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La junte joue-t-elle contre la montre ?

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Cela fait déjà plus de deux semaines depuis la chute d’Alpha Condé, délogé par le Groupement des forces spéciales (dont il est lui-même géniteur), dirigés par le colonel Mamady Doumbouya. Si quelques jours après leur prise du pouvoir, les nouvelles autorités ont engagé des consultations nationales qui se poursuivent toujours d’ailleurs au palais du peuple avec les acteurs socio-politico-économiques du pays, rien n’a encore été fait concrètement pour un démarrage effectif de la transition.

De fait, treize jours après le coup d’Etat opéré contre Alpha Condé,  on n’ignore encore les militaires et civils qui composent le CNRD (conseil national pour le rassemblement et le développement). Aucune feuille de route n’a été définie, la formation du gouvernement tarde à venir. Pour la durée de la transition, les nouvelles autorités n’en parlent quasiment pas, comme si elles n’étaient pas prêt à partir de sitôt.

Alors que la Cédeao réclame une durée de six mois, colonel Mamady Doumbouya et ses collègues répliquent que la Guinée est souveraine et que les problèmes guinéens se résolvent par les Guinéens. Même s’ils sont soutenus par quelques Guinéens, soit en quête de repositionnement et de postes, ou qui ne veulent pas voir un véritable opposant du président déchu à la tête du pays, des interrogations commencent à naitre.

Et dans ces conditions, l’euphorie qu’a suscité la chute d’Alpha Condé, lui-même ayant opéré dans le sang un coup d’Etat constitutionnel pour se maintenir au pouvoir, au-delà  de ses deux mandats constitutionnels, risque de se transformer en une inquiétude. Grosse inquiétude nourrit par le fait qu’après la libération de 79 détenus politiques civils, au lendemain du putsch, les détenus politiques militaires sont toujours coincés eux en cellule. Malgré les cris de leurs avocats, appelant à leur libération, la junte garde encore la sourde oreille à la grande impatience de leurs proches qui attendent chaque jour de les voir rentrer à la maison.

Comme le souligne l’écrivain Florent Couao Zotti, « la plupart des pays où les militaires ont interrompu les processus politiques n’ont jamais été exemplaires […]. Les militaires reprochent aux civils d’avoir “bordélisé” la République mais quand ils arrivent au pouvoir ils font la même chose, ils s’accrochent au pouvoir et c’est l’éternel recommencement ». Reste à savoir si dans le cas Guinéen, la junte surprendra-t-elle cette fois-ci, en menant une transition dans un délai raisonnable et accepté de tous, grâce notamment à l’organisation d’une élection présidentielle libre, transparente et inclusive ?

Par Alpha A. Diallo

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Transition: RSF recommande la création d’un fonds permanent de soutien financier à la presse

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Une délégation de Reporters Sans Frontières a été  reçue par le premier ministre ce mardi 26 octobre  à la Primature.  Conduite par Arnaud Froger; responsable du bureau Afrique de RSF, la délégation est venue transmettre dix (10) recommandations de l’organisation à Mohamed Béavogui en guise de contribution pour garantir la liberté de la presse durant la transition en Guinée.

Reporters sans frontières (RSF) recommande principalement à la Guinée : la création d’un fonds permanent de soutien financier, équitable pour les entreprises de presse afin qu’elles puissent poursuivre leur activité et faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19 ; la promulgation de la loi sur l’accès à l’information adoptée en 2010 et le libre accès pour les journalistes des médias publics et privés aux informations et événements d’intérêt national.

« Nos deux objectifs principaux étaient de manifester notre solidarité avec le peuple et les médias guinéens et le second objectif étant de créer le début d’une relation de confiance et notre analyse sur la situation et les différentes recommandations pour pouvoir améliorer la situation », note Arnaud Froger

Pour sa part, Mohamed Béavogui a rassuré la délégation de RSF de la disponibilité du CNRD et du gouvernement à garantir la liberté de la presse, des droits de l’homme et de la personne.

