attentes des victimes et familles de victimes et à celles d’un procès équitable en présence de tous les inculpés, a déclaré aujourd’hui Amnesty International.

« L’ouverture de ce procès est une victoire pour les victimes, familles de victimes et les organisations de défense des droits humains qui se battent depuis 13 ans pour qu’il se tienne. C’est aussi un pas important dans la lutte contre l’impunité pour les homicides illégaux et les crimes sexuels de façon générale, qui demeurent trop souvent impunis en Guinée », a déclaré Samira Daoud, directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à Amnesty International.

« Au-delà de la symbolique de l’ouverture du procès, ce dernier ne pourra être considéré comme une réussite que s’il permet d’établir les faits de façon rigoureuse, d’entendre les victimes, de poursuivre l’ensemble des personnes inculpées en leur présence, de garantir à ces dernières un procès équitable, et au final de rendre justice.»

Les autorités guinéennes doivent également garantir la sécurité et une protection adéquate pour les victimes et témoins avant, pendant et si nécessaire après la tenue du procès. À ce titre, les autorités guinéennes devraient partager le projet de loi portant protection des victimes, des témoins et des autres personnes en situation de risque, avec les associations de victimes et organisations de défense des droits humains pour y inclure leurs éventuelles recommandations et adopter le texte au plus vite. En outre, les autorités doivent prendre des mesures provisoires sans attendre l’adoption de ce texte, pour s’assurer que les victimes et témoins de ce procès puissent s’exprimer devant le tribunal de manière sereine.

Les victimes du massacre - dont plusieurs sont décédées ces dernières années - et leurs ayant droits vivent pour beaucoup dans des conditions de précarité déplorables et ont besoin de recevoir de la part des autorités guinéennes une réparation adéquate, efficace et rapide. A ce titre, Amnesty International appelle les partenaires de la Guinée, et particulièrement la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine, l’Union européenne, la Cour pénale internationale et les Nations unies, à répondre à l’appel des autorités guinéennes en contribuant au fonds d’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009.

La Cour pénale internationale (CPI) avait ouvert un examen préliminaire sur la situation en Guinée en octobre 2009. La CPI, conçue comme un tribunal de dernier recours pour les crimes les plus graves, prend le relais lorsque les tribunaux nationaux ne peuvent pas ou ne veulent pas, instruire et juger ce type d’affaires.

A la suite de l’enquête ouverte en février 2010 et clôturée fin 2017 menée par des juges d’instruction guinéens, 12 personnes sont aujourd’hui inculpées, dont Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte au pouvoir en septembre 2009, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).

Exilé au Burkina-Faso depuis 2010, Moussa Dadis Camara est revenu en Guinée le 25 septembre pour le procès, après un premier court séjour dans le pays en décembre 2021. A l’occasion de ce séjour, il s’était déclaré être prêt à se mettre à la disposition de la justice.

Parmi les inculpés se trouvent aussi le colonel Moussa Tiégboro Camara, limogé le 24 mars 2022 de sa fonction de secrétaire général à la Présidence chargé des services spéciaux, ainsi qu’Aboubakar Sidiki Diakité, ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara, détenu à la prison centrale de Conakry depuis son extradition du Sénégal en mars 2017. Cinq autres personnes inculpées sont détenues à la prison centrale de Conakry, depuis 2010 et 2015 selon le ministère de la justice. Ces personnes sont détenues bien au-delà du délai légal de détention provisoire.

Ce procès doit être exemplaire pour répondre à la longue espérance des victimes qui ne doit pas être déçue, et à celle des associations qui se sont mobilisées pendant toutes ces années pour qu’il puisse voir le jour.

« L’ouverture du procès sur le massacre du 28 septembre 2009 doit aussi s’accompagner d’autres procès sur les violations des droits humains commises après 2009, notamment les nombreux homicides illégaux présumément commis par les forces de défense et de sécurité lors de protestations à Conakry et dans plusieurs autres villes, les viols et autres formes de violences sexuelles, et les arrestations et détentions arbitraires », a déclaré Samira Daoud.

Source : Amnesty International

 

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