« Nous devons apprendre à respecter l’humain, les droits de l’homme et ceux de la presse. Nous sommes dans un apprentissage collectif. Ce que nous recherchons est un travail commun pour faire émerger notre pays. Un changement de mentalité est nécessaire par l’appui de la presse », dit-t-il.

Par Mariam Bâ

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Emballo, le bon voisin

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Trahi et combattu par son doyen Alpha Condé, alors que la plupart de leurs amis communs le considérait comme son «bon petit», le président Embalo n’avait d’autres choix que de soutenir la lutte contre le 3e mandat de l’ancien opposant historique.

En bon voisin. Soucieux de sauver la case Guinée des délinquants financiers et des pyromanes de la Loi fondamentale en vigueur, le président de la Guinée Bissau, Umaro Sissoco Embalo, avait hâte de vivre la journée du 20 octobre au cours de laquelle il s’est fait dérouler le tapis rouge pour embrasser le tombeur de l’homme du 3e mandat.

C’est un homme qui a la Guinée à cœur. Non seulement parce qu’avant son élection à la présidence de la Guinée Bissau il séjournait régulièrement dans la capitale Conakry où il compte des membres de sa famille et de nombreux frères, amis, cousins, et partenaires de longue date, mais aussi et surtout à cause de ses relations personnelles avec le président Alpha Condé qu’il a tenu à garder même lorsqu’il a constaté que ce dernier soutenait son adversaire électoral et avait pris l’option d’envoyer des sous et des gros bras pour lui barrer la route du palais présidentiel de Bissau.

Rassurant

La visite de travail à Conakry qu’il effectue ce 20 octobre, le président Umaro Sissoco Embalo et son homologue guinéen le colonel Mamady Doumbouya l'ont inscrit «dans une logique de rapprochement entre les deux Guinée».

A la descente son avion de commandement, M.Embaló a dit tout le bonheur retrouvé de fouler le sol guinéen débarrassé du prophète du 3e mandat et serrer dans ses bras le jeune président avant de passer en revue les troupes et congratuler les membres des institutions républicaines et des missions diplomatiques accréditées en Guinée.

Le président qui affirme «avoir été l’un des premiers chefs d’Etat à parler au téléphone le colonel Doumbouya, assurant lui avoir transmis le message du président Denis Sassou N’Guesso (du Congo), très préoccupé par le sort de son ami Alpha Condé, et proposant de l’accueillir à Brazzaville», est aussi l’un des chefs d’Etat de la Cédéao qui ont soutenu et réussi à légitimer le coup de force du 5 septembre 2021 contre le régime arrogant et violeur de constitution.

Sa venue d’Embalo à Conakry rassure la junte au pouvoir. Cependant, les diplomates des deux pays ont beaucoup à faire pour normaliser les relations bilatérales égratignées par de longues années de méfiance et de défiance entre deux pays frères. Idem pour l’autre voisin du Sénégal ayant souffert de l’arrogance démesurée et inopportune des tenants du régime précédent.

Par Le Populaire

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Gouvernement de transition : quatre nouveaux ministres nommés

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La formation du gouvernement de la transition continue au comte goutte. Dans la nuit de ce 25 octobre, le président de la transition, le colonel Mamady Doumbouya a nommé quatre nouveaux ministres.

Il s’agit de Julien Yombonou, précédemment spécialiste éducation chargé de la qualité à l’Unicef. Il est nommé ministre du Travail et de la Fonction publique.

Mamadou Pathé Diallo, jusque-là représentant et coordinateur résidant des Nations unis en Guinée-Bissau prend lui la tête du ministère de la Santé et l’hygiène publique.

Morisanda Kouyaté, précédemment directeur exécutif du comité inter africain sur la santé des femmes et des enfants, est nommé pour sa part ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Internationale, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger.

Enfin, Mme Charlotte Daffé, précédemment directrice du contrôle interne Total Guinée, prend la tête du  ministère de la Pêche et de l’Economie maritime.

Guinee28

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